Les recherches de Lisa Findley

Source: CCTV.com | 05-01-2009 10:41

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Murray Clive

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, un pilote américain, William Findley pilotait son avion de reconnaissance dans les environs de Tengchong, dans le Yunnan, lorsqu’il dut atterrir en catastrophe sur les collines de Tengchong à cause du mauvais temps. Heureusement pour lui, des villageois ont trouvé son avion et ont sorti son corps des décombres. 60 ans plus tard, sa fille, Lisa Findley, est revenue en Chine afin de retrouver les gens qui ont sauvé son père. Dans cette édition d’Objectif Chine, nous allons enquêter sur cette histoire et découvrir comment les recherches de Lisa Findley ont abouti.

Lisa Findley et son mari ont été invités à l’Ecole primaire centrale de Jietou. Grâce à sa générosité, les infrastructures de cette école ont été considérablement améliorées. Pour lui manifester sa gratitude, l’école lui a donné le titre de « Maître honorifique de l’école ».

La plupart d’entre vous savent que mon père a dû atterrir en urgence ici il y a 60 ans et que les habitants de Yongle et Jietou l’ont aidé en lui donnant de la nourriture et un abri, et en le conduisant à Tengchong en toute sécurité. Bien évidemment, ma famille leur sera à jamais reconnaissante pour cela. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que cette expérience a totalement changé la vie de mon père. Imaginez, en seulement deux jours, c’est toute sa compréhension du monde qui a changé. Et ce qui l’a changé lui, c’est la vive générosité et la compassion que lui ont témoigné les gens d’ici lorsqu’il était impuissant.

A 9h30 dans la matinée du 14 février 1945, le pilote américain William Findley pilotait son P38 lors d’une mission de reconnaissance depuis la ville de Myitkyina en Birmanie jusqu’à une base militaire du Yunnan, dans le sud de la Chine.

Au dessus de la jungle dense du nord de la Birmanie, il se heurta à un avion de chasse japonais en reconnaissance dans la zone. Lorsqu’il a vu l’avion américain, le pilote japonais a tenté de l’intercepter.

Le P38 de Findley avait été adapté pour un vol de reconnaissance et les principales armes avaient donc été retirées afin de pouvoir installer le matériel photographique. L’avion était ainsi très mal équipé pour une escarmouche. Après un bref combat, Findley profita de la vitesse supérieure de son P38 pour échapper à l’avion de chasse japonais. Il s’éleva à une altitude de 20000 pieds à laquelle il aurait été en sécurité si une épaisse couche de glace ne s’était pas formée sur l’une des ailes, une circonstance malencontreuse pour n’importe quel pilote.

Findley n’eut pas d’autre choix que d’abandonner sa mission et retourner à la base. Mais à ce moment-là, les appareils de son avion se mirent à mal fonctionner les uns après les autres, et notamment la radio. Et les nuages étaient si épais que Findley n’avait aucune idée de sa situation. Après avoir longuement essayé de retrouver la base, à midi il était totalement perdu dans les montagnes du Yunnan. N’ayant presque plus d’essence dans ses réservoirs, Findley dut trouver un endroit convenable pour atterrir d’urgence. Avec ses compétences et son courage, il parvint à poser l’appareil dans une rizière tout près d’une communauté rurale. Et ce fut le bon choix.

Survivre à cet atterrissage a été un véritable exploit. Mais William Findley n’a pas eu le luxe de pouvoir apprécier sa chance. Il n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait, ni même s’il était sur un territoire occupé par les Japonais où des soldats l’auraient vu atterrir, seraient sans doute à sa recherche et pourraient à tout moment surgir des buissons et le capturer. Jouer le rôle du prisonnier de guerre aux mains des japonais ne réjouissait pas vraiment William Findley. En effet, s’il était emprisonné, il serait probablement torturé, voire même tué.

Coincé dans son P38, Findley se rendit compte qu’un groupe d’hommes approchait. Ils avaient l’air de porter des armes et cela renforça ses pires craintes. Mais tandis qu’ils se rapprochaient, il remarqua que ces hommes n’étaient pas armés comme il l’avait imaginé mais transportaient simplement des outils agricoles. C’étaient d’aimables fermiers, et non d’impitoyables soldats japonais. Quand les fermiers réalisèrent que Findley était un pilote américain, ils le sortirent des décombres et l’emmenèrent dans leur village où on lui donna de la nourriture et de l’eau. Bien que Findley ne connaissait pas leur langue, il identifia ces visages comme étant chinois. Par conséquent, il avait dû traverser la frontière sino-birmane et atterrir dans la province du Yunnan. C’était donc un véritable coup de chance car, comme le savait très bien Findley, les Japonais avaient été repoussés du Yunnan vers la Birmanie quelques mois auparavant.

Après qu’il eut repris des forces, les fermiers l’accompagnèrent au centre administratif de leur village. C’est ici qu’il rencontra un officiel du nom de Yang Yingting. Grâce aux rudiments d’anglais de Yang Yingting, Findley apprit qu’il se trouvait dans le village de Kito, proche de la ville de Tengchong.

Le matin suivant, Yang Yingting organisa un petit convoi de chevaux et d’hommes pour conduire Findley jusqu’à Tengchong. Tout au long du chemin, les soldats chinois accueillirent avec beaucoup d’enthousiasme leur allié américain dans leurs maisons, lui offrant un abri et de la nourriture. Trois jours après son atterrissage forcé, Findley arriva dans une petite base militaire dans les environs de Tengchong. Le quartier général de Myitkyina en Birmanie fut contacté et un avion de transport de troupes fut préparé pour son vol retour.