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Hongkong compte 6,7 millions d’habitants dont la plupart sont Chinois. Certains sont enracinés dans le terroir et d’autres sont immigrés. On trouve dans cette ex-colonie britannique des gens en provenance du monde entier, et naturellement beaucoup d’Anglais. Ces citoyens apparemment si différents peuvent-ils cohabiter harmonieusement à Hongkong ? Peuvent-ils tous s’adapter aux changements qui s’opèrent dans la société hongkongaise ? Suivez-nous dans notre programme « J’habite à Hongkong ».
Depuis 28 ans, M. James arrive à 7h30 du matin à l’école. Il en est le proviseur. Son nom chinois est Dawei Zhan.
Chaque jour, sa première tache est l’enregistrement de tout ce qu’il faut faire dans la journée. Ce téléphone noir le suit partout depuis 25 ans. Il raconte que malgré les propositions, il n’en changerait pour rien au monde.
Bonjour ! Bonjour !Parlez-vous le mandarin ?Le mandarin ? Oui.Enfin comme ci, comme ça. C’est vrai ?Essayez de bavarder avec eux alors ! Il parle un peu le chinois standard. Parlez-vous bien le mandarin ? Non, pas très bien.D’où venez-vous ? De Hongkong.Hongkongais, ah ? Si vous êtes Hongkongais, alors vous parlez cantonnais, n’est ce pas ?Bien sûr.
L’Island School de Hongkong ne recrute que des élèves anglophones. Toutes les langues autres que l’anglais sont considérées comme étrangères.
J’ai reçu une éducation britannique depuis l’enfance. Aujourd’hui, j’aime beaucoup mon travail. Je pense que j’ai de la chance, parce que j’ai pu monter sans cesse en grade. Quant à ma femme, elle s’occupe de nos enfants et de notre famille, elle trouve aussi que Hongkong est une ville confortable où il fait bon vivre.
Dans l’Island School, les enfants viennent des 4 coins du monde pour faire leurs études en harmonie. J’aimerais que la planète soit aussi harmonieuse que cette école.
Les élèves de cette classe apprennent actuellement le mandarin. Aujourd’hui, ceux qui parlent bien le mandarin sont très demandés à Hongkong. C’est la raison pour laquelle M. James a décidé d’ouvrir une classe de mandarin.
As-tu des frères et sœurs ? Oui.Combien ? Deux.Ce sont des frères ou des sœurs ? Deux sœurs.
Les enseignants de mandarin nous ont dit que cette langue est de plus en plus importante dans la vie des Hongkongais. Ainsi, de très bons manuels scolaires ont été rédigés.
Li Xiaoli, est originaire de la province du Yunnan, en Chine du Sud-Ouest. Elle a émigré à Hongkong il y a 10 ans. Elle y a créé la chaine de restaurants « A Shi Ma ». En inspectant n’importe lequel de ses restaurants, elle commence immédiatement au travail, si les clients sont nombreux. Elle travaillait auparavant dans un hôpital du Yunnan, et une fois à Hongkong, elle a dû repartir à zéro : trouver un travail, faire des études pour obtenir un nouveau diplôme, et finalement créer, avec des amis, une chaine de restaurants cuisinant les spécialités du Yunnan. Elle est vraiment passée par toutes sortes d’épreuves.
« Le diplôme de fin d’études délivré par la partie continentale chinoise n’est pas reconnu à Hongkong. Il nous faut obtenir un diplôme local pour travailler dans un laboratoire ou dans un hôpital. »« A cette époque-là, je devais changer 3 ou 4 fois d’autobus et passer à peu près 3 heures par jour dans les transports pour aller suivre les cours du soir à l’hôpital Marie, après le travail. Je me rappelle qu’un jour, il pleuvait des hallebardes, et il n’y avait plus de bus quand je suis sortie de classe. Je suis arrivée chez moi à une heure du matin, trempée jusqu’aux os et complètement épuisée. Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater en sanglots. »« Je ne pouvais pas communiquer avec les gens quand je suis arrivée à Hongkong, car je ne parlais pas un mot du dialecte. Pour parler au plus vite le cantonnais, je regardais la télévision presque tous les soirs, et étudiais seule des livres et des cassettes de cantonnais que j’avais achetés. Je répétais les phrases du manuel tous les jours, et c’est comme ça que j’ai pu parler cantonnais en seulement un an. Bon, ce n’est toujours pas parfait, mais ça passe.
Dans cet immeuble habite l’ancien directeur de l’Office du Premier secrétaire sous l’autorité britannique, il s’appelle Zhong Yijie en chinois. A son arrivée à Hongkong en 1957, il s’est tout de suite efforcé de comprendre les Hongkongais, leur culture, leur histoire et leurs aspirations.
« Voilà Kowloon il y a 30 ans. »
« Ça, c’est le pont Mawan. »
48 ans ont passé, et il a consacré toute sa vie à Hongkong. Lui et sa femme étaient très attachés l’un à l’autre. Mais il y a quelques années, elle est décédée. Cependant, il est toujours lié à Hongkong.
« J’ai beaucoup d’amis à Hongkong, ils m’appellent tous ‘oncle Zhong’. Tout le monde, y compris les chauffeurs de taxi ».
Qu’est ce que vous aimez le plus à Hongkong ?Les gens.Pourquoi les gens ?Parce que j’y ai presque tous mes amis. Le plus important pour moi, ce n’est pas le temps qu’il fait, les montagnes ou la rivière, c’est les amis.
M. Zhong a publié récemment ses mémoires intitulées en chinois « La pierre incline la tête » .
Le titre de mes mémoires en anglais est « traverser la rivière en tâtant les pierres. » C’est une phrase prononcée par Deng Xiaoping.
Les cours d’entrainement de l’escadre supérieure de la Ligue de la Jeunesse hongkongaise de navigation aérienne se poursuivent. Le vice-commandant Li Weirong y fera aujourd’hui la revue des résultats aux exercices. La Ligue de la Jeunesse de navigation aérienne de Hongkong est un groupe financé par le Département des affaires civiles de Hongkong et le Fonds consacré au bien-être public. Elle comprend plus de 700 membres adultes et plus de 3100 élèves. Elle a pour but d’aider les jeunes à apprendre tout sur l’aéronautique.M. Li Weirong travaillait auparavant à l’étranger. Il habitait à Singapour avec sa famille. Mais ces dernières années, avec la nouvelle poussée du développement à Hongkong, il a décidé de revenir.
J’ai adhéré à ce groupe il y a plusieurs dizaines d’années. Je me rappelle que je me suis assis là comme vous l’êtes aujourd’hui. Au cours des 10 minutes d’exercices, vous pouvez apprendre beaucoup de choses. Si vous désirez devenir un pilote ou un mécanicien aéronautique, aujourd’hui, c’est une bonne occasion. Aider les jeunes à réaliser leur rêve, c’est la responsabilité des instructeurs. La Ligue de la Jeunesse de navigation aérienne est une grande famille dans laquelle vous pouvez apprendre beaucoup. Mais la réussite provient avant tout de vos propres efforts.
« Dans ce groupe, je ne suis qu’un travailleur bénévol. Ce n’est pas ma profession officielle. Je suis en réalité directeur général administratif d’une maison d’édition. »
La maison d’édition de M. Li Weirong se nomme « Fenêtre du ciel ». Cela signifie qu’il faut ouvrir la fenêtre pour dire la vérité. C’est à dire offrir la meilleure plate-forme de publication aux élèves, professeurs, parents d’élève, gestionnaires et créateurs afin d’exalter leur ardeur, de réfléchir indépendamment, et de poursuivre un idéal.
Je fais de la publication depuis presque 15 ans. Je travaillais auparavant dans une maison d’édition internationale et maintenant j’ai ma propre boite. J’ai aussi enseigné l’anglais, l’économie et la géographie dans une école secondaire pendant ma jeunesse.
Je pense que Hongkong est une terre d’opportunités où chacun peut remporter des succès à condition qu’il saisisse sa chance et travaille dur. J’ai vraiment de la chance parce que j’ai une équipe d’employés excellente. Tout le monde s’efforce de réaliser l’objectif de notre société. J’ai la conviction que notre entreprise a un grand potentiel de développement. Au fur et à mesure de la fusion économique de Hongkong et de l’arrière-pays, le marché hongkongais prend encore plus d’importance. Je pense que les économies des deux rives du détroit de Taïwan, de Hongkong et de Macao se développeront encore davantage et finiront par s’assimiler.
Voici la résidence du proviseur de l’Island School.
Je suis enseignant d’histoire. Mais à l’époque-là, c’était très difficile de trouver un travail en Grande-Bretagne. J’ai envoyé mon CV à de nombreuses écoles et j’ai enfin trouvé le job à Hongkong. J’ai dit à ma femme que je ne travaillerais que deux ans à Hongkong. Deux ans, c’est court. Et je ne voulais pas vivre le chômage. Nous sommes alors venus à Hongkong. Que le temps passe vite ! Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’était il y a 28 ans. « Elle (ma fille Angray ?) est née à Hongkong, et sa sœur aussi. »
Est-ce qu’il y a eu des changements dans votre vie ou dans votre travail après le retour de Hongkong à la Chine ?« Pour moi, il n’y a pas eu beaucoup de changements. J’avais certes de nombreux amis hauts placés dans le gouvernement local et dans la police de Hongkong sous l’autorité britannique. Ils ont été obligés de terminer leur carrière et de rentrer en Grande-Bretagne après le retour de Hongkong à la Chine en 1997. Mais ce type d’aléas n’a pas exercé une grande influence sur notre vie car nous sommes enseignants. Notre travail consiste juste à enseigner des connaissances.
Quelques mois avant le retour de Hongkong à la Chine, les Hongkongais nous appelaient « les diables blancs » ou encore les « colonisateurs ». Mais quelques semaines plus tard, ils nous disaient avec le pouce levé : « Vous êtes vraiment des braves types ». On s’est d’abord demandé s’il ne vallait pas mieux s’enfuire avant la rétrocession. Mais finalement on est resté.
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec mon père. Je pense qu’il y a eu aussi des changements dans notre vie. Avant 1997, les étrangers qui venaient à Hongkong pouvaient trouver de bons jobs et mener une vie confortable. La plupart d’entre eux travaillaient dans les milieux financiers. Mais aujourd’hui, les choses ont un peu changé. L’anglais n’est plus ce puissant talisman qui vous ouvrait toutes les portes, parce que les Chinois qui sont rentrés du Canada et d’Australie parlent non seulement l’anglais, mais aussi le cantonnais et le mandarin. Les Anglais sont peu nombreux à maitriser ces trois langues.
Les jeunes d’aujourd’hui font face à une situation plus pénible que la notre à leur âge. Auparavant, pour un Britannique, il était très facile de trouver un travail à Hongkong. Mais aujourd’hui, si un anglais veut s’installer ici, il lui faut trouver à l’avance un travail ainsi qu’un organisme d’accueil. Sinon, les chances de réussites sont vraiment très minces.
Angray est une animatrice de la chaîne en anglais à Hongkong. Elle aime beaucoup son travail et nous dit qu’elle sait pertinament qu’elle n’aurait pas eu une telle opportunité en Grande-Bretagne.
M. Zhong a pris sa retraite en 1987. Aujourd’hui, il se dit qu’il est trop vieux pour retourner en Grande-Bretagne, il n’y connait presque plus personne. Il pense donc qu’il vaux mieux rester à Hongkong, car il lui reste encore beaucoup de choses à y faire.
Pour bien connaître la culture chinoise, ma femme et moi avons visité de nombreux sites touristiques en Chine, dont les plus célèbres monts : Huangshan, Taishan et Emeishan. Nous avons aussi visité pas mal de parcs.
Je suis aussi administrateur dans plusieurs sociétés commerciales. J’ai beaucoup d’affaires sur le feu, mais j’ai quand-même le temps de m’intéresser aux problèmes politiques, et socio-économiques de Hongkong. J’aide donc de temps à autre les spécialistes et les organisations concernées à résoudre leurs problèmes.
Comme partout, il subsiste des problèmes à Hongkong. Mais la population adopte la bonne attitude à leur égard et s’efforce de les surmonter. J’ai la conviction que Hongkong jouera un rôle important dans le développement économique de la Chine.
J’ai commencé à apprendre le mandarin à 78 ans, je suis l’élève le plus vieux de ma classe.
Demain, Mme Li Xiaoli et son frère cadet rentreront par avion dans le Yunnan pour discuter avec leurs amis pour présenter la culture folklorique et les spécialités culinaires du Yunnan au monde entier. Ce soir, la famille de Li Xiaoli se réunit pour en discuter. Mme Li Xiaoli nous livre ses impressions sur Hongkong :
Ça fait longtemps que je suis à Hongkong, c’est ma ville d’adoption. Si mes affaires y ont connu un développement rapide, c’est grâce à l’aide de mes amis hongkongais. Je leur en serai éternellement reconnaisante.
Quelques fois je me rassure en constatant que je n’ai pas perdu mes racines du Yunnan, parce qu’au fond, j’ai toujours les conceptions traditionnelles de mon pays natal, et peux encore communiquer facilement avec les gens de ma province. En revanche, il y a des fois où je me surprends en véritable Hongkongaise, avec la mentalité et tout, parce que je parle aussi très facilement avec eux. Mais parfois aussi, j’ai l’impression de n’être ni du Yunnan, ni de Hongkong. C’est une sensation assez curieuse.
Après avoir surmonté ses difficultés, Mme Li Xiaoli a remporté ses premiers succès en affaire. Quels sont donc ses prochains objectifs ? En tant qu’immigrée, est-ce qu’elle pourra réellement s’intégrer à la société hongkongaise ?
Les plats du restaurant « A Shi Ma » aux spécialités du Yunnan sont raffinés et leur origine garantie. L’objectif de Mme Li Xiaoli est de diffuser sa culture et sa cuisine, le principe de son établissement est donc de préparer les plats les plus typiques et les plus singuliers. Et pour s’assurer du goût originel, presque toutes les matières premières sont importées.
Depuis quelques années, je m’occupe aussi des affaires de l’Association des restaurants de Hongkong. Dans cette association, on s’entraide tout le temps, et moi je m’efforce de coordonner les activités des différentes parties. On me respecte pour la qualité de mon travail et on m’a même élue vice-présidente de l’organisation. C’est en très grande partie grâce à cette aide associative que j’ai pu réussir dans la vie. Je suis vraiment contente de la tournure qu’ont pris mes affaires, et je sais bien que c’est parce que j’ai consacré beaucoup de temps à l’intérêt public. D’ailleurs, j’ai encore adhéré à d’autres organisations de service dont le Lion Club de Wanchai, où cette année, j’ai aussi été élue présidente.
En ce moment, Mme Li Xiaoli est souvent sur le devant de la scène. Elle n’est plus une inconnue au bataillon pour les Hongkongais. Elle s’est complètement intégrée à la société locale. Pour cela, elle nous confie que son esprit d’initiative et son indépendance lui ont beaucoup servis.
M. Li Weirong est d’origine hongkongaise. Bien que sa mère soit une femme de la minorité Hakka, il n’en parle pas très bien le dialecte, il parle le cantonnais. M. Li Weirong a travaillé à l’étranger avant que sa famille se réinstalle à Hongkong. Pourquoi ont-ils pris cette décision ? Il nous raconte :
Je suis né et ai fait mes études à Hongkong, c’est mon pays natal. En outre, je trouve qu’il est encore plus dynamique que Singapour, car il y a ici un plus grand espace de développement, du fait de la proximité avec la partie continentale de la Chine. Tout le monde sait que c’est le marché de l’avenir. Je suis allé travailler à Singapour, pour élargir mes horizons et tisser un réseau relationnel. Mais Hongkong reste le meilleur endroit qui soit lorsqu’on est un peu ambitieux.
Ces jours-ci, la réunion annuelle des Lions Clubs du monde entier, une organisation caritative internationale, se tient à Hongkong. Plus de 20 000 membres sont venus des 4 coins de la planète pour participer à la rencontre et collecter des dons. M. Li Weirong y travaille actuellement bénévolement auprès des membres de la Ligue de la Jeunesse pour la navigation aérienne. Il nous explique ce qu’il aime dans cette activité :
C’est du bénévolat, mais j’adore ça. J’apprends à mes élèves à piloter des avions ou à rendre simplement service à la société. Ils participent à toute sorte d’activité, quelles soient chapeautées par les autorités locales ou des associations indépendantes. L’entraide c’est capitale.
Parlant de son passe-temps favori, M. James nous confie sans hésitation que c’est chanter. La chorale masculine Wales dont il est le chef a été fondée il y a 26 ans. Ses 600 membres viennent de 11 pays, et ils ont intégré un chœur d’un millier de personnes lors du cérémonial de la passation de pouvoir en 1997, à l’occasion du retour de Hongkong dans le giron chinois.
J’ai trois enfants qui habitent respectivement en Australie, à Londres et à Hongkong. On est des immigrés, mais on veut retourner en Grande-Bretagne quand on sera vieux.
Veux-tu rentrer en Angleterre avec tes parents ? Non. Quand j’étais petite, j’aurais pu. Mais maintenant, c’est trop tard. Nombre de jeunes britanniques qui sont nés et ont grandi à Hongkong ne peuvent plus s’habituer à la vie européenne. Ils rentrent parfois en Angleterre, mais très souvent reviennent parce que la vie à Hongkong est bien plus confortable.
Angray a acheté un petit appartement avec l’aide de ses parents. Aujourd’hui, ses amis viennent chez elle pour l’en féliciter. Ses amis proviennent de tous les milieux, mais ils ont tous deux points communs : ils sont jeunes et considèrent Hongkong comme leur famille.
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