SHANGRI-LA - Des anecdotes sur Dongba 
cctv.com 07-03-01 20:30 

En 2003, l’origine de Dongba de l’ethnie Naxi a été inclue dans la « Liste du patriomoine immatériel mondial » lors de la clôture de la réunion de la commission de consultation du projet immatériel mondial de l’UNESCO tenue en Pologne. L’écriture de Dongba avec lequel qu’ on a noté l’origine de Tongba est l’unique écriture pictographique vivante existant dans le monde.

Qui a transcrit cette écriture de la haute antiquité? et comment est-elle utilsée encore aujourd’hui ? Nous nous rendons dans un hameau ancien du district de Shangri-la pour connaîte la culture de Tongba.

A notre arrivée au village, il est déjà 8 h du soir, nous sommes attirés par le bruit de tambour dont nous nous approchons

Sous une faible lumière, nous avons vu un groupe de personnes vêtues d’une longue robe et portant un chapeau, agitent une clochette dans une main, et un tambour de l’autre en récitant une sorte de soûtra religieux incompréhensible comme si c’était une rencontre religieuse. On nous a dit que ce sont les Dongba locaux.

Le lendemain matin, nous voulions retrouver ces Dongba ; mais partout dans le village, aucune trace de personnes vêtues de longue robe et portant un chapeau.

Yang Zhengwen :

« Ces Dongba qui ne sont pas organisés n’ont pas de terrain réservé aux activités permanentes ni une rémunération stable. Ils sont travailleurs comme les autres et on leur fait appel en cas de besoin. »

Les Dongba ne sont pas professionnels, pendant les jours ordinaires, ils se comportent comme les autres. Mais lors de la cérémonie religieuse, vêtus d’une longue robe, ils sont des sages pouvant dialoguer avec les divinités.

Yang Zhengwen :

« La mère du propriétaire foncier est décédée, il a invité un Dongba, son valet de ferme, à tenir une cérémonie religieuse. Pendant cette période, il est très honoré par son maître, mais une fois que les obsèques sont terminées, ce Dongba reprend son travail comme d’habitude. »

L’ethnie Naxi du canton de Sanba croient en Dongba ; ils pensent que tous les être ont l’âme et ils vénèrent l’âme et leurs ancêtres. Le 8e jour du 2e mois du calendrier luniaire, tous les habitants de l’ethnie de Naxi, hommes et femmes, vieux et enfants, se rendent dans cet endroit couvert de rochers blancs en apportant des offrandes comme viande et vin pour participer à la cérémonie annuelle la plus importante destinée à offrir un sacrifice au ciel ; à cette occasion les Dongba récitent le soûtra .

Dans un bloc de verdure, un terrain couvert d’une blancheur frappante avec une superficie de 3 km2 est nommé Baishuitai. Il est considéré comme haut-lieu de l’ethnie Naxi où professait le sage ancestral de Dongba Shiluo. Cette légende n’est peut-être pas bien fondée, mais le chercheur sur l’ethnie Naxi Yang Xuewen a son point de vue à l’issue de sa recherche sur les dessins rupestre et l’écriture de Dongba.

« L’écriture pictographique présente des traits tordus, ce qui signifie que nous marchons sur un chemin montagneux. Tandis que les routes parcourues par les hans se croisent en formant une croix de manière standardisée. Prenons comme exemple, le mot « eau », dans notre écriture, elle sort d’une fontaine, puis elle s’accumule, enfin elle se précipite après le nouveau départ. D’ailleurs, elle était un large cours d’eau au début, puis elle se rétrécit. Mais dans l’écriture chinoise, ce mot est oblique et paisible ; l’eau s’écoule sur la plaine, elle s’étend sur une grande largeur. Nous pouvons en conclure que les Naxi de la région, une ethnie autochtone, s’installent dans la montagne au bord du cours d’eau ».

“Yang Xuewen pense que le village de Baidi du canton Sanbai, où se trouve Baishuitai, constitue le lieu d’origine de la culture de Dongba. Les Naxis disent que sans se rendre à Baidi, on ne peut pas se prétendre Dongba authentique. C’est pourquoi le 8e jour du 2e mois du calendrier lunaire, les Dongba venus de tous les coins à Baishuitaï pour s’inspirer de la culture de cette religion malgré un long chemin à parcourir.

Dans le langage de Naxi, “Dongba”signifie “réciteur rural du soûtra ». A l’aide de l’écriture de Dongba et sur le papier local spécifique, le soûtra de Naxi contient les renseignements sur la société antique de cette ethnie dans les domaines social, religieux, du calendrier, picturale et chorégraphique ; il est considéré comme une encyclopédie de Naxi dont 20 mille exemplaires sont conservés encore aujourd’hui. On se demande quel est le papier sur lequel le soûtra a pu se conserver pendant plus de mille ans ?

Selon le guide local, le processus de la fabrication du papier de Dongba est perdu il y a longtemps à Sanba. Mais il y a 40 ans, un Dongba nommé He a franchi la montagne et appris cette technique dans un autre hameau de Naxi. Avant sa mort, il l’a transmise à son fils He Zhiben. Grâce à l’aide des habitants locaux, nous avons trouvé M. He Zhiben, âgé de 74 ans.

Journaliste : «vous fabriquez encore le papier de Dongba ?

He Zhiben : « on en fabrique encore un peu. Mais il n’y a plus de matière première aujourd’hui ; il y en avait quelques jours d’auparavant. Le papier fabriqué est transporté jusqu’à Lijiang. »

Journaliste : « Quelle est la matière première ? »

He Zhiben : « l’écorce de Gou. »

L’écorce de Gou dont parle le vieux Donba est provenue d’arbre Gou. Selon lui, ce genre d’arbre pousse sur une hauteur à plus de 2 mille m d’altitude, et le canton de Sanba est bien situé.

5) He Hongguang, villageois de Sanbai:

« Il faut enlever la couche intérieure blanche qui sert à la fabrication. Pour faciliter le travail, il faut l’imbiber d’eau avant de la peler. »

On fait bouillir dans l’eau l’écorce d’arbre après l’avoir lavée, puis la broiera.

« Dedans, il y a plein d’eau, mettez là. Il faut remuer sans cesse, puis la sortir doucement et la coller sur une planche. »

Journaliste : « Le papier est collé au-dessus n’est-ce pas ? »

Ré : « Oui, l’eau goutte du papier d’abord, puis, quand le paper est séché à moitié, on le polira. »

Le processus de fabrication semble facile. Mais, il n’est pas simple pour obtenir le papier de Dongba glissant dont la qualité dépend même du changement du temps. Nous avons aujourd’hui toutes sortes de papiers, pourquoi les Naxis s’en tiennent-ils à cette méthode de fabrication ancienne ?

« C’est parce qu’il est toxique, les insectes ne le touchent pas ; il peut donc se conserver lontemps. »

C’est pour conserver le soûtra pendant longtemps ; les Dongba préfèrent choisir une matière première toxique et adoptent un processus primitif.

Le papier Dongba séché plié en quatre sert à écrire le soûtra de Dongba. L’écriture de Dongga ne compte que 1400 mots dont nous pouvons reconnaître quelques uns des plus simples ; mais la combinaison de ces signes rend l’écriture de Dongba incompréhensible. Pourtant, à l’aide de cette écriture, on peut exprimer aussi bien des choses complexes qu’ un sentiment délicat.

Avant notre départ, il nous a adressé ses voeux d’une manière propre au Dongba.

He Zhiben, le vieux Dongba

Journaliste : « Quel est votre nom ? »

Rép. : « Zhang Yujie. »

He : « Une fille qui est née dans l’année du coq. Le personnel de la télévision centrale est venu au distict de Shangri-la, à Baishuitai de Sanbaï. Il y reste pendant une journée. Que le bouddha nous bénisse, et nous assure la paix et la bonne santé. »

Le Dongba âgé regrette que son fils n’ait pas manipulé cette technique de fabrication.

« Quand les touristes sont nombreux, ils s’en vont pour gagner de l’argent »

Ces dernières années, au fur et à mesure du développement du tourisme, Baishuitai a attiré de plus en plus de touristes. Le fils du Dongba âgé y brûle de l’encens et récite le soûtra pour gagner sa vie.

Yang Zhengwen :

« Avec le développement social et économique, beaucoup de gens ne s’intéressent plus à la culture de Dongba, même les descendants de Dongba ne l’étudient pas. Il existe donc un danger de rupture. »

Pour que la culture de Dongba ne se perde pas, Yang Xuewen, avec son propre fonds, a créé il y a cinq ans un jardin de l’esprit sacré de la culture de Dongba dans lequel les jeunes peuvent étudier cette culture pendant la saison morte.

Il n’y a pas lontemps, Yang a su que Shangcri-la organisera un concours de danses folkloriques ethniques. Il pense que c’est une bonne occasion pour faire valoir la culture de Dongba et il organise l’entraînement des stagiaires.»

L’école de Ruka de Dongba qui participe aussi au concours est le plus important concurrent de l’école de l’esprit sacré. Pourtant, à notre arrivée dans cete école, nous n’avons pas vu le spectacle de répétitions, mais la porte de classe est entrebâillée.

Le vieux Tongba est rendu célèbre par sa pratique de divination pour soigner les malades.

« Il arrive que 80 personnes viennent le consulter en un jour.»

Vénérer le haut-lieu pourra apporter une bonne chance à ce contingent en route ?

Le guide nous a dit que que celui qui, assis dans la classe, est le Dongba supérieur du village de Shuijia, et il est en train de pratiquer la divination pour soigner.

Journaliste : « Où avez-vous mal ? »

« aux épaules, et au cou. »

Dongba : « Avez-vous suivi le traitement de traction ? »

« Oui, mais sans effet. J’ai plus mal encore après ce traitement. Vos méthodes sont efficaces ?»

Dongba «C’est efficace, si vous y croyez. »

Du point de vue scientifique, il nous est impossible de comprendre la pratique de divination ; néanmoins, ceux qui habitent dans une région montagneuse reculée en croient fermement. C’est peut-être cette croyance qui leur insuffle du courage et de la force pour vivre dans les conditions difficiles, de sorte que la vieille culture de Dongba puisse exister jusqu’à aujourd’hui.

Dans le passé, les gens étaient nombreux à étudier la culture de Dongba. Ils ont un partage du travail explicite. Ceux qui offrent un sacrifice au ciel, d’autres font des prédictions. On dit que les gens des régions environnantes savent que le vieux Dongba pratique la divination la plus efficace, les patients sont toujours nombreux. À présent, de moins en moins de personne s’intéressent aux études de Dongba., et il n’y a plus de partage du travail précis. Les Dongba supérieurs qui connaissent par coeur le soûtra accumulent plusieurs fonctions. Ce vieux Dongba préside les activités religieuses, pratique la divination, mais enseigne aussi le soûtra de Dongbao la plupart du temps.dans l’école de Ruka créée par le recteur He.

C’est la saison de la récolte à Shangri-la. Tous les paysans sont affairés pour récolter le blé, de même que les Dongba. L’école de Ruka organise les répétitions de danse le soir après le dîner.

Vers 8 h du soir, le recteur He est arrivé tôt à l’entrée de l’école pour accueillir les Dongba. Ces derniers sont tous venus une demie heure plus tard. Ils sont fatigués au bout d’une journée de travail, mais ils sont en pleine forme une fois qu’ils portent des costumes. Sous une faible lumière, avec un fort bruit de tambours, les mouvements primitifs rendent la soirée plus mystérieuse.

À la différence de l’école de Ruka, l’école de l’esprit sacré compte des stagiaires en classe. Le professeur leur a demandé d’arrêter les activités agricoles et de faire les répétions toute la journée pour apprendre vite les mouvements de danse. D’ailleurs, le professeur Yang a enrichi le contenu de la danse traditionnelle de Dongba.

« Je vais rentrer. »

« Vous entrez et je retourne chez moi. »

« Rentrez bien. »

A part la chorographie, le professeur Yang a beaucoup travaillé sur les costumes d’acteurs.

« Tout d’abord, on exécute des mouvement de la danse traditionnelle de Dongba, puis le fantôme apparaît tout d’un coup et attrape un villageois. Pour le sauver, le Dongba récite les canons bouddhistes en exécutant la danse de Dongba. C’est de cette manière qu’il tue le fantôme et sauve le villageois. »

La date du concours approche, l’école de Ruka a organisé la dernière répétition dans la journée, et invité le vieux Dongba à diriger. Vers 7 h, un aspect mystérieur est apparu. On voit un rayon du soleil percer les nuages et se jeter sur BaishuiTai, et ce juesqu’à la fin de la répétition. Les Dongba de l’école Ruka pensent que c’est un bon augure et que leurs ancêtres leur assureront une belle performance.

Le professeur Yang et son épouse ont travaillé jour et nuit, et terminé la veille la confection des costumes d’acteurs, ce qui a ému les étudiants voulant devenir Dongba un jour. À ce moment-là, ils pensent non seulement au concours du lendemain, mais aussi et surtout à la vie professionnelle de Dongba.

Pour ceux qui habitent toujours dans une région montagneuse reculée, se rendre au district constitue un long voyage à faire. Chaque fois avant le départ, ils vont d’abord à Baishuitai pour prier le dieu de leur assurer bon voyage. Aujourd’hui, deux équipes de Dongba se rendent au district de Shangri-la pour participer au concours. De très bon matin, les élèves de l’école de l’esprit sacré portant des costumes de représentation se rendent à Baishuitai en emportant de l’encens.

Yang Zhengwen

« C’est un bouton de costume de Dongba de style original. »

Baishuitai est sacré pour eux. Nous voulons aussi croire que ce haut-lieu pourra leur procurer la bonne chance au concours et leur assurer la paix et une vie harmonieuse.

Le vieux Tongba ne fait pas partie du groupe, car il a des patiens à soigner.

He Wei, stagiaire de l’école de l’esprit sacré de Dongba

« Nous irons demain à Shangri-la,et nous prions le bouddha de Baishuitai de nous assurer la réussite. »

Il a 80 ans, à cause de sa santé délicate, il ne peut recevoir qu’un ou deux malades chaque jour. Mais, une grande consolation pour lui, c’est que son petit-fils de 14 ans adore la culture de Dongba.

Journaliste : tu peux le comprendre ?

He Xiangguang, le petit-fils : Oui.

Journaliste : Où tu l’a appris ?

He Xiangguang : Auprés de mon grand-père.

Journaliste : tu veux être un Dongba un jour ?

He Xiangguang: Oui.

C’est un enfant de 14 ans dont le visage révèle l’innocence et la naïveté. Quelques anées plus tard, lorsqu’il sort de la vallée, pourra-t-il s’en tenir à son idéal malgré les différentes attractiions extérieures ? Malgrè tout, ces propos réconfortent le vieux Dongba.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

A propos de nous . Recevoir la chaîne . Nous contacter Xinhua . Le Quotidien du Peuple . CRI . China.org.cn
Copyright © 2005 China Central Television. , All rights reserved.