|
Wu Xinhua, Spécialiste du bouddhisme au Mont Jiuhua
« Ce que je vous montre maintenant est une ancienne version des annales antiques. Cette version est ancienne, elle date de l’époque des Song. C’est une carte de l’antiquité, la plus ancienne sur le Mont Jiuhuashan. C’est aussi une carte des axes de communication et de transport. Les voyageurs sont montés arrivés au sommet du Mont Jiuhuashan en suivant cette route sur la carte. A l’époque, le chemin très étroit n’était constitué que de sentiers de montagne accidentés. »
Voici une planche gravée en relief pour l’xylographie datant du règne de l’empereur Jiajing sous la dynastie des Qing. Elle dépeint en détail les sommets, les pics, les temples, les monastères, les chemins et les rivières des montagnes Jiuhua. Bien qu’elle ait subit 150 ans de vicissitudes, cette planche est encore dotée d’une certaine valeur. On peut y trouver de nombreux sites touristiques actuels du Mont Jiuhuashan.
On raconte que dans le passé, nombre de pèlerins achetaient des cartes similaires pour les suspendre chez eux et leur vouer le respect comme à des objets saints. Ils croyaient que cette précieuse représentation des sites extraordinaires des montagnes Jiuhua pouvait guider les hommes vers la pratique de la perfection et leur permettre de trouver la fin de leur vie.
Une histoire millénaire du Mont Jiuhuashan raconte que de nombreux étrangers se sont installés pour toujours dans ces montagnes. On dit qu’ils y ont vraiment trouvé leur paradis. Nous essayons de découvrir leurs traces en suivant les itinéraires indiqués par cette ancienne carte. Nous voulons comprendre pourquoi cette montagne rendu les hommes heureux au point de ne plus rentrer chez eux.
Fei Guanqing est un poète reconnu de l’époque des Tang. Une fois arrivé au Mont Jiuhuashan, il a choisi d’y vivre, malgré le décret de désignation de l’Empereur.
Le moine Lan Wu est un peintre moine reconnu de l’époque moderne. Il vit en ermite au Mont Jiuhuashan durant toute l’année, admirer ses mers de nuages, et ses levers de soleil. Il dépeint ces spectacles de montagne et d’eau, croque les brumes et colore les nuages empourprés. La montagne et l’eau vertes face à la porte sont les esquisses; le murmure du vent dans les pins et le son agréable des bambous au dehors restent des secrets de l’dhyâna; les paysages ravissants du Mont Jiuhuashan fascinent le moine Lan Wu toute sa vie. Avant son Illumination suprême, il a écrit un testament disant que son stûpa soit déposée au pied du pic Tiantai (Terrasse céleste).
Voici le bassin Liuchong, au pied du pic Shaowei, dans les Monts Jiuhuashan. Gravés dans le rocher, les trois caractères chinois disent « Roc de la tranquille et de la retraite ». Ils sont l’oeuvre d’un lettré appelé Liu Fang, du temps de l’empereur Qingli, sous la dynastie des Song du Nord. Ce lettré a vécu ici pour se plonger dans l’étude de la montagne et de l’eau, et dans la lecture et l’écriture. Son oeuvre intitulée « les Chroniques de Jiuhuashan » a atteint une renommée nationale, tant au sein de la cour que dans la campagne. Au mépris de ces hautes et dangereuses montagnes, de nombreuses personnalités réputées et de grands maîtres sont venus visiter le Mont Jiuhuashan. Parmi eux, les grands lettrés Wang Anshi et Song Dongpo.
Depuis milliers ans, des célébrités et des ermites ont légué au Mont Jiuhuashan d’innombrables salles de lecture, d’écoles, de maisons remarquables et d’habitations de montagnes. Et on ne peut s’empêcher de se demander qu’est-ce qui a séduit ces hommes pour qu’ils abandonnent les honneurs et les richesses en s’installant dans les profondeurs de la montagne et devenir de leur plein gré des montagnards du Mont Jiuhuashan.
En arpentant le Mont Jiuhuashan, on voit souvent passer ces silhouettes portant des palanches. Ce sont des aborigènes enracinés dans le terroir local. Leurs ancêtres sont essentiellement des tailleurs de pierre ou des charpentiers. Entre les dynasties des Ming et des Qing, la construction de monastères massifs a fait venir de nombreux artisans. Après les travaux, ils ont choisi de rester là et de devenir les premiers habitants du mont Jiuhuashan.
Dès lors, les habitations ont poussé comme des champignons. Respectueux de l’environnement saint du bouddhisme et des moines, les locaux ont longtemps interdit la vente d’aliments gras et de boissons alcoolisés. Et aujourd’hui encore, ils ne prononcent pas directement les noms des aliments gras. Par exemple, pour le poisson, ils disent baiweizi (agiter la queue), ou encore piaoshuizi (flotter sur l’eau) pour signifier un canard.
A l’approche du nouvel an, chaque foyer de la montagne doit se rendre au temple pour brûler de l’encens, et prier pour la paix et les voeux. On dit que si l’on est le premier à brûler de l’encens au temple, on bénéficie des meilleurs augures de toute l’année.
« Le ciel gagne du temps tandis que l’homme gagne de la longévité ; le printemps règne sur le ciel et la terre tandis que le bonheur règne dans le foyer ». La célébration du Nouvel An une importante tradition pour les Chinois. Mais nous entendons dire que les coutumes des habitants du Mont Jiuhuashan sont différentes. Ils passent le Nouvel An de deux manières.
Wang Jiagen, Habitant du Mont Jiuhua
« Il y a deux « Nouvel An ». L’un c’est « hun nian » (l’année non végétalienne), et l’autre c’est « su nian » (l’année végétalienne). A la veille de l’an végétalien, on doit nettoyer chez soi les bols et les baguettes. On les passe tout d’abord à la cendre, puis on les fait tremper dans de l’eau bouillie, et enfin, on peut les réutiliser. Il faut remettre des plats d’origine animale dans le placard de cuisine. Mais les aliments gras sont interdits. »
Pétards, feux d’artifices et danses des lampions dragons sont au menu du nouvel an végétalien de toutes les familles. Ces plats sautés ou grillés ressemblent à des mets d’origine animale. Mais en fait, ce sont des plats végétariens. A la veille du Nouvel An chinois, les gens doivent les porter au temple pour accompagner les moines pendant la célébration de la fête. Un fort sentiment familial se mêle à l’odeur agréable des plats et règne dans le coeur de chacun.
Voici la Salle du corps momifié, un lieu saint du Mont Jiuhuashan, où l’on vénère le Bodhisattva Ksitigarbha Jin. Chaque jour, des fidèles chinois et étranger y viennent en pèlerinage, brûler de l’encens. Ainsi, dans la rue Jiuhua, il n’y pas plus prospère que la vente des cierges et des bâtonnets d’encens.
En plus de leur passage au temple et de brûler de l’encens, ces pèlerins parfois venus de loin, estiment qu’acheter des animaux vivants pour les relâcher est aussi une belle action charitable. C’est pourquoi ces vendeurs sont là au moment voulu. Et on dirait bien que pour eux, les affaires marchent plutôt bien.
N’importe quel bienfaiteur important pour le temple, comme par exemple le donateur d’une grosse somme d’argent, peut faire graver son nom sur une de ces stèles de bienfaisance.
Après avoir accompli ces actions charitables et légué leur nom, certains pèlerins peuvent revenir, et d’autres non.
Ces dernières années, avec le développement du tourisme chinois, le nombre de visiteurs n’a cessé d’augmenter au Mont Jiuhuashan. Au contact de ces étrangers venus d’un peu partout, les habitants locaux se comportent avec sérénité.
« C’est probablement du bois de santal vert. »
« Y a-t-il différence entre ces deux ? »
« Oui, bien sûr. Nous Shanghaiens en parlons de manière réaliste.»
Il est inadmissible de faire du commerce sans honnêteté. D’ailleurs, je suis venu de loin, de Shanghai, et j’ai ouvert une boutique ici. C’est impossible que je ne sois pas honnête. Tous ont suivi de bons parcours. L’odeur parfumée ne disparaît pas. »
Cet homme s’appelle Zhang Liansheng. Avant sa retraite, il était gestionnaire dans une grande compagnie électromécanique de Shanghai. Il y a trois ans, il est venu au Mont Jiuhuashan pour ouvrir une boutique. La devanture est calme, la boutique du vieux Zhang est peu fréquentée. Et nombre de commerçants voisins se demandent pourquoi ce Shanghaien si clairvoyant est venu ici pour se lancer dans une mauvaise affaire.
Wang Xiaohua, Commerçant au Mont Jiuhua
« Je crois que M. Zhang n’arrive pas à faire du bon commerce. Nous, nous arrivons à gagner quelque chose chaque année. Mais, lui, il a des jours sans clients et il est toujours en déficit. Ca fait un peu pitié… »
Le vieux Zhang est venu seul vivre au Mont Jiuhuashan. Depuis trois ans, il se fait donc la cuisine lui-même.
La boutique est en location. Minuscule, elle sert à la fois au vieux Zhang de salle à manger, de chambre à coucher et de salon.
Ce vieux moine sur la photo s’appelle Rende. De son vivant, c’était un grand maître vénéré par tous. Lors d’un passage au Mont Jiuhuashan, Zhang Liansheng a fait la connaissance du grand maître Rende et en est devenu un disciple laïc. De nombreux maîtres du Mont Jiuhuashan ont été ses condisciples. Il y a trois ans, le grand maître Rende est décédé. Zhang Liansheng a donc décidé de venir en deuil au Mont Jiuhuashan, pour remercier son maître qui lui a témoigné tant de sollicitude. Le vieux Zhang a ouvert cette boutique à contrecœur. Mais malgré tout, il doit gagner assez d’argent pour assurer ses dépenses courantes.
La journée du vieux Zhang commence avec les premières lueurs du soleil.
Le vieux Zhang savoure ce moment comme le plus agréable de la journée : quand il dépose une petite table à thé devant sa boutique pour attendre ses amis.
Le vieux Zhang jouit ici d’une grande popularité. Car il est animé des hautes qualités des gens du Nord, mais aussi car il sait bien boire. Ses amis l’appellent « Esprit malin».
Certains s’activent pour boucler leurs affaires avant le retour, demain.
Certains répondent à l’appel de la famille et rentreront bientôt chez eux.
Devant ces gens passant à toute hâte, « Esprit malin » se dit que ces trois années ont passé comme la journée d’hier. Jamais le temps ne lui a paru long.
Souvent, à la tombée de la nuit, «Esprit malin » ferme sa boutique pour se promener dans la rue Jiuhua. Il apprécie sa tranquillité et sa beauté sans le bruit de la foule de la journée.
Aujourd’hui, « Esprit malin» a 60 ans. Alors, avec ses amis et quelques voisins, nous célébrons son anniversaire.
Zhang Liansheng, Commerçant shanghaien
« J’ai deux pensées dans le coeur. Si le grand maître était toujours vivant, il célébrerait mon 60ème anniversaire, et je serais si joyeux. Mais, il m’a quitté. Aujourd’hui, mes amis du Mont Jiuhuashan se réunissent pour célébrer mon anniversaire, je suis très content. Merci à tous. »
Aujourd’hui, c’est le 3ème anniversaire de l’Illumination suprême du grand maître Rende. Zhang Liansheng va donc à son stûpa lui offrir un sacrifice.
Depuis trois ans, en cas d’ennui, le vieux Zhang vient ici en parler à coeur ouvert à son maître. En cherche à s’en inspirer.
En quittant la pagode, l’interrogation dans le coeur du vieux Zhang n’a pas encore de réponse : l’échéance de trois ans est terminée. Doit-il finalement rentrer chez lui, à Shanghai ou décider de rester ici ?
Chanson de thé du Mont Jiuhua shan
« La couleur des monts Jiuhua, vert comme les pins
Neuf fleurs de lotus fleurissent dans les nuages
La couleur des monts Jiuhua, vert comme les pins
Neuf fleurs de lotus fleurissent dans les nuages
En mars, au printemps, les théiers sortent leurs bourgeons verts
Les montagnes de thé ondulent, le printemps est dans l’air. »
Le Mont Jiuhuashan et son enchevêtrement de cimes bénéficient d’abondantes précipitations. Les théiers du Mont Jiuhuashan se couvrent de brouillards matinaux et baignent le soir dans la pluie et la rosée. Les feuilles de thé y deviennent particulièrement tendres, parfumées et leur saveur se renforce. On dit que la semence de ces théiers a été apportée de l’étranger par le Ksitigarbha Jin. On l’appelle donc le « thé bouddhique ».
Si le thé bouddhique Jiuhua est renommé, c’est aussi grâce à son procédé de préparation très particulier. Ce vieux monsieur s’appelle Zhao Enyu. C’est un maître réputé du thé au Mont Jiuhuashan. La couleur, l’odeur et la saveur du thé qu’il prépare lui-même sont tout simplement parfaits.
Zhao Enyu, Villageois de Qiao’An
« Préparer du thé c’est comme faire la cuisine. Différents cuisiniers élaboreront des mets différents avec les mêmes ingrédients. L’important avec le thé c’est de maîtriser le temps du shaqing. C’est un procédé technologique de traitement du thé qui consiste à sécher à forte température les feuilles pour empêcher la fermentation et évacuer l’eau. »
La plantation de thé de Zhao Enyu se trouve au village Long’An. A près de 70 ans, Zhao vit du thé, c’est un authentique cultivateur de thé. Pourtant, il y a une trentaine d’années, il habitait très loin d’ici, à Beijing.
Zhao Enyu est né dans une famille distinguée des bords du Lac Taihu, dans la province de l’Anhui. A la fin des années 1950, à la fleur de l’âge, Zhao est admis à l’Institut sidérurgique de Beijing. Il y passe quatre ans d’études inoubliables. Après son diplômé, il choisit de travailler à Beijing. Mais en 1969, quand le pays a appelé les jeunes instruits à aller s’installer à la campagne et dans les régions montagneuses, il a décidé de lui-même de se rendre au village Long’An du Mont Jiuhuashan, alors qu’il ne figurait même pas sur les listes d’appel. Une trentaine d’années ont passées, les jeunes instruits établis à la campagne sont retournés depuis longtemps dans les villes. Mais, Zhao Enyu, lui, est toujours resté dans cette maisonnette, menant une vie simple. Il dit que c’est son propre choix et qu’il ne le regrettera jamais.
Zhao Enyu : villageois de Qiao’An
« Je portais ce genre de vêtements, et ils me disaient que je cherchais à imiter Huo Yuanjia. Mais, je m’habillais déjà comme ça quand je suis venu de Beijing. Alors peut-être qu’on peut dire que c’est Huo Yuanjia qui m’imite ? Désormais, certains s’habillent aussi comme ça. Alors, ce n’est pas moi qui rattrape l’époque, c’est l’époque qui me suit. »
Zhao Enyu connaît par cœur ce chemin qui longe le canal d’irrigation. Il l’a emprunté pendant une trentaine d’années. Dès son arrivée au Mont Jiuhuashan, il passait par là pour aller travailler aux champs. A l’époque, il ne savait pas comment manier une houe, sans parler du travail agricole ! Néanmoins, les villageois ont adoré cet étudiant de la ville, et ils attachent du prix à son talent. Et lui témoignent donc du respect.
Zhao Enyu : villageois de Qiao’An
« Nous avons planté du colza. Les huiles qu’on en tire ont été partagées entre habitants, 50 grammes par personne. A la fin, il restait quinze grammes. J’étais seul, mais ils me l’ont donnée. Ma première année dans l’équipe de production, j’ai ainsi obtenu 65 grammes d’huile. »
A l’époque où les slogans abondent, cette petite maison du Mont Jiuhuashan est devenue son paradis sur terre. Après le travail, il dévorait des livres historiques. Les villageois savaient que ces ouvrages étaient interdits car considérés comme liés au féodalisme, au capitalisme et au révisionnisme. Mais ils fermaient les yeux fermés et n’ont jamais interféré.
Vers midi, Zhao Enyu arrêtait son travail aux champs et rentrait chez lui. Tant d’années se sont écoulées, et il ne s’est pas marié, toujours solitaire.
Zhao cuisine peu lui-même. C’est un homme qui mène un train de vie peu ordinaire.
Cette petite fille vient de la famille voisine de Zhao, les Liu. Elle est venue avec son père inviter Zhao à manger chez elle.
Voici la maîtresse de maison de la famille Liu. Plus jeune que Zhao Enyu de plusieurs années, elle l’appelle toujours « grand frère ». Ces dix dernières années, le vieux Zhao a souvent mangé chez elle. Il paie cinq yuans chaque repas.
Réunis autour de la table pour les repas pendant près de dix ans, le vieux Zhao et les Liu s’entendent bien. Comme s’ils faisaient partie de la même famille. Les enfants l’appellent « grand-père ». Autrefois, le vieux Zhao aimait boire un peu de vin à chaque repas. Mais à cause de l’hypertension dont il souffre depuis quelques années, Liu Cuihua le lui a interdit.
Liang Changhua, Villageoise de Qiao’An
« Depuis seize ans, il prend ses repas chez moi. Nous le traitons comme s’il était des nôtres, quel que soit la situation. Nous l’aidons à laver ses vêtements. Ma femme lave ses vêtements lourds et ses couvertures par exemple. »
Aujourd’hui, deux amis de Zhao Enyu sont venus le consulter pour la préparation du thé. C’est un moment de grande satisfaction pour le vieux Zhao. Il a écrit un poème inspiré de ce que lui a appris l’art du thé pendant tant d’années. Et il l’a fait cuire sur sa tasse à thé.
« Les bourgeons sont verts pâles et jaunâtres,
Ils mesurent un demi pouce.
Cueillir du thé, les machettes portent l’odeur parfumée.
La fleur de l’âge est douce, mais l’aube est toujours froide. »
Les femmes essentiellement s’occupent de la cueillette du thé. C’est pourquoi « des doigts effilés pincent les bourgeons dans les branches ».
Et voilà !
Zhao Enyu préfère traiter le thé dans le silence de la nuit. C’est une étape clé du processus. Après avoir le séchage et la torréfaction, la cuticule des feuilles de thé se fend légèrement. Ainsi, l’odeur du thé peut sortir lors de l’infusion. Le vieux Zhao affirme que tout le monde connaît cette vérité, mais que de nos jours, de moins en moins nombreux de gens prennent le temps. Il déplore de les voir dépenser sans compter. Et il pense qu’il n’y a pas beaucoup de vrai thé de qualité supérieure.
En fait, Zhao Enyu consacre la plupart de ces nuits à la lecture plutôt qu’à la préparation du thé. Il dit d’ailleurs que le plus gros avantage de la vie dans ce village de montagne est de pouvoir se débarrasser de la routine du calendrier de travail, et d’être libre de faire ce qu’il veut. Issu d’une famille à l’histoire ancienne, il s’intéresse beaucoup à l’origine de la civilisation. Ces dernières années, Zhao Enyu a rédigé une série d’articles d’étude d’une importante valeur académique. Ses thèses comme « La longue histoire de la culture chinoise sous l’angle de la naissance de l’étude de Yi (changements)», et « Etude du début de la dynastie Xia », ont fortement intéressé les milieux académiques chinois.
A l’occasion du 40ème anniversaire de l’obtention de son diplôme, Zhao Enyu s’est rendu à Beijing pour un rassemblement d’anciens camarades de classe. Il avoue à propos de son expérience de vie et de l’accomplissement de son œuvre qu’il n’a rien à céder aux autres. Et d’ailleurs, son état intérieur est bien plus optimiste et plus serein.
Une nouvelle matinée ensoleillée.
Zhao Enyu savoure l’instant où il infuse une tasse du thé qu’il vient de préparer, dehors, près de sa maison, et où il écoute respectueusement chanter les oiseaux et les insectes.
La houe sur le dos, Zhao Enyu doit aller aux champs. Il a foulé ce chemin pendant près de 30 ans, et à chaque fois, il s’est senti rassuré. Car, comme le théier dans la montagne, il s’est enraciné dans cette terre, et sa famille est ici, au Mont Jiuhuashan.
|