Zhoushan - Le mont Putuo 
cctv.com 07-04-01 04:30 

C’est dans la matinée du 30 octobre 1997 que ce documentaire a été filmé, à l’occasion d’une cérémonie organisée par l’Association bouddhique du mont Putuo.

Quand j’ai annoncé l’ouverture de la cérémonie marquant l’inauguration de l’effigie d’Avalokiteshvara des mers du Sud, je n’ai pas eu le temps de terminer ma phrase, et là…

Le soleil a soudain transpercé l’épaisse couche de nuages.

Un éblouissant faisceau de lumière a jailli des nuages et s’est dirigé vers la place ou se tenait la cérémonie. (Il devait être grand comme ça.)

L’assistance alors présente en a été littéralement subjuguée. Certains affirmaient même avoir aperçu de mystérieuses fleurs blanches descendre du ciel. Il faut dire que pour beaucoup de bouddhistes, le mont Putuo est un lieu sacré de vénération d’Avalokiteshvara – ou Guanyin en chinois –, la plus importante des boddhisattvas désignée par le Bouddha.(On trouve notamment sur les flancs de cette montagne des plantes luxuriantes qui portent de petites fleurs blanches en été et en automne.) A notre arrivée au mont Putuo, le maître Jieren nous a raconté le mystérieux phénomène qui est survenu lors de la cérémonie il y 9 ans.

Maître Jieren, moine au mont Putuo

On parle de l’année 1997… Le 29ème jour du 9ème mois, soit le 30 octobre, était prévue une cérémonie. Mais il avait plu plusieurs jours de suite avant les 24 et 25, avec des bourrasques assez violentes. Si le mauvais temps persistait, il pouvait perturber la venue des fidèles, ainsi que notre cérémonie.

Et alors que tout le monde s’inquiétait de ces perturbations de la météo, l’épais rideau de nuages a disparu en un instant.

Maître Jieren, moine au mont Putuo

Je me suis levé à 3 heures et demi du matin. Le ciel, très clair, était rempli d’étoiles. Je me suis alors dit que le ciel était avec nous, et que la cérémonie devrait se passer à merveille.

Mais personne n’y croyait vraiment : juste avant l’ouverture de la cérémonie, de gros nuages sont revenus au-dessus de nos têtes. La tempête paraissait inéluctable.

Maître Jieren

C’était vraiment une épreuve difficile pour nous. Comment assurer le bon déroulement de la cérémonie sous un temps pareil… Dans un premier temps, on avait préparé quelque 4.000 imperméables. Mais, imperméable ou pas, il faisait encore vraiment très gris. La cérémonie avait été prévue à 8 heures du matin… Mais, je ne sais plus trop pourquoi, on avait du la reporter d’un quart d’heure.

A 8h15, la cérémonie commence…

Maître Jieren

C’est au moment précis où j’ai annoncé l’ouverture de la cérémonie d’inauguration de l’effigie d’Avalokiteshvara que ça s’est produit, de façon très simple. (Une image de Guanyin, d’Avalokiteshvara, est apparue dans le ciel, et s’est mise à nous regarder.)

Alors, quel crédit apporter à ce phénomène étrange ? Aurait-il eu le même impact s’il ne s’était pas produit ce jour-là, à ce moment précis et cet endroit particulier au pied du mont Putuo ? Ou même si l’heure de début de la cérémonie n’avait pas été reportée ?

Maître Jingmin, Président, Institut de recherches sur la culture bouddhique du mont Putuo

La coïncidence était vraiment troublante. Ca s’est produit exactement au bon moment, comme si une main invisible contrôlait tout ça. Au reste, tout le monde était comblé. On a naturellement lié ce phénomène au culte de Guanyin, d’Avalokiteshvara, tant pour les fidèles que pour les bouddhistes non-croyants. D’ailleurs, dans ces circonstances, même les non-croyants devaient avoir le même avis sur cette coïncidence vraiment troublante entre ce phénomène et le culte rendu à Guanyin.

C’est sans doute grâce à des légendes comme celle-ci que le mont Putuo est devenu ce lieu légendaire et mystérieux. Il existe du reste une petite fleure blanche sur les flancs de ses collines, une fleur qui emprunte au mont Putuo une signification tout à fait spéciale.

Maître Zhizong, Vice-président, Association bouddhique du mont Putuo

PoTaLaKa décline un triple sens. Le premier a une dimension insulaire, il fait référence à une montagne perchée au milieu d’une île. Le deuxième sens désigne une montagne emplie de « lumière », qui rappelle plutôt la pureté et la beauté de la nature que de simples rayons de soleil. La troisième acception peut se comprendre comme une place pleine de petites fleurs. Par le passé, les fleurs blanches prospéraient en grande abondance sur cette île. Ce qui correspond d’ailleurs aux descriptions présentes dans les textes anciens. C’est pourquoi on pense qu’il s’agit bien du mont PoTaLaKa.

Le mont Putuo est situé en Mer orientale de Chine. Le site se compose de l’île du mont PoTaLaKa et d’une dizaine d’autres îles. Son nom complet est PoTaLaKa, c’est un nom d’origine sanscrite qu’on prononce putuolajia en chinois. La traduction en chinois signifie d’ailleurs la « ravissante fleur blanche ». Selon le « Tripitaka », la place sacrée de vénération de ce boddhisattva Avalokiteshvara - ou Guanyin en chinois – se situe en Inde, où le culte d’Avalokiteshvara est apparu dès le premier siècle avant J.C. Mais pourquoi le mont Putuo, au fin fond de la mer de Chine, est considéré comme un site privilégié de vénération de Guanyin ?

Wang Liansheng, Chercheur, Institut de recherches sur la culture bouddhique du mont Putuo

Il doit y avoir un lien avec la disparition du bouddhisme et des Etats dans l’Inde antique. Je vous explique : (Au 12ème siècle, les Xingnus, qui venait du nord de la Chine, ont lancé des invasions vers l’Inde avant de renverser les régimes indiens de l’époques. En d’autres termes, ces) Les envahisseurs païens ont obligé les bouddhistes indiens à abandonner leur culte pour croire en un autre. Sans quoi ils seraient liquidés. Dans ce contexte, les temples ont été détruits. Le bouddhisme indien a subi un coup fatal, à l’image des royaumes de l’époque.

Cependant, dans l’immense zone maritime qui borde la Chine, on peut trouver d’innombrables îlots comme Putuo. Mais pourquoi cette petite île a-t-elle été choisies comme site sacré de vénération d’Avalokiteshvara ?

Eh bien, de lointaines légendes racontent que le site sacré originel d’Avalokiteshvara était d’accès particulièrement difficile. Ses croyants avaient tous beaucoup de mal à parvenir au sommet pour l’écouter. La boddhisattva décida donc de choisir un autre endroit pour enseigner ses doctrines.

Et quand elle atteint le mont Putuo, elle aurait été instantanément séduite par la beauté naturelle des sites. Elle trouva l’endroit idéal, et décida par conséquent de s’y installer.

Beaucoup de pèlerins affirment que, lorsqu’ils se sont rendus pour la première fois au mont Putuo, c’est sur cette pierre, appelée Guanyintiao, la « pierre de Guanyin », qu’ils ont posé leur pied.

Les anales historiques notent que, sous la dynastie des Tang, un moine japonais appelé Hui’e était arrivé au mont Wutai, en Chine, pour rapporter chez lui l’effigie d’Avalokiteshvara. Mais à son retour, une tempête l’aurait empêché de poursuivre son chemin au moment où il s’apprêtait à passer au large du mont Putuo.

Maître Jingmin

C’est un peu comme si, ce soir-là, il avait fait un rêve bizarre. Un rêve dans lequel Avalokiteshvara se serait présentée à lui pour lui faire part de sa volonté de rester sur l’île. Elle lui aurait d’ailleurs promis des vents favorables s’il laissait son effigie sur l’île. Naturellement, il a fait ce qu’elle a indiqué. Le plus étrange, c’est que le lendemain, les marées ont emporté son bateau jusqu’à la grotte Chaoyin, où le moine a débarqué avec cette effigie.

Selon la légende, c’est ici que le maitre Hui’e a débarqué. L’inscription Grotte de Chaoyin a été donnée par l’empereur Kangxi, sous les Qing. Le nom de Chaoyin est tout à fait significatif de cette grotte, où l’écume blanche des vagues s’agite toute l’année.

Beaucoup se plaisent à rappeler cette légende du moine Hui’e qui, après être arrivé ici, aurait eu une révélation d’Avalokiteshvara, pour expliquer pourquoi ce site est sacré. Mais les versions se concurrencent… Alors, qui a choisit le mont Putuo comme site sacré ? Sont-ce des croyants qui l’ont choisi pour honorer Avalokiteshvara, ou est-ce Avalokiteshvara qui l’a retenu pour transmettre ses enseignements aux fidèles ?...

A ce stade, l’histoire de Hong Shenglai trouve sa pertinence. Ce vieux pêcheur est venu nous raconter un naufrage qu’il a subit durant sa longue vie consacrée à la pêche en mer ; détail intéressant, ce sont de petites fleurs banches qui l’ont sauvé. Alors ce jour-là, il est allé rendre hommage au Bouddha pour le prier.

Tant pour les pêcheurs que pour les armateurs de grands navires, le naufrage est le plus redoutable des périls. Le mont Putuo est un point de passage incontournable sur l’ancienne route maritime de la soie. Et lorsque survenait un risque, qu’il s’agisse d’intempéries ou de pirates, les navigateurs fuyaient aussi vite que possible en suivant le cap du mont Putuo.

Une phrase qu’ils ressassent sans cesse résume assez bien le culte qu’ils vouent à Avalokiteshvara : elle protège les fidèles des trop brutales bourrasques du vent comme des trop violentes vagues de la mer.

Depuis près d’un millénaire, les fidèles y brûlent de l’encens et des cierges.

Hong Shenglai Pêcheur

Nous faisons comme ça : Quand un bateau part en mer pour la pêche, les membres de l’équipage, mais aussi les membres de leur famille, prient devant Avalokiteshvara pour la sécurité en mer, un retour sans embûche et beaucoup de poissons.

Mais cette fois-ci, un accident s’est produit…

Hong Shenglai Pêcheur

Selon les prévisions de la météo, on devait s’attendre à un vent de force 8 ou 9. Mais en fait, il atteint une force de niveau 10 ou 11. Au crépuscule, le ciel était tout rouge. Nous savions bien que le vent allait être terrible. Les autres bateaux se sont pliés. Et nous, nous ne pouvions plus avoir accès aux stocks de nourriture.

A ce moment-là, Hong Sheng n’avait plus qu’une chose à faire : s’en remettre à la volonté des cieux… Et puis il a soudain aperçu au loin quelque chose qui étincelait. Comme des fleurs… Alors, est-ce que ce sont ces petites fleurs blanches qui l’ont guidé ? Mystère…

Hong Shenghai, lui, ne se pose pas cette question : il est convaincu que ce sont les fleurs blanches qui ont diffusé cette lumière pour le guider. D’autres villageois nous ont d’ailleurs raconté qu’ils avaient vécu des phénomènes similaires. Certains pêcheurs affirment avoir toujours vu les pentes du mont Putuo recouvertes d’un drapé de couleur dorée lorsqu’ils partaient en mer ou à leur retour au port. Avec cet éclairage, considéré par les pêcheurs comme une sorte de phare de guidage, nombre d’entre eux ont été sauvés de naufrages. Mais à chaque fois que l’un d’entre eux a voulu grimper sur le mont pour voir de plus près cette source de lumière, il n’a jamais rien pu trouver.

Nous avons voulu interroger Lu Xiaogen. Du haut de ses 70 ans, il affirme avoir fouillé à peu près tous les recoins du mont à la recherche des petites fleurs blanches.

Lu Xiaogen, expert en botanique

(On traduit souvent le thème PoTaLaKa, qui vient du sanscrit, par les caractères chinois qui veulent dire « petite fleur blanche » ? ) Mais c’est quoi, ces petites fleurs blanches ?

Lu : Ce sont des plantes de petite taille, qui mesurent moins d’un mètre, et qui donnent des fleurs blanches.

Y a-t-il des fleurs de ce genre sur le mont Putuo ?

Oui, on peut en trouver un peu partout.

Alors que nous arpentions les collines à la recherche de ces petites fleurs blanches, on est tombé par hasard sur un véritable paradis terrestre.

Ces deux blocs de pierre géants, qui semblaient flotter en l’air, risquaient en fait à tout moment de s’abattre sur nos têtes.

Les habitants de l’île disent que c’est sur ces pierres que Guanyin la boddhisattva livra ses enseignements et sa doctrine.

Wang Liansheng

Ce rocher est généralement connu sous le nom de « Rubis de diamant ». Au-dessus, dans le sutra « Huayuan », est inscrit Guanyin, ou le boddhisattva Avalokisteshvara. Cet emplacement marque l’entrée du domaine de la loi à travers laquelle les fidèles font l’objet de la grande compassion du Bouddha. Le soutra a été dicté par le fondateur du bouddhisme Sakyamuni. Il s’agit par conséquent d’un mont sacré désigné par le Bouddha lui-même.

On ne sait toujours pas si Guanyin restait assise là pour y enseigner les doctrines bouddhiques. C’est tout de même frappant, sinon intriguant, de voir que ces deux pierres sont restées ainsi en équilibre pendant des milliers et des milliers d’année. Elles semblent toujours sur le point de tomber, sans pourtant que ce soit le cas.

Maître Jingmin

En fait, les charmes d’un site célèbre dépendent directement de la culture et des coutumes de la région où il se trouve. Par exemple, un mont célèbre pour les bouddhistes doit avoir de profonds liens avec la culture bouddhique locale, tandis qu’une montage sacrée du Taoïsme doit posséder les caractères de la beauté telle que l’envisage le taoïsme. Tous les croyants ne peuvent pas comprendre l’exigeante doctrine du bouddhisme dans toute sa profondeur, ni se ménager suffisamment de temps pour la méditation... Ils préfèrent plutôt les choses plus intuitives, plus en superficie, des choses qui, pour eux, sont plus vivantes quand ils se livrent à une pratique croyante.

Au pied de la montagne où se dresse la pierre Pantuo se trouve un lac aux eaux limpides. Chaque été, sa surface est recouverte de fleurs de lotus. Dans le bouddhisme, le lotus incarne ce qui est pur et saint, et symbolise le caractère bouddhique. Alors cette fleur blanche que l’on cherche, n’est-ce pas tout simplement du lotus ?

Jingmin

Quand on pense à une fleur qui pourrait incarner le bouddhisme, on pense naturellement au lotus. Mais il existe d’autres fleurs mystérieuses et fondamentales dans la doctrine bouddhique.

Dans les « Bribes » de Huang Tingjian, un ouvrage rédigé sous la dynastie des Song, on trouve des paragraphes entiers consacrés à cette petite fleur blanche : « Il existe une espèce de fleurs blanche au pays du sud, qui s’appelle Shanfan. Tout porte à croire que c’est bien elle que les rescapés ont vue au large du mont Putuo. »

Lu Xiaogen expert en botanique

Selon les notes du livre, elle a des feuilles vertes et claires. Elle se termine par de petites fleurs blanches qui éclosent en été et dégagent un parfum très fort. Elle porte des fruits en automne, des fruits dont la couleur passe progressivement du vert au rouge, en passant par le jaune. Ces fruits servent notamment à teindre les tissus.

Si l’existence de ces petites fleurs blanches se confirme donc, si tout porte à croire qu’il ne s’agit pas de fleurs de lotus, quelles sont donc ces plantes ?

Cette question, Lu Xiaogen se l’est souvent posée et, au terme de longues recherches sur place, il a finalement découvert sur le mont Putuo un arbre qui peut donner la lumière.

Lu Xiaogen

En fait, plusieurs légendes concernant un arbre lumineux, un « arbre de lumière bouddhique », ont été transmises parmi les pêcheurs depuis bien longtemps. Ils croient tous qu’il existe de pareils arbres sur le mont Putuo... Chose que nous trouvons vraiment étrange. Alors nous avons fait des recherches sur les plantes d’ici. Nous avons passé au peigne fin presque tous les recoins du mont. Et c’est le seul arbre scintillant qu’on ait pu trouver.

Quand on touche l’écorce de cet arbre, on peut presque sentir qu’une énigme millénaire repose sous nos mains. Sauf qu’on ne sait même pas de quel type d’arbre il s’agit. Et encore moins pourquoi il est si lumineux…

Lu Xiaogen

Au printemps et en été, le dos des feuilles, et même les bourgeons et les jeunes branches, sont recouverts d’une pellicule qui évoque e quelque chose comme le lainer, de couleur dorée.

Journaliste : quelque chose comme le lainer au dos des feuilles ?

Lu : Il n’y a en pas pour l’instant. Avec le vent, les feuilles s’agitent et la couleur dorée se met à scintiller, ce qui peut aisément évoquer la lumière du Bouddha. C’est pour cela que les pêcheurs l’ont nommé l’arbre de lumière bouddhique. Mais quand on se rapproche des branches, on ne peut plus deviner cette couleur dorée. C’est pourquoi ils disent aussi qu’ils n’arrivent pas à trouver la source de cette lumière étincelante.

Journaliste : C’est-à-dire qu’il faut le voir depuis un angle spécial par rapport au soleil…

Lu : oui, et il faut aussi du vent. Mais de quel genre de plante il s’agit ? Eh bien selon nos études, c’est bien un spécimen de neolitsea sericea.

Selon les documents recueillis, la petite fleur blanche éclot à partir d’une plante haute de plusieurs pieds, qui fleurit en dégageant un fort parfum. Rien à voir, donc, avec cet arbre de l’espèce Neolitsea sericea… Retour à la case départ…

Certains pêcheurs affirment que, alors qu’ils étaient réfugiés en pleine détresse suite à un naufrage, une grotte leur a lancé un faisceau éblouissant et la surface sombre de la mer, qui a soudain été illuminée.

Nous nous sommes donc rendus à la grotte de Chaoyin. Elle se trouve à l’extrémité orientale de l’île. Elle a été construite sous le règne de l’empereur Chongzhen, sous la dynastie des Ming. L’ouverture de la grotte donne sur un somptueux panorama de la mer orientale de Chine. Derrière nous : une grotte sans fond.

L’attitude des fidèles nous intrigue : il ne cessent de se présenter à elle en marquant leur adresse d’un geste particulier.

OM MANI PADME HUM.

Ensuite, ils restent là en silence, comme s’ils attendaient que la lumière de la petite fleur surgisse au fond de la grotte.

Jingmin

Là, c’est la meilleure position. Regardez l’intérieur de la grotte, par-là, la tête de la colonne en pierre. Et vous allez voir une plaque blanche au fond.

Notre caméra s’installe. Mais nous ne remarquerons aucune trace de cette « fleure » blanche à l’intérieur de la grotte.

Les petites fleurs blanches sont probablement le fruit d’une illusion qui vient de l’ondulation des vagues sous le soleil mélangée à l’image des hautes calanques escarpées qui barrent le passage des hauts comme une grosse pierre devant une porte. Un poème émerge : « La grotte présente de loin son aspect compatissant. A l’oeil nu, on la croit la séparée des monts infranchissables. Un plan d’eau aussi vaste que la mer s’en dégage. N’est-ce pas justement l’esprit large du bouddhisattva ? »

C’est à ce moment-là que nous avons appris quels sont, dans le calendrier lunaire, les 3 plus importants jours de célébration d’Avalokiteshvara : les 19ème jour des 2ème, 6ème et 9ème mois. Trois journées durant lesquelles des milliers de fidèles viennent en pèlerinage au mont Putuo, deux ou trois jours avant les cérémonies, avec de petites fleurs sur eux.

Lu Xiaogen

La population locale aime beaucoup cette fleur blanche.

On en trouve un peu partout sur le mont.

Elle est naturelle, toute sauvage.

Les femmes les cueillent et les présentent devant les statues de Guanyin.

Même les temples sont très intéressés par la fleur.

Et par un heureux hasard, notre 3ème jour de tournage tombe le 19ème du 9 mois du calendrier lunaire. Alors ce jour-là nous sommes allé voir le plus grand temple de la région, le temple Puji, pour nous faire une idée plus précise de la petite fleur blanche. Dans les légendes, le seul bâtiment principal du temple fait aussi objet de mystères. Quand une centaine de visiteurs entrent dans la salle, on a l’impression qu’il n’y plus de place. Mais quand un millier de visiteurs y sont présents, on ne s’y sent par pour autant serré. En fait, l’an 7 sous le règne de Jiading, sous la dynastie des Song du Sud, la cour impériale a fait un don pour la restauration de la salle principale en désignant le mont Putuo comme un site sacré de Guanyin. C’est ainsi que la paisible petite île du mont Putuo est devenue un site sacré.

Aujourd’hui, on ne verra pas de fleurs dans les mains des fidèles, puisqu’elles ne fleurissent qu’aux mois de mai et juin. La saison est finie… Lu Xiaogen affirme que cette plante est une sorte de gardénia. Elle fleuri au printemps et en été, dégage un fort parfum. Et elle recouvre les pentes du mont Putuo comme un manteau chatoyant.

Reste que la polémique sur la petite fleur blanche n’est pas éteinte... Et pour cause, on ne sait même ce que c’est. Les conjectures vont bon train. On parle de fleurs de pommier, ou de plantes similaires, etc.

Quoi qu’il en soit, les fidèles poursuivent aujourd’hui comme hier leur pèlerinage au mont Putuo pour rendre hommage à Avalokiteshvara. Aujourd’hui peut-être même plus qu’hier, puisque le mystérieux phénomène survenu lors de la cérémonie de 1997 a accru d’autant plus sa légende. Les uns disent qu’ils ont vu tomber des petites fleurs, les autres affirment avoir aperçu des nuages colorés, d’autres encore auraient reconnu dans le ciel l’effigie d’une Avalokiteshvara à mille bras. Mais au final, l’essentiel ne réside pas dans les images qu’ils ont vues. Pour eux, le plus important, c’est le mont Putuo, le seul, l’unique site de vénération de la boddhisattva Guanyin.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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