Les trésors classiques de Chine ⅩⅨ 
------Le vase-tournesol émaillé rose et amarante cctv.com 07-06-22 04:30 

Partie A

Bienvenue à toutes et à tous à la découverte de notre série Les « Trésors classés ». Aujourd’hui, nous allons vous parler de la porcelaine Jun, l’une des cinq porcelaines célèbres de la dynastie des Song. Caractérisée par une transformation mystérieuse durant sa cuisson et par ses couleurs éclatantes, la porcelaine Jun est réputée dans le monde entier. Le rouge retient l’amarante, qui renferme ses éclats de bleu, qui lui-même se teinte de blanc… Une beauté changeante en somme. Nous allons vous présenter un vase-tournesol émaillé aux teintes amarante et rose, un trésor culturel d’Etat de premier ordre conservé au Musée du palais impérial de Beijing. Mais pour raconter l’histoire de cette porcelaine précieuse, commençons par l’empereur Zhaojie de la dynastie des Song.

Zhaojie était le 8e empereur des Song. Très intelligent, il aimait la calligraphie et la peinture depuis son enfance, et en particulier la porcelaine.

On raconte que lorsque Zhao Jie a vu pour la première fois de la porcelaine, il a été séduit par les riches et belles couleurs en s’exclamant : « Formidable ! Magnifique ! ». Et il a demandé d’où venait cette porcelaine. On lui a répondu qu’elle avait été fabriquée dans le bourg de Shenhou, à Yuzhou, dans le Henan.

À l’époque, il ne régnait pas encore. Mais il a pris la résolution de faire fabriquer les meilleures porcelaines Jun pour l’usage exclusif de la cour impériale. Aussitôt sur le trône, il a donné l’ordre de mettre en service des fours impériaux à Shenhou, dans le Henan, pour produire des vases à fleurs et des cuvettes uniquement destinées à la cour impériale.

Le vase-tournesol mesure 15,8 cm de hauteur. Son ouverture a un diamètre de 22,8 cm. Au socle, le diamètre est de 11,5 cm. C’est un véritable chef-d’oeuvre de la porcelaine Jun de la dynastie des Song du Nord, orné de six lignes en relief qui le divisent en six pétales égaux. On dirait vraiment un tournesol florissant, beau et distingué, et aux couleurs magnifiques. Vert à l’intérieur, rose et amarante à l’extérieur, il fait penser au lever du soleil sur un ciel bleu. « Aussi vert que l’eau printanière et aussi rouge que le lever du soleil » disait-on dans l’antiquité. Selon les normes de classification de la porcelaine Jun des Song, les objets de couleur « bleu ciel » et « blanc lunaire » sont de rang supérieur. Ceux de teinte rouge sont distingués, ceux qui sont pourpres sont hautement distingués. Et ce chef-d’oeuvre porte justement les meilleures teintes de porcelaine de l’époque. Il est vraiment unique. Mais comment a-t-on pu réussir à obtenir deux couleurs différentes à l’intérieur et à l’extérieur du vase ?

On raconte qu’au début du règne des Song du Nord, dans le bourg de Shenhou, au Henan, un vieil artisan nommé Li et son fils ont construit un four pour fabriquer des porcelaines bleues. Toute la famille s’y est efforcée sans relâche, mais la chance ne leur souriait pas.

Un jour, le fils a ouvert la porte du four pour sortir de nouvelles porcelaines juste cuites. Ce qu’il a vu l’a stupéfait : l’un des vases à fleurs portait une teinte amarante et transparente ressemblant à une fée légèrement fardée. Ce vase était véritablement très distingué. Le fils a appelé tout de suite son père. Face à autant de beauté, le père s’est réjoui. Et en l’honneur du dieu du four, il s’est agenouillé devant la tablette et a prié pour que le four donne éternellement des vases aussi beaux.

Le père priait trois fois par jour. Mais le four ne donnait plus de si beaux vases. Angoissé mais pas vraiment déçu, le père était déterminé à comprendre pourquoi. Il a minutieusement observé le four et il a fini par découvrir quelque chose. Qu’avait-il trouvé?

Dans un coin de son atelier, le vieil homme a trouvé des grains minuscules. C’était du métal en poudre. Il en a parlé à son fils. Et ce dernier lui a rappelé que quelques jours auparavant, pendant une pluie torrentielle, un réparateur de cuves en cuivre s’était réfugié chez eux. L’artisan avait réparé une cuve de cuivre sur place. C’était de là que venait la poudre de cuivre trouvée par le père.

Le vieux Li s’est mis à réfléchir : la magnifique et mystérieuse porcelaine avait-elle un rapport avec la poudre de cuivre ? Il en a ramassé un peu, l’a incorporée à la matière première, a placé le tout dans le four et a attendu avec impatience.

Un nouveau miracle a eu lieu, sous forme de vases magnifiques. Le vieux Li s’est alors rendu compte que cette beauté provenait de la poudre de cuivre. La première fois, le miracle s’est produit involontairement. La nouvelle du vase miraculeux des Li s’est très rapidement propagée. De nombreux artisans ont adopté le procédé découvert par Li, en utilisant le cuivre pour transformer les couleurs des porcelaines. Plusieurs générations d’artisans ont perfectionné la technique, pour finalement réussir à fabriquer des porcelaines Jun multicolores. Un grand pas depuis les monochromes des débuts.

Le temps a fait son oeuvre, et l’authenticité de la légende est difficile à vérifier. Néanmoins, les spécialistes en porcelaine ancienne ont confirmé suite à des analyses de composition que la couche rouge de la porcelaine Jun contient effectivement entre 0,1 et 0,3% d’oxyde de cuivre. C’était donc bien grâce à l’oxyde de cuivre qu’on a pu obtenir les porcelaines Jun polychromes.

La création des fours impériaux par l’empereur des Song a fait la célébrité des porcelaines Jun de Yuzhou. Mais ces porcelaines ne sont qu’en nombre très limité sur le grand marché. Ce qui explique la rareté des porcelaines Jun transmises jusqu’à nos jours. Durant les dynasties suivantes, la porcelaine Jun était particulièrement précieuse, valant plus cher que l’or. On disait que « la fortune du foyer vaut un simple morceau de porcelaine Jun ».

Le vase-tournesol amarante et rose porte deux inscriptions : « Palais de Jianfu » et « Destinée à la montagne de bambou et aux pierres artificielles ». Cela prouve qu’il s’agit d’un trésor ancien de la cour impériale des Qing. Les calligraphies ont été gravées par des artisans de la cour.

Dans les 1970, dans les vestiges des fours impériaux de Bakuadong de Yuzhou, les services du patrimoine culturel du Henan ont découvert une grande quantité de morceaux de porcelaine Jun. Des fragments de vases et de supports.

D’après les « Notes sur les fours du Sud », on fabriquait surtout des vases sous les Song du Nord. Parmi les porcelaines Jun du Musée du palais impérial de Beijing et celles de Taipei, on trouve des vases à fleurs et des supports. Mais sous les Song, quel était le rôle de ce vase-tournesol rose et amarante conservé par la cour impériale des Qing ? Nous vous le raconterons lors de notre prochaine émission.

Partie B

Bienvenus à toutes et à tous. Lors de notre précédente émission, nous vous avons présenté un trésor national, une porcelaine Jun des Song, le vase-tournesol rose et amarante. Les archives historiques rapportent que les porcelaines Jun sont essentiellement des vases à fleurs et des supports de vases. Ce genre de porcelaine est conservé au Musée du palais impérial de Beijing et dans celui de Taipei Mais où se trouvait le vase-tournesol et quelle était son utilisation sous la dynastie des Song ?

Pourquoi a-t-on fabriqué tant de vases sous les Song ? Pour le savoir, il faut connaître l’empereur Zhao Jie des Song du Nord. Il n’était pas très efficace pour gérer l’Etat, mais avait un talent spécifique pour l’art. Durant ses 25 ans de règne, il a fait construire à grande échelle des palais et des jardins impériaux et il a fait collectionner les plantes précieuses des différentes régions du pays.

En 1117, il a fait entasser une montagne au nord-est de la cité impériale en la nommant d’abord « Montagne de longévité », puis « Genyue » conformément à la montange de Fenghuang de Yuyao.

Le livre « Les ruines de Bianjing » parle ainsi de Genyue : « La montagne boisée se redresse et là le pic s’approfondit de jour en jour. Les kiosques et les pavillons sont innombrables, des fleurs précieuses et des pierres étranges sont réunies avec des animaux rares. » On dit que la peinture « Paysage de Xishan » conservée à Taipei représente vraisemblablement le paysage de Genyue de l’Est. L’empereur Qianlong des Qing a écrit une épigraphie semblable sur cette peinture.

Si les fours de l’époque ont produit autant de vases à fleurs, c’était pour répondre aux besoins des nombreux palais impériaux construits sous les Song du Nord. Les porcelaines Jun se trouvaient sur la montagne de Genyue étaient des chef-d’oeuvres : la cuisson répondait à des règles très strictes. La sélection l’était aussi : les porcelaines répondant aux critères exigés pouvaient rejoindre la cour impériale, mais les autres devaient être détruites et enterrées, pour ne pas être transmises dans la population.

Ainsi, le vase-tournesol conservé intact aujourd’hui, est un authentique trésor national. Mais faisait-il partie des chef-d’oeuvres de porcelaine Jun sélectionnés pour Genyue? L’empereur Zhao Jie a lancé la construction de fours à porcelaine pour une production répondant aux conceptions impériales. L’empereur recevait régulièrement ces porcelaines. Une anecdote raconte qu’un jour, un inspecteur nommé Yang a effectué sa sélection avec beaucoup de minutie et finalement choisi 36 vases à fleurs munis de supports et qu’il les a transportés en personne dans la capitale de Bianjing.

Lors d’une vérification des porcelaines, un mandarin contrôleur s’est très longuement intéressé aux vases, ce qui a rempli d’effroi l’inspecteur Yang. Ce dernier se demandant s’il y avait un problème avec la qualité des porcelaines.

L’inspecteur était un homme honnête et droit, et il ne comprenait vraiment pas où était le problème. Maos en fait, le mandarin contrôleur était corrompu, et il cherchait simplement des poux dans la tête de l’inspecteur, car il n’avait pas reçu de cadeau de sa part.

Mais face à l’absence du moindre défaut, le mandarin contrôleur a permis aux vases de poursuivre leur route vers la cour impériale. Une fois sur place, pourtant, ces vases ont mis l’empereur en colère. Mais pourquoi donc ?

En fait, les vases et leurs supports n’étaient pas assortis. Il y avait un petit vase reposant sur un énorme support et un grand vase sur un petit support. Le mandarin contrôleur l’avait fait exprès, pour se venger de l’inspecteur Yang.

Alors que l’empereur s’emportait de colère, un homme est sorti des rangs des ministres et l’a invité à convoquer l’inspecteur Yang. Ce dernier a réassorti chaque vase à chaque support, sous les yeux de l’empereur et des ministres. Le résultat était parfaitement harmonieux. Satisfait, l’empereur a récompensé l’inspecteur et l’a laisser partir.

Après son retour, l’inspecteur a perdu son appétit et son sommail, sans l’aide de l’homme de bon coeur, il aurait déjà perdu la vie, comment fera-t-il l’année prochaine ?

Un autre jour, un vieil homme s’est rendu dans l’atelier de poterie de l’inspecteur Yang. Ce dernier éprouvait beaucoup de sympathie pour ce pauvre homme et l’a invité à manger et à boire. Avant de repartir, l’homme a écrit quelques caractères à l’inspecteur : le « un » et le « deux » tracés à l’envers. Et il a insisté sur leur utilité pour lui.

L’inspecteur Yang a bien retenu ces caractères et y a longuement réfléchi. Finalement, il en a compris le sens profond : il faut assortir le même type de vase à son support et écrire le chiffre sur le dos de l’ustensile. Ainsi, on ne risque plus de mélanger les vases et leurs supports.

Ces dernières années, après avoir très consciencieusement étudié des fragments morceaux de porcelaine Jun issus de fouilles, les chercheurs se sont rendus compte de l’usage des chiffres sur les porcelaines.

Ces chiffres sont étroitement liés aux tailles des objets. Plus les chiffres sont petits, plus grands sont les ustensiles. En outre, les chiffres associent les vases aux supports.

Ce vase-tournesol rose et amarante porte le chiffre « 7 », ce qui est une trace de conservation par la cour impériale, et qui en fait un authentique chef-d’oeuvre de la porcelaine Jun des Song.

Le vase-tournesol émaillé de rose et d’amarante affiche une beauté naturelle et harmonieuse, tant sur le plan artistique que sur celui des couleurs. Les porcelaines Jun existant actuellement sont essentiellement conservées au Musée du palais impérial de Beijing et de Taipei. Leurs teintes mystérieuses apportent du charme à ces deux musées. C’est la fin de notre récit sur le vase-tournesol. Merci de votre attention et à la fois prochaine. Au revoir.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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