Les églises en Chine

Source: CCTV.com | 06-15-2009 10:57

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Laurel Bennett Journaliste

“Gloire à Dieu au plus haut des cieux”.

Bonjour et bienvenue à Objectif Chine.

Avant de venir en Chine, je n’avais pas du tout pensé à la question des églises et j’ai été très surprise de découvrir qu’il y en avait autant et que le christianisme a en Chine une plus longue histoire que ce que l’on croit généralement.

Cette édition d’Objectif Chine sera donc consacrée aux églises en Chine.

Il est 8 heures du matin. La messe est sur le point d’être célébrée dans la plus grande des églises catholiques de Beijing.

Les fidèles vivent pour la plupart dans les environs immédiats de l’église. Certaines familles sont croyantes depuis trois voire quatre générations. Mais l’histoire du christianisme en Chine est bien plus ancienne que cela.

Jésus a ordonné à ses disciples de répandre la bonne nouvelle de l’amour de Dieu et de la résurrection du Christ dans le monde entier. Ils ont écouté et obéi. On prétend même que l’apôtre Thomas s’est d’abord rendu en Inde et de là, en 61 après J.-C. àChang’an, ancienne capitale de la Chine, l’actuelle Xi’an, pour parler de Jésus-Christ aux Chinois.

La légende rapporte qu’après avoir répandu le message du Christ dans l’Inde ancienne en 51 après J.-C., l’apôtre Thomas a poursuivi son voyage jusqu’en Chine. Dix ans plus tard, le vaste Empire du milieu entendait l’ évangile pour la première fois.

Beaucoup plus tard, sous la dynastie Tang, la capitale Chang’an, l’actuelle Xi’an, comptait parmi les villes les plus prospères, hospitalières et tolérantes du monde. La présence du christianisme en Chine à cette époque n’est pas une hypothèse mais une certitude. Sur une stèle de marbre noire retrouvée à Xi’an, les caractères chinois qui y sont gravés annoncent : “Monument célébrant la propagation de jingjiao, la religion lumineuse dans l’Empire du milieu”. Le texte raconte l’arrivée d’un missionnaire, Alopen, en 635 après Jésus-Christ.

Wang Meixiu Chercheuse Institut des religions du monde Académie chinoise des sciences sociales

Alopen fait partie de la communauté chrétienne nestorienne. Dans le chaos qui a marqué la fin de la dynastie des Tang en 907 après J.-C., le christianisme disparaît, principalement parce que les convertis ne représentaient qu’une minorité, souvent issus de la classe des marchands venant d’Asie centrale. Les Chinois hans n’ont pas été convertis.

A cette époque-là, la plupart des Chinois croyaient au bouddhisme, au taoisme ou au confucianisme. Pour mieux convaincre les gens, les premiers missionnaires ont bâti des églises dont l’architecture évoque celle des temples bouddhistes mais qui, pour la plupart ont aujourd’hui disparu.

Zhang Fuhe Professeur Département d’architecture Université de Qinghua

Quand les Nestoriens sont venus en Chine à l’époque des Tang, ils se servaient des habitations ordinaires comme églises. Parfois, ils mettaient une croix sur le toit mais beaucoup ne se différenciaient pas des maisons ordinaires.

Au nord-est de Beijing, se dressent au milieu de la route les ruines d’une ancienne muraille qui transporte le passant au 13e siècle, sous la dynastie Yuan, à l’époque où le territoire chinois s’étendait à une bonne partie de l’Asie. Comment pourrait-on oublier les entreprises conquérantes de Kubilai Khan ?

Wang Meixiu Chercheuse Institut des religions du monde Académie chinoise des sciences sociales

L’un des fils de Gengis Khan a épousé une chrétienne qui a mis au monde Kubilai Khan. Il semblerait qu’à sa mort, Kubilai Khan ait fait célébrer une messe dans un monastère, à Ganzhou.