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En 1992, lors de la 5ème session du tournoi des célébrités de Jeu de go sino-japonais, et après quatre échecs successifs, le joueur chinois Ma Xiaochun a vaincu le principal concurrent japonais, Koichi Kobayashi.
Après avoir gagné, Ma Xiaochun a tout d’abord écrit à une maison d’édition pour attribuer le mérite de sa victoire à l’un de ses articles intitulé « Avez-vous le courage de gagner malgré le danger ? ». Cet article avait été publié dans le magazine « Duzhe ». Ce qui signifie « lecteurs » en français.
Dans la province du Xinjiang, maintenant, c’est un policier en service dans une prison qui a écrit au même éditeur, racontant qu’il venait de rencontrer un condamné à mort en détresse, à qui il avait donné un magazine. Le policier rapporte qu’après sa lecture, le prisonnier a retrouvé la sérénité et lui a dit : « Si tu m’avais donné plus tôt ce magazine, je n’en serais pas là aujourd’hui». Ce magazine, là encore, était « Duzhe ».
Ce regard profond est bien connu. Et de nombreuses personnes en connaissent même le nom de l’auteur, monsieur Xie Hailong. Mais on sait probablement moins que c’est encore le magazine « Duzhe » qui a le premier publié cette photo pour promouvoir l’intérêt public.
« Duzhe », qui s’appelait au départ le « Reader’s Digest », a été créé au début de la réforme et de l’ouverture de la Chine. Ce magazine s’applique constamment à tirer profit des mérites chinois et étrangers, à réunir leurs quintessences, à inspirer l’esprit et à élargir l’horizon, selon sa propre expression. Et c’est pourquoi pour beaucoup, « Duzhe » est le « livre du coeur des Chinois ». Actuellement, sa diffusion est au 4ème rang des magazines généralistes.
On penserait facilement que ce type de publication aurait Beijing, Shanghai, Guangdong ou Shenzhen pour berceau. Et pas un seconde qu’il est né dans une région isolée de l’ouest de la Chine. Et pourtant, « Duzhe » a été créé à Lanzhou, une ville antique du Plateau de loess. Mais revenons au début. 音乐
Il y a une vingtaine d’années, Cao Ke, le rédacteur en chef des Editions du Peuple du Gansu voulait créer un magazine. Evaluant différents facteurs, comme le contenu rédactionnel et le coût, il s’est décidé pour la formule du digest. C’est une sélection d’articles publiés dans d’autres revues, journaux et magazines. Pour constituer son équipe, Cao Ke a cherché des étudiants en science naturelle.
Hu Yaquan, un des fondateurs de «Duzhe»
« Le rédacteur en chef Cao m’a appelé et simplement demandé : « Peux-tu créer un nouveau magazine ? » J’ai répondu « oui, mais de quel genre? ». Il m’a laissé y réfléchir tout seul. J’ai demandé des collaborateurs, il m’a aussi laissé les trouver moi-même».
Un peu plus tard, tout frais sorti du département de géologie et de géographie, Hu Yaquan trouve donc une autre étudiant en science naturelle, Zheng Yuanxu, pour commencer à plancher sur ce nouveau magazine. Admiratifs du magazine américain, « Reader’s Digest », ils décident donc tous les deux de créer un équivalent chinois.
En mars 1981, le numéro 1 de ce « Reader’s Digest » chinois est officiellement publié à Lanzhou. Le principe des 16 caractères chinois y est clairement écrit. Mais maintenant, comment atteindre les lecteurs ? Selon les règles en vigueur à l’époque, Hu Yaquan a dû convaincre les librairies et les bureaux de poste.
Hu Yaquan, un des fondateurs de «Duzhe»
« Nous sommes allés voir le responsable d’une librairie qui nous a dit : « Vous pensez vraiment que le Gansu peut publier son propre magazine ? » Je lui ai répondu : « Mais vous êtes vous-mêmes du Gansu !? ». Comme les bureaux de poste diffusaient les périodiques, nous sommes ensuite allés au Bureau postal de Lanzhou avec notre 3ème numéro. Mais le directeur M. Wang a eu la même réaction : pour lui, un magazine n’aurait pas été rentable dans le Gansu. Et il ne voulait donc pas accepter notre magazine ».
Ren Jianzhong, Responsable Distribution de Presse de la province du Gansu
« A l’époque, je travaillais au service de distribution du Bureau postal de Lanzhou. La poste était un peu comme la fille de l’empereur… sans souci de mariage. Nous posions de nombreuses conditions à chaque périodique qui demandait à être distribué. Le seuil imposé était haut, pour n’importe quelle publication ».
Hu Yaquan, un des fondateurs de «Duzhe»
« Nous l’avons prié de distribuer nos magazines, et il a posé une condition : « Si le tirage est inférieur à 10.000 exemplaires, vous ne pourrez pas bénéficier d’un tarif favorable». Mais cette même année, la diffusion de notre dernier numéro, le 5ème, a atteint les 90.000 exemplaires ».
Malgré les difficultés de départ, la diffusion de « Duzhe » a assez vite dépassé 100.000 exemplaires. Et au bout de quatre ans, il se classait dans les 10 premiers périodiques chinois. On parle même de « miracle » dans l’histoire de la presse périodique chinoise. Peng Changcheng, le directeur d’éditions, inquiet de la faiblesse de la diffusion du magazine à ses débuts, se souvient aujourd’hui des paris qui allaient bon train sur les volumes de distribution de « Duzhe ».
Peng Changcheng, Directeur d’Editions de «Duzhe»
« Avec Zheng Yuanxu, l’un des fondateurs du magazine, nous avons demandé à nos collègues de deviner la diffusion et d’écrire leur pronostic sur un papier. Tous les papiers ont été placés dans un pot à pinceaux. L’année suivante, nous avons su qui était le plus proche ».
En fait, la réalité des chiffres a toujours été supérieure aux pronostics de tout le monde. De même, l’impact de la campagne d’intérêt public « Le Projet de l’Espoir » lancée dans les années 90 par le magazine, a dépassé toutes les attentes.
Wang Wenbin, Directeur Centre de PartenariatFondation pour la Jeunesse de Chine
« Après le lancement de cette campagne, notre fondation a reçu une avalanche de mandats. Chaque jour, des contributions et des appels téléphoniques de consultation arrivaient de tous les coins de Chine, et même d’autres pays du monde. En mars 1995, nous avions déjà reçu plus de 10.000 dons financiers grâce à la campagne du magazine « Duzhe ». Parfois, des dizaines voire une centaine de personnes se réunissaient pour faire un don, comme des collectivités, des écoles. Au total, on a reçu plus d’1,525 million de yuans de dons».
Et les bonnes surprises continuent pour l’équipe de « Duzhe ». En mars 2001, pour les 20 ans du magazine, elle a reçu en cadeau une voiture « Buick » de 420.000 yuans. C’était une récompense de la part des bureaux de poste distribuant « Duzhe » à Jinzhou, Wuhan, Shenzhen, et ailleurs. C’était ainsi la première fois en Chine qu’un distributeur, en l’occurrence la poste, récompensait si solennellement un éditeur.
Zhang Yuwen, Responsable Distribution de Presse de la province du Liaoning
« Les avantages sociaux et la rentabilité économique de notre entreprise postale se sont fortement améliorés d’année en année grâce à la distribution de « Duzhe ». Donc, nos 24 bureaux de Distribution de Presse du Liaoning ont agi positivement pour récompenser la fidélité des lecteurs ».
Fin 2005, la diffusion de « Duzhe » a dépassé la barre des 9 millions d’exemplaires, en tête des 9.000 périodiques chinois.
Zhang Bohai, Directeur Association des Périodiques de Chine
« Le très fort tirage de « Duzhe » s’explique d’un côté par la qualité excellente du magazine, et de l’autre par la multiplication des canaux de distribution. Il se démarque du système de distribution de monopole traditionnelle. « Duzhe » fait aussi preuve d’une grande souplesse, depuis l’impression jusqu’à la diffusion ».
« Comment se portent les ventes de Duzhe? »« Très bien ! Deux numéros par mois, chacun de 200 exemplaires environ. »
« C’est le numéro 1. Pour les autres magazines, on atteint 20 à 80 exemplaires. Mais Duzhe est vraiment le plus important. »
« Duzhe » est ainsi omniprésent dans tous les kiosques à journaux de Lanzhou. Aujourd’hui, avec ses 10 millions d’exemplaires, ses avantages sociaux et sa rentabilité économique, « Duzhe » focalise l’attention du public sur l’économie et la culture. Mais comment un magazine littéraire basé sur la formule du digest et né au bord du Fleuve jaune dans le nord-ouest de la Chine, a-t-il gagné autant d’influence, et autant de fidèles lecteurs?
La Maison d’éditions de « Duzhe » occupe ce bâtiment au bord du Fleuve jaune. Pendant des années, des personnes étrangères sont souvent venues dans ce couloir… mais nul ne sait pourquoi.
Fu Kangnian, Directeur Service généraliste des Editions de «Duzhe»
« Un jour, le responsable d’une institution financière a été invité à venir nous rendre visite. Une fois sur place, il n’a parlé à personne, se contentant de jeter des coups d’oeil par les portes de chaque bureau. Une autre fois, une famille en route pour Lhassa s’est arrêtée ici. La mère a demandé à son enfant ce qu’il voulait. Et il a répondu : « Une seule chose, voir la Maison d’éditions de Duzhe. »
En fait, chaque visiteur se pose sans doute bien des questions: Qui réalise ce magazine accompagnant et émouvant les lecteurs depuis autant années ? Comment trouve-t-on d’aussi bons articles?
En août 2005, le docteur Meihong de la Faculté de l’Information de l’Université du Sichuan, est présenter son projet de recherche à la Maison d’édition de « Duzhe », et poser les questions que tous les lecteurs se posent.
Meihong, Docteur de l’Université du Sichuan
« Avant de venir ici, je me posais moi aussi pas mal de questions. Je devais d’un côté écrire un mémoire d’étude, et de l’autre côté, je voulais connaître la rédaction du magazine. Sont-ils dotés d’une force surhumaine ? De quoi ont-ils l’air? Sont-ils froids ? »
Au contact de la rédaction de « Duzhe », Meihong découvre que le magazine est abonné à quelque 300 journaux et 600 périodiques chinois et étrangers. C’est dans cette multitude de titres que les rédacteurs de « Duzhe » effectuent leur sélection d’articles. Mais pas seulement.
Basé sur la formule du Digest, « Duzhe » offre à chaque lecteur la possibilité de proposer un ou plusieurs articles de son choix. Chaque jour, le magazine reçoit de très nombreuses lettres et appels téléphoniques de lecteurs de tous les coins de Chine et du monde. Près de 15.000 propositions d’articles par les lecteurs sont enregistrées chaque mois. En outre, les rédacteurs sélectionnent d’autres articles sur Internet.
Hou Runzhang, Rédacteur de «Duzhe»
« Je parcours les articles, parce qu’il n’est pas vraiment possible de tous les lire avec soin. Mais à la base de la sélection, je commence à lire d’abord soigneusement, puis de manière plus fouillées et enfin entièrement. Ca représente environ 600.000 caractères à lire par jour… Combien en un mois ? 18 millions...
Meihong, Docteur de l’Université du Sichuan
« Une fois sur place, je me suis aperçu que leur travail est difficile. Les rédacteurs sont soigneux et appliqués. Ils font une première sélection parmi des centaines voire un milliers d’articles, puis sur une sélection de 200 proposés par les lecteurs. Finalement, ils en retiennent de 50 à 60 pour les 64 pages du magazine ».
Meihong a calculé qu’en sélectionnant une cinquantaine d’articles sur quelques dizaines de milliers issus de journaux, de périodiques, de l’Internet, et des suggestions de lecteurs, Duzhe n’en retient qu’un sur mille.
La rédaction de « Duzhe » respecte un principe strict pour sa sélection : les articles retenus doivent toucher les rédacteurs au coeur, les émouvoir avant tout.
Peng Changcheng, Directeur d’Edition de «Duzhe»
« Chacun a dans son cœur un besoin de consolation. Chacun, au fond de lui, a besoin d’attention, et « Duzhe » découvre ce que c’est ».
Hou Runzhang, Rédacteur de «Duzhe»
« Pour passer la première sélection, les articles doivent avant tout mériter d’être lus. Je ne veux pas dire nous émouvoir forcément, mais au moins nous plaire suffisamment pour pouvoir dignement les proposer aux lecteurs ».
Au fil des jours au sein de la rédaction, Meihong découvre une atmosphère de travail silencieuse et efficace.
Il est vrai qu’ici, les rédacteurs ont besoin de rassembler leurs esprits dans le silence pour chercher l’émotion de la beauté humaine, et se rapprocher du coeur des lecteurs, toujours en silence… et chercher leur propre raison d’être dans le monde réel. Toutefois, les rédacteurs veulent garder la fraîcheur et la curiosité du lecteur face à son nouveau numéro de « Duzhe ». Pour qu’au final, leurs choix appliqués aient un impact dans n’importe quel coin de la République de Chine.
Dans la vie, Meihong est une lectrice fidèle du magazine. L’article titré « Soudain, la douceur s’arrêta » publié en 2004 l’avait beaucoup émue.
Il évoquait la douleur d’une mère dont le fils âgé d’1 an était atteint d’un cancer des yeux. Cette mère avait assisté sans pouvoir rien faire à la mort de son enfant, après de longues souffrances.
Meihong, Docteur de l’Université du Sichuan
« J’ai pleuré tout d’un coup en lisant cet article. Je suis triste pour cette mère et pour toutes celles qui ont lu ces mots. »
Wangwei, Rédactrice de «Duzhe»
« J’ai été touché bien que je n’aie pas d’enfant. Parce que quand on voit souffrir quelqu’un ou quelque chose qu’on aime... j’étais vraiment touché. La mère a dit n’avoir jamais pu enseigner les mots douleur, malheur, et autres à son enfant. Le petit ne savait dire que « Je ne me sens pas bien». A ses derniers instants, l’enfant ne cessait de le répéter : « Maman, je ne me sens pas bien, je ne me sens pas bien »… Il ne savait rien dire d’autre. »
Meihong, Docteur de l’Université du Sichuan
« Après avoir observé les statistiques de plate-forme de messages envoyés par téléphones portables, j’ai constaté 17.000 appels relatifs à cet article, c’est un record. L’auteur s’appelle Chun’er, et les faits sont évidemment authentiques. En fait, je pense que ce qui vient du coeur peut toucher les autres. »
De nombreuses personnes comme Chun’er alimentent les colonnes de « Duzhe ». Elles ne se tournent pas directement vers un ami ou un parent pour dire ce qu’elles ont sur le cœur dans leurs élans de passion ou leurs moments difficiles. C’est « Duzhe » qu’elles choisissent pour s’exprimer. Mais ces personnes n’attendent pas que le magazine trouve une solution à leurs problèmes. Au contraire, elles ne souhaitent que partager et garder une trace de moments spéciaux de la vie et de leurs sentiments.
En 25 ans, « Duzhe » a publié des millions d’articles très différents et très beaux pour les lecteurs de Chine et du monde. Quels que soient leur âge et leur origine sociale, des lecteurs écrivent ainsi sans cesse au magazine pour témoigner de leur émotion ressentie à la lecture des articles et dire les bonheurs et malheurs cachés au fond de leur coeur. C’est le cas de la jeune Wang Guomei, qui vit dans une région rurale du Qinghai.
Wang Guomei« Des Courses de Chevaux ont lieu tous les 6 juin dans mon pays natal. Comme de nombreux Tibétains vivent dans cette région d’ethnie minoritaire et comme beaucoup d’événements sont organisés le même jour, il y a beaucoup, beaucoup de visiteurs, y compris de la ville. Et ce jour-là, quelqu’un avait égaré un magazine. Je l’ai pris et j’y ai lu un article très intéressant. Et j’ai pensé après l’avoir lu que ce commerçant est particulièrement intelligent. »
Ce magazine trouvé par Wang Guomei était le 11ème numéro de « Duzhe », datant de 1989. Et l’article dont elle parle s’intitule « Un bol de nouilles de sarrasins à la soupe claire ». L’auteur, Tateo Suzukit, raconte qu’au Japon, à Hokkaido, à la veille du Nouvel An, une mère et ses deux fils sont allés manger dans un restaurant tenu par un couple. Ils n’ont demandé qu’un bol de nouilles par manque d’argent. Les restaurateurs leur ont fait l’aumône et les ont accueillis sans mépris.
Voici le pays natal de Wang Guomei, un village appelé Guangou, dans le district de Ledu, au Qinghai. Nous avons rencontré Wang Guomei alors qu’elle rentrait car son père était gravement malade.
Cette année-là, après le lycée, Wang Guomei a ouvert un petit restaurant de spécialités du nord-ouest de la Chine, le Niangpi, une gelée de riz. Après avoir lu l’article sur « Duzhe », elle a compris qu’il fallait bien traiter tous les clients, comme ce couple dans l’article. Et quand se présentaient des clients sans argent suffisant, elle ne leur en vendait que la moitié. Elle laissait en vue ce même magazine qu’elle avait trouvé, pour inciter les clients à lire. Un garçon de 10 ans habitué du restaurant, avait ainsi pris l’habitude de manger de la gelée de riz en lisant « Duzhe ». Mais un jour, Wang Guomei a décidé de jeter le magazine devenu un lambeau de papier tellement il avait été lu et manipulé. Le lendemain, le petit garçon découvre la disparition du magazine en venant au restaurant.
Wang Guomei
« Le petit m’a demandé : « Pourquoi le magazine n’est plus là ? J’y ai lu une bonne histoire que je voudrais raconter à d’autres enfants… Mais j’ai oublié certains passages et je voudrais le relire. »
C’est en entendant ça que Wang Guomei a compris que le petit ne venait manger de la gelée de riz ici que pour lire le magazine. Et elle a écrit à la rédaction de « Duzhe » pour raconter son émotion dans un texte intitulé « Ma richesse ». Les rédacteurs ont tous été touchés par cette histoire et ils l’ont donc publiée.
Et les réactions à ce texte ont continué. A Changde, au Hunan, un jeune homme appelé Xu Shengao bavardait dans un bar avec des amis quand un exemplaire de Duzhe et de « Ma richesse » leur est tombé entre les mains.
Wang Guomei
« Tous ont apprécié le magazine Duzhe. Ils l’ont feuilleté et lu différents articles, dont le mien. Et ils ont alors dit que cette fille qui avait écrit l’article était vraiment bien. Et un jeune homme a dit qu’il aimerait faire sa connaissance. Mais ses amis lui ont dit que ce n’était impossible, car tout cela n’était pas vrai. »
Comme le magazine indique le nom et l’adresse de l’auteur après les manuscrits, Xu Shengao a pu rapidement écrire à Wang Guomei pour lui exprimer l’émotion provoquée par sa bienveillance.
Wang Guomei
Là voici : « Tu es la fille que je cherche depuis toujours dans mes rêves, j’espère que tu deviendras celle qui m’accompagnera pendant toute la vie».
Un an plus tard, Xu Shengao fait un long voyage jusqu’au Qinghai et demande Wang Guomei en mariage. Et c’est ainsi que Wang Guomei, qui est née et a toujours vécu dans le Qinghai, a quitté ses parents pour aller vivre à Changde, dans le Hunan.
Après leur mariage, ils ont un enfant. Et une vie de bonheur familial commence. Mais un jour, Xu Shengao est frappé par une sérieuse tuberculose intestinale. Il est à deux doigts de la mort. Mais grâce aux soins de Wang Guomei et aux efforts du personnel soignant, Xu Shengao a survécu, miraculeusement. Et il a écrit encore une fois aux éditions « Duzhe », qui publie cette fois un article intitulé « Un amour à la vie, à la mort né des manuscrits ». Un texte qui nourrit toujours entre le magazine et ses lecteurs.
Liang Xiaosheng, Ecrivain« Je pense que le plus important avec Duzhe, c’est qu’il représente une sollicitation culturelle de tous les publics. En Chine, aucune revue, aucun journal ne peut comme « Duzhe » le fait, ouvrir une fenêtre culturelle pour les publics les plus défavorisés socialement, surtout dans les régions moins développées, comme dans l’ouest du pays».
Meihong s’est rendue à Lanzhou de Chengdu avec son propre sujet de recherche, et aussi avec une question tenace : comment se fait-ils que ce magazine chinois parmi les plus diffusés dans son genre soit né ici, à Lanzhou, dans l’ouest de la Chine ? Et chacun y va de son explication.
Wang Wenbin, Directeur Centre de Partenariat Fondation pour la Jeunesse de Chine« L’endroit où Duzhe est né est isolé, éloigné de la société moderne, les gens peuvent ainsi y réfléchir sereinement, comme hors de la réalité. »
Liang Xiaosheng, Ecrivain
« Une revue comme celle-là, née à l’ouest de la Chine, réclame de très sérieuses réflexions. Si des intellectuels raffinés et mondains s’occupaient de la rédaction du magazine depuis Beijing ou Shanghai, le style changerait. »
Zhang Bohai, PrésidentAssociation des Périodiques de Chine
« Le marxisme part d’un principe essentiel : le développement culturel n’est pas équilibre, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible que la culture soit la plus développée dans une région dont l’économie est développée, et c’est même le contraire. C’est un phénomène fréquent qui a valeur de règle. Et est-ce qu’on peut s’en servir pour expliquer la naissance de Duzhe ? »
En 2006, le magazine né au bord du Fleuve jaune entre sa 25ème année. Toujours suivi avec attention, questions et satisfaction par son fidèle public.
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