Le Mont Jiuhua Ⅶ - Contes légendaires sur des bonzes illustres ⑴ 
cctv.com 07-01-07 20:30 

Une pratique funéraire très ancienne se perpétue jusqu’à aujourd’hui au mont Jiuhua. Après le décès (l’Illumination suprême) d’un moine, son corps doit être mis, en position de tailleur, dans une grande jarre et aux alentours duquel s’emplissent du charbon de bois et de la paille. Après avoir été scellée, la jarre s’expose pendant sept jours en dehors de la chambre.

Au bout de sept jours, on dégage une petite orifice réservée préalablement en dessous, met à feu la paille et le charbon de bois pour incinérer la dépouille du défunt.

Cependant, il y a quand même des exceptions. Le corps des bonzes d’un nombre extrêmement restreint n’a pas été incinéré conformément à leur dernière volonté.

Trois ans après, lorsqu’on rouvre la grande jarre, on constate que des miracles se sont produits. Au lieu d’être putréfié, le corps placé dans la jarre demeure intact comme si le défunt vit toujours.

C’est ce qu’on appelle l’incorruptibilité du cadavre par-delà la mort, autrement dit le corps momifié, un relique révéré par les fidèles.

Sur un tiers de toute l’année, le mont Jiuhua est enveloppé dans la pluie et la brume.

Nous allons visiter une forêt de stupas, lieu de repos éternel de la communauté eeclésiastique.

Les tombes des moines sont différentes de celles des laïcs. Ici sont enterrées des cendres de corps incinérés et non des cercueils.

Si on en croit la doctrine bouddhique, toute espèce vivante vient dans le

monde des humains et le quitte comme étant une prédestination. Le corps humain n’est rien d’autre qu’une apprence illusoire, raison pour laquelle on n’a nul besoin de le conserver après le décès.

Toutefois, pour quelles raisons les bonzes qui sont parvenus aux sphères spitiruelles élevées ont-ils tenu à laisser leur corps dans notre monde ?

Wan Jiaxiang est chef de la Section de religion releveant du Service de Gestion du mont Jiuhua. Il a assisté en personne à la rouverture de la grande jarre contenant la dépouille mortelle des moines. Il est perplexe jusqu’ici quant au phénomène qu’il a vu de son visu.

Voici la scène qui montre la rouverture de la jarre contenant le corps du moine Puwen trois ans après son décès.

On a constaté avec ébahissement que le corps, au lieu de se décomposer, a été momifié et des cheveux longs de deux pouces environ ont même poussé sur le crâne du moine.

Wan Jiaxiang : Chef de la Section de religion du mont Jiuhua

Après que la jarre eut été déscellée, nous avons vu le moine toujours assis, les jambes repliées. L’étoffe rouge qui couvrait son visage a été complètement décomposée et la ficelle du chapelet brisée. Le corps du moine demeure néanmins intact avec la chaire toujours élastique comme un être vivant.

Le mont Jiuhua se situe à la rive sud du Fleuve Yangzi. Il a un climat fort humide de mousson du subtropical nord. C’est une région de pluviosité élevée et s’enveloppe souvent de la brume vaporeuse. Tous ceux qui ont des connaissances scientifiques élémentaires savent qu’un tel climat est très défavroable pour la conservation du cadavre. Comment peut-on expliquer alors ce phénomème de l’incorruptibilité du cadavre par de-là la mort d’autant plus que la jarre a été exposé en plein air pendant trois ans ?

Voici des séquences montrant la scellation de la jarre après l’Illumination suprême d’un illustre bonze du mont Jiuhua.

Nous avons remarqué qu’on était en train d’emplir la jarre avec des paquets de papier. Qu’ est-ce que c’est ?

L’automomification du corps fait penser à la conservation du cadavre au moyen de matières balsamiques en Egypte antique. Le corps de moines a été traité également d’une manière spéciale ? Qu’est-ce qu’il y a dans ces paquets de papier ?

Vous voyez maintenant des porteurs de palinquins. Ils exercent ce métier pour gagner la vie et portent des gens en gravissant et descendant de la montagne à longueur de journée.

Pendant les moments de repos, ils se réunissent aux pieds de la montagne et parlent à bâtons rompus. Celui qui est au centre s’appelle Jiao Xiaodi. Il est aussi portefaix mais s’occupe d’une autre occupation héréditaire, la mise en bière du coprs de moine décédé.

Jiao Xiaodi nous a reconstitué le processus de toute cette opération. On doit déposer d’abord de la paille au fond de la jarre. Voici la chaux qu’on a vue tout à l’heur dans le film. Elle est emballée dans des paquets de papier. On met de la chaux dans des paquets afin de faciliter l’opération d’emplissage. Pour terminer, on verse un sac de charbon de bois dans la jarre. Ce sont toutes les matières utilisées.

Jiao Xiaodi : Villageois du canton Jiuhua

Grâce à la chaux et au charbon de bois répandus dans la jarre, le corps du défunt résiste bien à l’humidité, car ces deux matières peuvent absorber de l’eau.

Le rôle d’anti-corruption du charbon de bois et de la chaux est indéniable. Mais pourquoi on ne compte que quelques moines dont le corps a été momifiés pendant plus de mille ans au mont Jiuhua ? Le bon état du corps conservé est-il lié au degré que les moines ont atteint dans leur pratique quotidienne de perfection ?

Wan Jiaxiang : Chef de la Section de religion du mont Jiuhua

Les croyants du bouddhisme estiment que l’automomification du corps est l’aboutissement des pratiques de perfection avec le respect scrupuleux des Commandements.

Pour les bouddhistes, la vie d’un homme ressemble à un escalier de transcendance. C’est par des exercices intensifs de la perfection qu’on peut atteindre le degré le plus élevé sous les divers aspects du respect des Commandements, de samadhi ( état du plus profond recueillement) et de Prajna ( conscience ou sagesse ). Ces pratiques de perfection permettent aussi de dépasser de soi-même et de s’élever aux sphères spitiruelles élevées en réalisant l’automomificaton du corps.

Shihuiguang : Vice-président de l’Association du bouddhisme du mont Jiuhua

Pour les bouddhistes, le corps momifié est un phénomène tout à fait normal. Mais pour y parvenir, il faut du moins des mérites accomplis durant les exercices de la perfection. Il s’agit en effet d’une cristallisation matérielle réalisée grâce aux pratiques de perfection spirituelle. Le corps ne saurait être automomifié sans des exercices de perfection pratiqués pendant très longtemps.

La légende veut qu’après son nirvana, les ossements incinérés de Sakyamuni se sont transformés en des reliques sous forme de grains durs. Dans les soutras bouddhiques on peut trouver des références sur ces reliques, qui se divisent en deux types, ceux du corps entier et ceux en fragments. Les corps momifiés du mont Jiuhua font partie du premier cas. Par rapport aux reliques en fragments, c’est encore plus rare

Le premier corps momifié découvert au mont Jiuhua est celui de Kim Gio giak, le bodhisattva Ksitigarbha qu’on révère aujourd’hui. Selon une légende, trois ans après son Illumination suprême, il gardait toujours l’air d’un être vivant, et en manipulant son corps, ses articulations rendaient un bruit métallique comme ce qu’émet une serrure d’or. On a bâti alors un stupa en pierre pour abriter la momie. Il est surprenant que pendant la nuit, ce lieu brillait de mille éclats d’où son nom de Pic de Lumières divines.

Au cours de plus de mille ans qui s’ensuivent, les corps d’une dizaine de bonzes ont été automomifiés après une conservation dans de grandes jarres. Ces bonzes sont ainsi parvenus aux rangs de bodhisattva que révèrent les fidèles. Ces phénomènes extraordinaires ont plongé dans de profondes réflexions les gens de la postérité qui ne cessent de chercher la réponse au fil du temps.

Nous sommes au pic de Motianling, Pic qui touche les étoiles. Le premier corps momifié qu’on va visiter est exposé à la vénération des fidèles au sommet de la montagne.

On aurait préparé psychologiquement pour gravir la montagne. Mais le téléphérique a beaucoup facilité notre ascension. En quelquels minutes seulement, nous sommes déjà sur le pic d’une altitude de mille mètres environ.

Nous poursuivons le trajet en suivant un sentier en pierre. On remarque que le long du sentier, de nombreux cadenas sont attachés aux rampes d’arbres. Les locaux les appelle « cadenas de cent ans » qui, selon eux, peuvent apporter la chance et le bonheur.

Le commerce de ce jeune garçon est assez florissant. Il nous a confié que les cadenas comme celui-ci se vendent très bien ici. Moyennant une dizaine de yuans, des pèlerins font graver sur le cadenas leurs souhaits de bonheur. Ils sont persuadés que leurs voeux seront exaucés grâce à la protection du bodhisattva qui trône dans le Palais du Centenaire.

Nous sommes maintenant au Palais du Centenaire qui est en effet un temple vieux de 600 ans.

Voici le boddhisattva de Cent Ans, un bonze qui a vécu 126 ans. L’empereur Chongzhen de la dynastie des Ming, touché par sa piété pour la religion, a émis un édit et fait construire ce temple.

Un conte fantastique est répandu dans la région du mont Jiuhua sur ce bodhisattva. Au début de la dynastie des Qing, plusieurs incendies se sont produits au temple et celui qui est le plus violent l’a presque entièrement ravagé. A ce moment crucial, le bodhisattva a soudain levé les deux mains, changeant sa position en tailleur d’habitude pour éteindre les flammes. Une pluie torrentielle s’est abattu suivant ses gestes. L’incendie a été éteint et le monastère sauvé. Le bodhisattva garde depuis lors cette posture avec les bras levés comme s’il était en train d’étouffer le feu.

Une stèle érigée dans le monastère relate la vie de ce bonze illustre. Il s’appelle Haiyu et a pour prénom social Wuxia (Sans-Défaut). Il est entré en religion à l’âge de 24 ans au mont Wutai. Vers la fin de la dynastie des Ming, à la lumière du bodhisattva Dizang d’Or qui s’était livré à « secourir les êtres qui souffrent en ce monde» , Wuxia est venu au mont Jiuhua après un long parcours difficile et dangereux. A cette époque-là , déchu de sa splendeur, le mont Jiuhua a vu ses activités religieuses en déclin de jour en jour en raision des guerres et troubles sociaux qui se succédaient. Le bonze Wuxia (Sans-Défaut) a pris la détermination de redorer son blason et rétablir le prestige de ce lieu de culte.

Sur la Falaise de cueillette d’étoiles, la plus haute éminence de la crête, il enseignait aux disciples les précepts du bouddhisme en les exhortant à s’exercer assidûment à la pratique de la perfection.

Derrière le fondement de l’actuel Palais du Centenaire, on peut toujours trouver le miniscule ermitage du bonze Sans-Défaut.

D’après des on-dit, pendant qu’il pratiquait le bouddhisme dans la grotte, cette montagne était peuplée de peu de monde. Les conditions de vie étaient très dures, car il lui était presque impossible de demander des aumônes dans les environs. Il se nourrssait souvent des plantes sauvages et devait puiser de l’eau dans des précipices de la montagne.

Durant sa vie d’anachorète, le bonze Sans-Défaut a formé un voeu ambitieux de recopier un soutra bouddhique avec son propre sang.

Moine

Le maître Wuxia (Sans-Défaut) a consacré 28 ans pour recopier avec son propre sang le Soutra de la guirlande de lotus (Soutra du bouddha de Vatamsaka Mmahavaipulya).

Cet ouvrage canonique est composé de 81 fascicules et compte au total 420 mille caractères chinois. Il a été recopié à l’aide d’une encre faite du sang de Wuxia (Sans-Défaut) mêlé de poudre d’or. Ce livre sacré, considéré comme un relique par le clergé des dynasties successives, a été classé comme un verstige de première catégorie de l’Etat.

Face à ce relique, nous prenons effectivement mesure de la ténacité et de la dévotion dont a fait preuve le bonze en accomplissant cette oeuvre extraordinaire.

Pour recopier ce soutra, le moine Wuxia (Sans-Défaut) prélevait régulièrement du sang à sa langue à une intrvalle de vingt jours. Pendant cette besogne de 28 ans, il s’était évanoui à maintes reprises à cause de la perte trop importante du sang.

En l’an 3 du règne Tianqi des Ming, le bonze a fini son travail à l’âge de 126 ans.

Le voeu exaucé, Wuxia a scellé avec la pierre la porte de son ermitage et quitté silencieusement le monde des humains.

Le bonze a écrit de son vivant un poème qui dit notamment : « Vieux que je suis a déjà plus de cent ans. Mon corps s’amaigrit tandis que ma conviction bouddique s’affermit. Où est ta destination finale ? m’interroge un invité. Après l’hiver, le prunier s’épanouira de nouveau au printemps ».

D’après une légende, l’empereur Chongzhen a assisté dans une songerie à la transmigration d’un bodhisattva au mont Jiuhua. Il a envoyé alors un émissaire pour le chercher dans la montagne. En ouvrant cet espace clos , on a remarqué que le corps du bonze, au lieu de se putréfier, demeurait intact et que le bonze avait toujours l’air d’un être vivant.

L’empereur Chongzhen a promulgué un édit de construire le Palais du Centenaire dédié au bonze Sans-Défaut en lui décernant le titre de « bodhisattva de Yingshen ». Selon les dogmes du bouddhisme, les bodhisattva ayant atteint des sphères spirituelles élevées ont toutes les qualités de devenir bouddhas. Mais ils s’y refusent et font la transmigration dans le monde des humains pour secourir les hommes. C’est ce qu’on appelle le bodhisattva de Yingshen.

Ceux qui viennent pour la première fois au mont Jiuhua manquent souvent cette sente par mégarde. Au bout de la sente se trouve un petit temple dédié au bodhisattva Mingjing.

Le corps de celui-ci a été automomifié aux années 90 du siècle dernier. Malgré sa réputation, on connaît très peu sur sa vie. La bonzesse Xinlan, l’unique disciple de Mingjing nous a renseigné que Mingjing était originaire du district de Langxi, province de l’Anhui. Né en 1928, il a un nom laïc de Xu Fangzhu. Il a choisi la retraite de la vie de bonze en 1984 au monastère de la Terrasse céleste du mont Jiuhua. Mingjing est le prénom de la Loi du bonze.

La bonzesse Xinlan

C’est une malle de mon maître. Ce sont toutes les affaires qu’il nous a laissées.

Ses objets témoignent qu’il s’agit d’un bonze qui menait de son vivant une vie très simple. D’après Xinlan, dès que son maître fut entré en religion, il a offert toutes ses économies au monastère.

Mingjing s’est lancé corps et âme dans les pratiques de la perfection. Pour s’abstenir des interférences du monde des humains, il s’était confiné dans une petite chambre au fin fond du mont Jiuhua. Dans ce refuge d’anochorète, il mangeait très peu et ne prenait parfois qu’un petit pain à vapeur pour toute la journée.

Xinlan nous a confié qu’en ces temps-là, elle emportait quotidiennement des provisions pour son maître. Elle y allait toujours en toute hâte pour que le repas ne fût refroidi.

Mais son maître ne prêtait attention ni à l’état ni à la quantité du repas qu’elle apportait ce qui attristait beaucoup Xinlan. Le maître Mingjing était plongé entièrement dans son monde spirituel et faisait la méditation à longueur de journée. A quoi pensait-il ?

Voici le lit du maître Mingjing. Malgré un aspect rustique, la literie est très propre. Depuis qu’il s’était livré à la pratique de la perfection dans cet espace clos, il n’est jamais retourné dans son lit.

Pendant trois ans, quel que soit le temps, il faut chaud ou frois, il y a du vent ou de la pluie, on le voyait toujours se tenir debout, plongé dans la méditation. On lui a donné alors un sobriquet de « moine tenu debout ».

On dit que pour les pratiquants de Chen, quanf ils sont entrés en samadhi ( l’état de la cessation de toute pensée ou du plus profond recueillement) leur for intérieur ressemble à la lune se mirant dans l’eau. L’eau coule et la lune reste toujours fixe. C’est aussi comme on se regarde devant le miroir. Les partiquants prennent effectivement mesure de la souffrance et s’efforcent de s’en affranchir en dépassant d’eux-mêmes. Ils estiment que la prétention à la sensation agréable du corps donne les mêmes résultats que provoquent les gestes pour apaiser des démangeaisons. Plus on se gratte, plus on se sent mal à l’aise. Tandis que la joie qu’on éprouve dans le for intérieur demeurera éternelle.

Fei Yecchao : Directeur général de l’Agence du tourisme du mont Jiuhua

Il se tenait toujours droit comme ça. En hiver, il fait froid. Il tombe la neige et il gèle même. Au temps le plus rigoureux, il méditait en position debout dans la chambre en face de la Salle de Skanda (Dieu des guerriers) près d’un autel. .

Le moine dormait vraiment debout ? Par la curiosité propre aux jeunes, une lampe de poche à la main, Fei Yechao est allé voir dans la nuit pour tirer l’affaire au net.

Fei Yechao : Directeur général de l’Agence du tourisme du mont Jiuhua

Je l’ai observé en propulsant la lumière de la lampe sur ses yeux. Ses yeux ne clignaient nullement pas. Retenant le souffle, j’ai prêté une oreille attentive pour l’écouter et remarqué qu’il respirait d’un rythme régulier et s’était déjà endormi.

Voici la grande jarre où avait été placé le corps du maître Mingjing. Son disciple Xinlan l’a gardé pendant six ans jour et nuit.

Le maître Mingjing est décédé le 6 septembre 1992. Avant la fin de sa vie, il a recommandé à Xinlan de ne pas incinérer sa dépouille qui, selon lui, serait automomifiée dans six ans.

Six ans après, on a rouvert la grande jarre et constaté que la physionomie et le corps de Mingjing restaient intacts comme ce qui avaient été de son vivant. C’est le 14ème corps automomifié apparu dans l’histoire du mont Jiuhua.

Shihuiguang

Quand un méditant parvient à la concentration de l’esprit sur un objet unique, autrement dit à un état réussi de la perfection, il se produit une fusion totale entre lui et l’objet de la méditaton, et tout le désir le quitte. En persistant de cette manière, se métamorphoseraient les voies principales et secondaires de la circulation du sang et de l’énergie vitale dans le corps. C’est grâce à la sincérité absolu du for intérieur qu’on peut parvenir à un état pareil.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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