Le Mont Jiuhua Ⅰ - Magique Mont Jiuhuashan 
cctv.com 07-01-01 20:30 

C’est la fin novembre sur le Mont Jiuhuashan. La saison n’est pas idéale pour les excursions en montagne, mais nous sommes quand même venus de loin, nous, simples hommes.

On a coutume d’appeler cet endroit « Le magique Mont Jiuhuashan». Magique, pourquoi ? Cette montagne est-elle vraiment aussi magique qu’on peut l’imaginer ?

En apparence, toutes les montagnes ne sont que des massifs de pierre inanimée. Et pourtant, elles prennent vie grâce à la nature qui les pétrit de formes uniques. Et ainsi, quand ces pierres s’animent, elles sont capables de comprendre l’homme.

Bien des montagnes de la planète sont couvertes de ces mêmes teintes de vert.

Parmi la multitude de montagnes célèbres qui jalonnent le fleuve Yangtsé, le vert du Mont Jiuhuashan est un peu particulier. C’est un mélange de la vigueur du nord et de la douceur du sud. Un vert plus profond, plus beau et plus discret aussi, qui mérite qui s’y attarde.

Wang Jiaoben est âgé de 76 ans. Depuis toujours, cet homme a gravi les échelons de la reconnaissance, passant du « paysan de la cueillette des herbes médicinales » lorsqu’il avait entre 20 et 30 ans, à « artisan de la cueillette ». Aujourd’hui, il a gagné encore plus de respect, en étant considéré comme le « maître de la cueillette ». Wang Jiaoben vit de la cueillette des herbes médicinales du Mont Jiuhuashan. Et ces soixante dernières années, il a franchi d’innombrables ruisseaux et précipices pour aller chercher ces trésors de la nature.

Pour prouver qu’il est l’un des premiers habitants du Mont Jiuhuashan, il montre souvent à ses visiteurs un registre généalogique parfaitement conservé. D’après cet ouvrage, c’est vers la fin de la dynastie des Ming que les Wang sont venus s’installer au Mont Jiuhuashan. Les hommes de cette famille travaillaient la terre et les femmes tissaient.

Ils mènent toujours aujourd’hui une existence paisible. Wang Jiaoben représente la 14ème génération de la famille Wang.

L’une des premières choses que Wang Jiaoben nous confie est l’origine du nom Jiuhuashan. Selon lui, la montagne le doit au grand poète chinois Li Bai.

Est-ce bien vrai ?

Feng Jianhui, directeur du Musée des vestiges culturels du Mont Jiuhuashan

« Voici une pièce de monnaie antique, frappée pendant le règne de Kaiyuan sous la dynastie des Tang. »

On rapporte que c’est le poète Li Bai qui a légué cette pièce de monnaie. Aujourd’hui, nous ne vérifierons pas son authenticité. Mais ce que nous pouvons confirmer est que Li Bai a bien marqué le Mont Jiuhuashan par sa présence. Li Bai est un grand poète et un grand buveur de la dynastie des Tang. Il est connu que c’est l’alcool a été son inspiration. Il a gravi à trois reprises le Mont Jiuhuashan.

D’après les annales locales « Observation réelle du Mont Jiuhuashan », « ce mont se caractérise par une beauté extraordinaire. Il est plus haut que les nuages, ses pics se superposent. Il y en a neuf, et ils évoquent l’image d’une famille de neuf enfants et petits enfants ». C’est pourquoi on l’appelle le Mont des Neuf enfants, le Mont Jiuzishan.

Feng Jianhui, directeur du Musée des vestiges culturels du Mont Jiuhuashan

« Durant la huitième année du règne de Tianbao, Li Bai, Wei Quanyu et Gao Ji ont fait une excursion au Mont Jiuhuashan. »

Le poète Li Bai est comme enivré devant la beauté du Mont des Neuf enfants. Mais dans son esprit, ce nom de Mont des Neuf Enfants est trop banal. Il manque d’imagination et de pertinence. Li Bai se met alors à improviser des vers… Il déclame sa vision de la montagne en floraison de lotus. Et c’est ainsi que le Mont des Neuf enfants est devenu le Mont Jiuhuashan, le Mont des Neuf lotus. C’est celui qui figure désormais sur toutes les cartes de la Chine.

Li Bai a ouvert la voie à de nombreux penseurs, écrivains et autres poètes sur les sentiers du Mont Jiuhuashan. Tous y ont puisé une merveilleuse inspiration et distillé des écrits magnifiques.

Au premier regard, on est fasciné par l’étrangeté de cette montagne. C’est un don du ciel.

Parmi les milliers de montagnes célèbres sous les royaumes de Chu et de Yue, c’est la seule qui soit à la fois imposante et fantastique

Au sud du fleuve Yangtsé, aucune montagne n’est aussi abrupte et belle que le Mont Jiuhuashan.

Notre prochaine étape est une stèle. Nous nous dépêchons pour découvrir ce qui nous permettra, peut-être, de lever un peu plus le voile sur les secrets du Mont Jiuhuashan.

Cette stèle loue les « exploits et les vertus ». Dans l’antiquité, elle servait à glorifier les bienfaiteurs.

Stèle des exploits et des vertus de la dynastie des Ming

Mais ce qui nous intéresse, ce n’est pas vraiment le nom gravé sur la stèle, c’est plutôt ce fossile d’arbre. En observant bien, on peut déduire que cette roche est vieille de plusieurs dizaines de milliers d’années. Sa présence ici prouve que le Mont Jiuhuashan s’est formé il y a plus de 80 millions d’années.

Au milieu des touristes, nous avons remarqué la présence d’un étranger montre un intérêt particulier aux pierres du Mont Jiuhuashan.

Emile Gérard, géologue européen

- Bonjour.

- Bonjour.

- D’où venez- vous?

- De Belgique.

- Pourquoi vous intéressez-vous à ces pierres ?

- Je suis géologue.

De ses doigts de fée, la nature a donné au Mont Jiuhuashan un visage fait de rochers plus étranges les uns que les autres.

Le granit subit la litanie des intempéries, et avec le temps, l’immense montagne se creuse et se sculpte en pics et vallées pittoresques.

Emile Gérard, géologue européen

« C’est une variété de granit qui a longtemps été profondément enfouie sous terre. Et cette roche est peu à peu apparue en surface. Les intempéries et les changements climatiques ont forgé l’apparence actuelle au Mont Jiuhuashan, une montagne vraiment fantastique. »

Nous aimerions bien connaître le site préféré d’Emile Gérard.

Emile Gérard, géologue européen

« Le pic Tiantai. C’est le point culminant. »

Les fantaisies du relief ont fait la célébrité du Mont Jiuhuashan. Les formes de la montagne résultent d’un modelage de la matière, mais l’élégance sereine du massif est, elle, tout à fait immatérielle.

Le Mont Jiuhuashan s’élève dans la zone subtropicale, où sévissent par l’humidité et les moussons. Il y fait frais, la pluie est abondante. A l’endroit où la chaîne de montagne et le bassin se rencontrent, l’air bute et se transforme en un brouillard qui stagne sur le Mont Jiuhuashan plus de 160 jours par an.

Ce brouillard constitue une sorte de barrière naturelle exceptionnellement favorable. Grâce à cette humidité silencieuse, tout devient vivant, tout s’anime.

«Quel est le cri des salamandres géantes ? »

« Les enfants, vous pensez que les salamandres géantes sont heureuses de vivre ici ? »

« Non »

« Où est leur foyer ? »

« Dans la nature !»

Le climat avantageux favorise la le développement de la faune et flore. Dans ce lieu saint du bouddhisme, il est interdit d’abattre les arbres, et de tuer les animaux. Et ainsi, le Mont Jiuhuashan conserve son environnement biologique si riche.

Le vieux Wang Jiaoben a passé toute sa vie à cueillir des herbes médicinales dans la montagne. Il a engrangé d’innombrables expériences au fond de lui et désire les transmettre à la future génération. Mais aujourd’hui, très peu de jeunes veulent prendre la relève. Ce métier peut s’avérer dangereux, car il faut toujours prendre des risques pour trouver les herbes médicinales rares… Et en plus, la cueillette n’est pas une activité très payante.

Le vieil homme a maintenant un jeune assistant. Il peut lui apprendre à cueillir les herbes médicinales. Wang Jiaoben en est profondément soulagé.

« Est-ce que tu es sûr de bien l’attacher ? »

« Il y a des umbilicaria esculenta ? »

« Non, il n’y en a pas. Je n’ai rien vu. »

« Et en bas ? Vas voir de l’autre côté. »

Pendant que nous filmons Wang Jiaoben et son disciple effectuer leur cueillette, une scène réveille notre peur. Pour accéder à des herbes rares sur une falaise très abrupte, ils s’attachent à une corde et se suspendent au-dessus du précipice le long du flanc de montagne. La manœuvre est vraiment périlleuse ! Si on ne les avait pas vu à l’oeuvre, on ne l’aurait sans doute pas cru. Et c’est pourtant le quotidien des cueilleurs du Mont Jiuhuashan.

« C’est une bonne plante médicinale?»

« Quelle plante, quel est son nom ? »

« C’est l’Epimedium Sagittatum, ou herbe à chèvre en chaleur. »

« La plante a la forme d’un poumon, avec ses deux lobes tombant. Là aussi il y a deux feuilles tombantes. On dirait vraiment un poumon. »

« Voilà encore une belle plante, c’est le myrsinaceae. »

« Quel genre de maladie peut-on soigner grâce à elle ? »

« La constipation. »

On dit que de la montagne fantastique naissent des plantes fantastiques. Tous les habitants du Mont Jiuhuashan se prosternent régulièrement devant le Bouddha de Bhaisajyaguru, le bouddha thérapeute. C’est un vieux temple dédié au Bouddha thérapeute. Il n’est pas très grand, mais, les fidèles y sont nombreux pour brûler de l’encens et des cierges.

Un proverbe chinois dit : « Qui habite dans la montagne vit de ses produits. » Et au Mont Jiuhuashan, on compte effectivement d’innombrables boutiques d’herbes médicinales et de fortifiants. Dans celle-ci, le patron nous présente avec enthousiasme une plante miraculeuse que l’on ne trouve qu’au Mont Jiuhuashan.

« Entrez, entrez... Ce sont des Huangjing, ou Rhizoma Polygonati. Celle-là, on vient juste de la cueillir. C’est très très frais. Elle développe un noeud par an… Un seul nœud par an. »

« Celle-là a donc six ans. C’est plutôt rare. »

« Cette plante peut activer la circulation du sang, tonifier les reins et faire baisser la tension artérielle. »

« Et ça c’est des Rhizoma Polygonati ?»

« Oui. Ce sont des racines fraîches aussi. Et là, elles sont séchées. On va les faire macérer dans de l’eau-de-vie, et y faire mijoter du poulet ou des côtelettes. Ca, on peut le tremper dans le thé, directement. Venez voir, ici, ce sont les meilleurs Rhizoma Polygonati que j’ai. On les a fait cuire à la vapeur et on les a séchés à neuf reprises. Vous pouvez goûtez, allez-y. »

« Combien coûte un demi kilo ? »

« C’est cher, on le vend environ une centaine de yuans. »

« Ce n’est pas donné... »

« C’est parce qu’on les a fait cuire à la vapeur et sécher neuf fois. Ce sont les meilleurs. »

« Peut-on en manger et s’en nourrir? »

« Oui, bien sûr. Le Bodhisattva Ksitigarbha, le Gardien de la Terre que vous venez de vénérer, mange de l’Huangjin, Rhizoma Polygonati lors qu’il pratique le bouddhisme. Il ne mange même rien d’autre que du Rhizoma Polygonati.»

« Dans la Salle du centenaire, il y a un Bouddha momifié qui a vécu jusqu’à l’âge de 126 ans. Lui aussi mangeait des Rhizoma Polygonati. Sans doute parce que cette plante active la circulation sanguine, tonifie les reins et réduit la tension artérielle. Quelques doses quotidiennes suffisent. On peut en prendre le matin et le soir. »

Ce vendeur embellit sans doute un peu les choses. Mais des ouvrages historiques relatent que le moine Wuxia de la Salle du centenaire est décédé à 110 ans. Mais cette remarquable longévité est-elle vraiment due au Rhizoma Polygonati ? Cette plante a-t-elle vraiment un tel pouvoir? De quel genre de plante médicinale est-elle ?

D’après « Compendium de Materia Medica », le Rhizoma Polygonati a la forme du gingembre et pousse pour l’essentiel sur le Mont Jiuhuashan. C’est l’une des meilleures herbes médicinales pouvant fortifier la santé.

Salle du centenaire

Sous le règne des Ming, le moine Wuxia avait 26 ans quand il a quitté le Mont Wutaishan, au Shanxi, pour marcher jusqu’au Mont Jiuhuashan, dans la province de l’Anhui. Son voyage a duré sept mois. Il s’est installé dans une grotte dès son arrivée. Pour toute nourriture, il consommait du Rhizoma Polygonati, des lis et d’autres fruits sauvages. Et il s’est mis à pratiquer le bouddhisme.

Né en 1513 à Shuntian Wuanping (aujourd’hui Beijing)

Décédé la 3ème année du règne de Tianqi, sous la dynastie des Ming

Voilà le corps momifié du moine Wuxia. Il a plus de 400 ans et reste toujours conservé dans un parfait état. C’est un vrai miracle.

La troisième année du règne de Chongzhen de la dynastie des Ming, soit sept ans après le nirvâna du moine Wuxia, un officiel gravit le Mont Jiuhuashan pour brûler de l’encens un soir de haute lune et de vent froid. Et, il aperçoit un étrange rayon, brillant au sommet de Dongyafeng. N’écoutant que son courage, et il part aussitôt à la recherche de ce rayon, à la tête d’un groupe d’hommes. Arrivés sur place, ils voient un moine assis dans une grotte. Mais en s’approchant, ils constatent qu’il est mort. Mais le plus surprenant, c’est que ce moine a toujours bonne mine. Ses muscles sont toujours souples. A côté de lui, ils trouvent une autobiographie et un soutra écrit au sang… Et ils comprennent alors qu’il s’agit du corps momifié du moine Wuxia.

Des centaines d’années se sont ainsi écoulées. Et la plupart des corps momifiés du Mont Jiuhuashan colportent de nos jours des légendes historiques. Mais le seul que l’on conserve et qu’on montre au public est le moine Wuxia.

Ce qui nous intrigue particulièrement n’est pas la raison de la longévité du moine Wuxia, ou de savoir s’il mangeait du Rhizoma Polygonati… ce qu’on aimerait comprendre c’est comment ces nombreux corps momifiés que nous découvrons partout dans ce lieu magique ont pu résister à la très forte humidité du Mont Jiuhuashan. Et il est difficile de croire au miracle. L’histoire du bouddhisme chinois ou étranger ne porte quasiment pas de trace de ce phénomène des momies du Mont Jiuhuashan. Ce qui nourrit un peu plus notre curiosité.

Et nous ne sommes pas les seuls. Le secret des corps momifiés du Mont Jiuhuashan tient toujours en haleine historiens, biologistes, anthropologues et archéologues.

La plupart des moines du Mont Jiuhuashan vivent longtemps. Pour diverses raisons. On explique d’abord qu’ils ne sont pas égoïstes ni animés de considérations personnelles, qu’il vivent à l’écart du monde, qu’ils ont un coeur pur et se consacrent entièrement au bouddhisme ; d’autre part, on dit aussi que la beauté du paysage et leur alimentation particulière sont aussi des secrets de leur longévité.

Ces dernières années, Wang Jiaoben a planté beaucoup d’herbes médicinales dans son jardin botanique. Il peut les vendre à bon prix sur les marchés.

« Maître Wang, où est votre maison ? »

« Voilà, c’est ma maison. »

Nous remarquons que la petite cour n’abrite pas seulement la famille des Wang, on y trouve aussi un temple. Dans cette cour, la pièce principale est à Wang Jiaoben. Il la loue depuis quelques années. C’est quelque chose de courant au Mont Jiuhuashan : des laïques et des moines vivent sous le même toit et de simples maisons peuvent servir de temple.

Le Mont Jiuhuashan se caractérise aussi par ses multiples temples. A son apogée, sous le règne des Ming et des Qing, on en recensait environ 300, qui abritaient plus de 4000 moines. De nos jours, il en reste à peu près 90, grands et petits, où vivent plus de 600 moines. Ce site est toujours considéré comme l’un des quatre grands monts du bouddhisme.

Ce sont deux étrangers qui ont fait du Mont Jiuhuashan le lieu saint du bouddhisme chinois qu’il est aujourd’hui. Des étrangers sont régulièrement venus en Chine pratiquer le bouddhisme, c’est un phénomène historique avéré. Mais seul le Mont Jiuhuashan est réservé aux rites bouddhistes grâce à la présence de moines étrangers. Mais pourquoi ces deux moines étrangers ont choisi le Mont Jiuhuashan pour faire rayonner le bouddhisme ?

He Minxue, responsable de la municipalité de Chizhou

« Si le Mont Jiuhuashan est devenu un site réservé aux rites bouddhistes, c’est grâce aux conditions particulières, à la beauté du paysage, et à la qualité de l’environnement. C’est un lieu idéal pour se reposer et faire rayonner la loi. »

Le Bouddhisme a été introduit au Mont Jiuhuashan à l’époque des Jin de l’Est (317-420). Un moine venu de l’Inde antique y a fait construire une petite chaumière et s’y est installé comme missionnaire. Il s’agit du fondateur du bouddhisme du Mont Jiuhuashan.

En 756, un grand événement survient en Chine, « l’agitation d’Anshi ». Face aux troubles de la guerre, de nombreux hommes de lettre se réfugient au Mont Jiuhuashan.

He Minxue, responsable de la municipalité de Chizhou

« Le Mont Jiuhuashan est doté de conditions naturelles très avantageuses. Il se trouve au bord du fleuve Yangtsé. Et dans la Chine antique, c’était très pratique pour le transport fluvial. En plus, on y trouve de bonnes conditions géographiques, de belles plantations et un bon réseau aquatique naturel. »

Le temple de Huachen a été construit deux ans après « l’Agitation d’Anshi ». On y a fait venir un étranger, ce qui a eu pour effet d’attirer de plus en plus de fidèles. Très vite, ce moine étranger est devenu l’un des trois plus grands moines du bouddhisme chinois, auréolé de la même réputation que Xuanzang et Jianzhen.

En 696, la famille royale de l’Etat de Silla fait face aux Tang, de l’autre côté de la mer. Un garçon naît dans cette famille, on l’appelle Kim Gio-giak. A l’âge adulte, ce dernier n’a qu’une idée en tête : pratiquer le bouddhisme. Il prend Di Zang comme prénom de loi, car son nom de famille est Jin, ce qui signifie « or ». Et on l’appelle dès lors avec respect Di Zang d’Or.

Sous le règne Kaiyuan de la dynastie des Tang, Di Zang d’Or est venu en Chine. Il a longtemps foulé les pics et les vallées avant d’arriver et de s’exclamer d’admiration aux pieds du Mont Jiuhuashan, alors appelé Jiuzishan. C’est alors qu’il a choisi le Mont Jiuhuashan pour pratiquer le bouddhisme. Il y a vécu 75 ans, bravant la chaleur et le froid pour propager le bouddhisme. Lorsqu’il devient l’incarnation du Bouddha, Di Zang fait sa célébrité du Mont Jiuhuashan tant en Chine qu’à l’étranger.,.

Alors que Di Zang d’Or se perfectionne dans la pratique du bouddhisme, le poète Li Bai venait souvent marcher au Mont Jiuhuashan. Et il est possible d’après nos calculs que les deux hommes se soient croisés. Cette rencontre a-t-elle eu lieu ? Etaient-ils en contact ? On a beaucoup cherché des réponses dans les documents historiques, en vain.

Et nos hypothèses restent jusqu’ici des énigmes éternelles pour tout le monde.

Li Bai a des liens innés avec le Mont Jiuhuashan où l’on raconte beaucoup d’histoires sur ce grand poète chinois.

« Après avoir changé le nom du Mont Jiuzishan, en Mont Jiuhuashan, Li Bai y a fait construire une chaumière. Là, on peut voir un puits, on l’appelle le « puits de Li Bai ».

Un jour que Li Bai buvait un bon vin du cru, l’inspiration lui est venue… Il est sorti dans sa cour et a chanté ce vers : « Quand on est satisfait de sa vie, on doit s’en donner à coeur joie, il ne faut jamais boire un verre d’or face à la lune. Je suis un homme de talent, je suis condamné à être utile, même si on laisse couler tout l’argent qu’on a, il reviendra ». Et dans la foulée, il a lancé en l’air des sapèques qu’il tenait dans la main. Là où elles ont atterri, deux arbres ont poussé, portant des feuilles d’or. C’est ainsi qu’on surnomme cet arbre « Jinqianshu », ou arbre aux feuilles d’or.

Mais aujourd’hui, quand on ramasse ces feuilles, on ne dit pas qu’elles se transformeront en or, car elles ont de toutes autres facultés.

« Maître Wang, qu’est-ce que c’est ? »

« C’est l’argent que Li Bai utilisait pour acheter du vin. »

« Ces feuilles, là, c’est un médicament ? »

« Oui. Elles peuvent soigner les crampes infantiles. »

Les quatre saisons se succèdent. Et chaque année, la végétation jaunit et renaît. La marche incessante du climat rend la montagne encore plus belle et plus fantastique.

Le Mont Jiuhuashan entre dans un nouvel hiver.

La nature a sculpté la montagne. Mais un grand peintre en a aussi tiré une oeuvre en puisant au plus sombre de la palette pour évoquer l’hiver sur le Mont Jiuhuashan.

L’hiver est là… mais le printemps est-il encore loin ?

Le vieux Wang Jiaoben est habitué aux changements climatiques à Jiuhuashan. Et demain, au lever du soleil, il sera dans la montagne, à cueillir des plantes médicinales, comme tous les jours depuis plus d’un demi-siècle...

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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