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Il existe en Chine une chanson très célèbre intitulée « J’aime le mont Wuzhishan, j’aime la rivière Wanquanhe ». A l’évocation de cet air populaire, de nombreux Chinois tournent spontanément leur regard vers l’île de Hainan, dont le mont Wuzhishan est le symbole. Beaucoup se disent volontiers impressionnés par la splendeur de cette montagne, avant d’ajouter qu’il faut y grimper pour en connaître les vrais charmes. Mais en réalité, ce mont est aussi le symbole de l’ethnie Li, de Hainan. Les Li vivent depuis des générations sur l’île de Hainan. Cette ethnie est porteuse d’une histoire de plus de 3000 ans, elle est d’ailleurs considérée comme le groupe ethnique le plus ancien de Hainan. D’où viennent les Li ? Pourquoi et comment ont-ils migré vers l’île de Hainan ? Différentes versions existent pour répondre à ces questions.
Professeur à l’Université de Qiongzhou, Chen Lihao mène des recherches sur la culture des Li. Depuis des années, il parcourt tous les villages de cette ethnie, dont les origines lui sont naturellement familières.
Dans l’antiquité, les Li étaient originaires des régions continentales du Guangxi et du Guangdong ; ils ont ensuite traversé la mer par le détroit de Qiongzhou et la péninsule Leizhou, pour finalement venir s’installer sur l’île de Hainan.
C’était peut-être grâce à la beauté de la mer que les Li ont décidé de s’installer sur les terres incultes de Hainan, pour y fonder leurs exploitations agricoles. Depuis des milliers d’années, les Li travaillent cette terre du matin au soir. Entourés par la mer et la montagne, ils ont ainsi créé leur histoire propre. Leurs modes de production spécifiques, leurs styles de vie et leurs coutumes sont des clés inestimables pour comprendre la culture mystérieuse des Li. On cite par exemple leur habitat en forme de bateau, les couvertures tricotées au motif de dragon, les brocarts ou les tatouages. Faut-il voir derrière ces quelques particularités les éléments d’une culture qui remonteraient à l’antiquité ?
Sanya est une célèbre ville touristique de Hainan. Elle regroupe de nombreux représentants de l’ethnie Li. Mais si aujourd’hui, les touristes se réjouissent surtout des paysages de Sanya, faits de plage et de soleil, très peu d’entre eux accordent une attention à son histoire. Sanya a un autre nom : Lucheng, la ville du cerf. Ce nom est en fait issu d’une légende antique de l’ethnie Li - une légende qu’on scuplte encore aujourd’hui sur des pierres du littoral.
Afin de comprendre précisément comment les Li vivent aujourd’hui, nos hôtes de Sanya nous ont recommandé un village appelé Nahui, typique de l’ethnie Li. L’endroit se trouve dans une zone montagneuse plutôt reculée. C’est seulement après avoir cheminé sur un sentier de montagne que l’on atteint ce village. Dans les localités où habitent les Li, un vieux cocotier sert de totem, il incarne un dieu protecteur. La noix de coco est considérée comme un objet de grâce accordé par le soleil. En entrant dans un village Li, le visiteur sera toujours accueilli par des noix de coco à boire. En nous approchant des autochtones, nous sommes séduits par leur spontanéité et la simplicité naturelle de leur attitude. Ces villageois ont toujours habité dans cette région reculée, enclavée dans la montage. Ce qui, naturellement, limite les contacts avec le monde extérieur...
Parmi les nombreux villages Li, Nahui fait partie de ceux qui ont le mieux conservé leur aspect antique. Nous en profitons pour tenter de mieux saisir la vie originelle des Li. Durant ce tournage, nous remarquons l’intérêt que portent les enfants à notre caméra numérique. Je la leur confie. C’est la première fois qu’ils voient leur maison et les arbres du village à travers l’objectif de la caméra... La curiosité laisse vite place à des éclats de rire.
Pour ces villageois montagnards, le labour des champs constitue leur principal mode de production. Des milliers d’années après l’arrivée des Li sur les terres de Hainan, certains villages sont aujourd’hui mécanisés. Mais la localité de Nahui, elle, vit encore au rythme tranquille du labour à l’ancienne. La famille de Zhu Guoying est une famille ordinaire du village de Nahui. L’homme avoue ne pas savoir depuis quand ses ancêtres sont installés ici. Selon lui, les méthodes de labour n’ont pas subi de modification depuis des siècles... Reste que la vie de cette famille a quant à elle énormément changé. Et tous les membres semblent en être très satisfaits.
Dans le passé, nos ancêtres travaillaient dans des champs grands de deux mus (soit un huitième d’hectare). La vie était difficile. Maintenant, nous avons planté des arbres fruitiers, nous gagnons plus. Moi, chaque jour, je peux boire du vin et manger de la viande.
Aujourd’hui, la montagne n’est plus un obstacle aux échanges entre le village de Nahui et l’extérieur. La vulgarisation de nouvelles techniques de culture leur garantit de bons rendements. Ces dernières années, la mentalité des jeunes de ce village a beaucoup changé. Ils ont tendance à rejeter la vie un peu monotone de la montagne, pour rechercher une vie plus enrichissante ailleurs. Agé d’une vingtaine d’années, le fils aîné de Zhu Guoying aimerait bien suivre les autres jeunes du village qui ont quitté la montagne. Voir à quoi ressemble le monde extérieur. Mais son père a beaucoup de mal à accepter cette idée.
Ils sont tous sortis. Mais moi je ne veux pas le laisser partir. Je souhaite le retenir à la maison, qu’il travaille pour la famille. Je ne lui permettrais pas de travailler ailleurs. Je ne veux pas.
Malgré des réticences comme celles de Zhu Guoying, les jeunes villageois sont de plus en plus nombreux à partir travailler ailleurs.
Aujourd’hui, la plupart des villages Li ont remplacé leur mode d’habitat antique... Mais pas le village de Nahui, qui a gardé cette authenticité. Nous y avons ainsi découvert que près d’une grande maison en paille, il y a toujours une ou deux répliques de cette maison en modèle réduit. Ces paillotes sont tellement petites qu’on ne sait d’abord pas trop à quoi elles peuvent bien servir... Selon Zhu Guoying, malgré leur petite taille, ces maisons sont très importantes pour les Li.
Dans la culture des Li, ces habitations très étroites sont appellées « Longgui » ou « Liaofang ». « Longgui » est un mot de dialecte qui désigne une « maison sans fourneau ». Chez les Li, une coutume veut que les enfants âgés de 13 ou 14 ans ne peuvent plus habiter dans la même maison que leurs parents. Les garçons doivent eux-mêmes abattre des arbres à la montagne pour construire leur « Liaofang », tandis que les parents aident les filles à édifier ces maisons. Ce mode d’habitation s’appelle « Fangliao », ce qui désigne ce « déplacement vers le Liaofang » auquel se soumettent les jeunes. Après l’étape du Fangliao, les jeunes peuvent alors parler d’amour. Les maisons changent selon les sexes et ont différentes tailles. « Longgui de frère » pour les garçons, « Longgui de sœur » pour les filles, ces maisons sont construites pour la plupart près des maisons des parents, ou dans des parties relativement reculées du village. Trois à cinq personnes peuvent habiter dans un grand Longgui, tandis qu’un petit n’en accueillera qu’une seule. La forme du Longgui est similaire à celle d’une grande maison, mais dans une version minuscule. Une petite porte ne permet ainsi qu’à une personne de pénétrer. Reste que le Longgui est la maison où les jeunes Li tombent amoureux... Y vivre représente pour eux l’entrée dans une nouvelle vie.
Comme les autres minorités ethniques de Chine, les Li jouissent d’une grande liberté dans l’amour. Echanger des chansons est par exemple un moyen important d’exprimer son amour - c’est aussi un moyen pour communiquer de façon plus prosaïque... Reste que si un jeune ne sait pas chanter, il lui sera très difficile de séduire sa belle.
Au crépuscule, les jeunes garçons traversent monts et rivières pour aller dans les « Longgui de sœur » des villages lointains. Devant la porte, les garçons chantent pour exprimer leurs sentiments. De sorte que, tous les soirs, ces villages sont animés par des chansons d’amour. Il faut faire montre de bien des talents pour entrer dans une maison « Longgui de sœur ». Le garçon pousse une chansonnette en guise d’introduction. Si la fille est d’accord pour le laisser entrer, elle lui rend une chanson en écho. Mais si elle n’est pas d’accord, le garçon doit chercher d’autres filles. Depuis des générations, c’est à travers ces petites maisons que filles et garçons Li nouent leurs liens amoureux. Et s’unissent dans le mariage. C’est d’ailleurs l’histoire de Zhu Guoying : dans sa jeunesse, il habitait dans une maison Longgui construite par ses parents. Sa femme habitait dans un Longgui d’un autre village. C’est un peu par hasard que Zhu Guoying est tombé amoureux de cette jeune fille. Sous une belle nuit, il a rassemblé son courage pour chanter une chanson d’amour devant sa porte. Et la fille l’a accepté. Aujourd’hui, quand tous les deux chantent à nouveau cette même chanson, leur visage rayonne d’un sourire empli de bonheur.
A ce moment-là, ma femme avait 16 ans, et moi 20. Nous sommes tombés amoureux grâce à cette chanson. Je lui en chantais une partie et elle me répondait par une autre... C’est une chanson très populaire pour échanger des mots d’amour.
Zhu Guoying a deux jolies filles, connues dans tout le village. Il y a quelques années, il leur a construit des maisons Longgui. En espérant qu’elles trouveront elles aussi le bonheur. La fille aînée habite depuis plusieurs années dans son Longgui. Durant cette période, des soupirants sont venus interprêter des chansons d’amour devant sa porte. Mais elle ne s’en est pas satisfaite. Exigeante, elle attend toujours son bien-aimé au fond de son Longgui.
Depuis mon enfance, nous habitons dans ces petites maisons... Je n’ai pas encore trouvé mon petit ami, je ne leur ai pas ouvert la porte. Alors j’habite encore toute seule.
De nombreux Li ont d’excellents souvenirs sur leur jeunesse. Gao Heqiang est chercheur à l’Institut national de recherche de Hainan. Il a passé son enfance dans un village Li. Il garde en mémoire les expériences particulières qu’il a vécu dans son Longgui.
A l’âge de 13 ans, mon père m’a construit un premier Longgui. Par la suite, ma famille s’est déplacée vers un autre village. Un peu plus tard, j’ai moi-même construit un Longgui. A 18 ans, je sortais plusieurs fois de chez moi pour chercher une petite amie. J’ai fait la connaissance de deux filles. Mais après le début de mes études universitaires, je n’avais plus la force de continuer... Ces expériences sont néanmois très utiles pour mes recherches sur les ethnies minoritaires.
Pour Gao Heqiang, qui a quitté son village dès sa jeunesse, les chansons d’amour parraissent déjà bien loin. Mais le bonheur est toujours dans son cœur.
Dans chaque village, si ta chanson ne séduit pas une fille dans un Longgui, tu dois aller tenter ta chance dans un autre Longgui. Si tu est passé sans succès par tous les Longgui d’un village, alors tu dois changer de village. On doit parfois parcourir deux à trois villages en une seule nuit... Et les garçons n’ont en général aucune garantie d’obtenir des résultats positifs. Pourtant, malgré ce parcours parfois très dur, on finit toujours par éprouver une grande joie.
Aujourd’hui, les points de vue sur le mariage chez les Li ont beaucoup évolué. La tradition du Longgui n’est plus le seul moyen d’avouer sa flamme ou de parler d’amour. Pour nombre d’entre eux, le Longgui est devenu une sorte de légende lointaine, comme un beau rêve échappé du patrimoine ancien. Les chansons, elles, se perpétuent et accompagnent toujours la vie des Li.
Il y a quelques années, ces vieilles femmes ont elles aussi habité dans un Longgui et chanté des chansons d’amour. Aujourd’hui, elles s’aventurent à l’extérieur d’un village que leur famille n’a pas quitté depuis des générations. Dans une zone touristique appelée Binlangyuan, elles nous montrent l’art du tissage, un art populaire très élaboré ici : on l’appelle le brocart de Li.
Le brocart de Li est un objet artisanal traditionnel portant les couleurs locales de l’ethnie Li. Selon certains, le brocart de Li à une histoire d’au moins 2000 ans. Avant la dynastie des Song, les techniques de tissage du coton chez les Li étaient plus avancées que celles des Han, sur le continent. Sous les Yuan, Huangdaopo fit une escale dans le village de Shuinan, à Sanya, où elle apprit les techniques de tissage des Li. Elle adapta ensuite ces techniques pour les propager dans tout le du pays, ce qui allait permettre le développement de l’industrie textile en aval du fleuve Changjiang. Selon certains experts, c’est en fait ce qui suscita à l’époque la « Révolution de coton », qui dura une centaine d’années. Cette révolution allait complètement bouleverser l’histoire de l’industrie textile en Chine et faire de Huangdaopo la spécialiste des arts textiles la plus pointue dans l’histoire chinoise.
Huangdaopo avait en réalité vécu une dizaine d’années parmi les Li. Assez pour apprendre leurs techniques de tissage avancées et les introduire sur le continent. A l’inverse, on trouve dans le brocart de Li des thèmes traditionnels des Han, comme le phénix et le dragon. Ce qui laisse à penser que la culture des Li et celle des Han se sont mutuellement enrichies.
Depuis l’antiquité, le brocart fait la fierté des Li, notamment des femmes. Celles-ci tissent d’abord le coton en fils, qu’elles colorent ensuite à l’aide de pigments préparés par leur soin. Ces colorants sont issus de diverses plantes cueillies dans la montagne, qu’il faut ensuite faire tremper. La technique est simple et les matières premières proviennent du voisinnage direct. Mais les fils colorés sont au final d’un grand éclat. Selon certains spécialistes du brocard de Li, le motif inspiré de la forme du caractère chinois « ren », qui désigne l’homme, est fondamental dans cet art. Tous les motifs ont un lien avec les courbes qui forment le mot « ren ». Cette forme simple revêt en réalité de profondes significations pour les Li. Elle exprime leur croyance religieuse, basée sur un grand respect pour l’homme et pour tous les êtres vivants. Absolument typique de la culture des Li, le brocard représente bien leur patrimoine multiséculaire.
La forme du caractère de l’homme dans les motifs désigne les ancêtres. Les Li n’ont pas vraiment de notion de dieu. Pour eux, un fantôme est un fantôme. Mais c’est bien l’Homme qui est leur ancêtre et leur héro.
La seule vue des divers motifs d’un brocart de Li donne une juste idée de l’imagination foisonnante et des techniques éprouvées dont font preuve les femmes Li. Celles-ci ont déjà les motifs en tête, elles les tissent selon leur besoin.Au fil du temps, les Li portent de moins en moins de vêtements en brocart. Aujourd’hui, ils les portent seulement lors des fêtes, pour danser. C’est pourquoi ce mode de tissage en tant que tel est devenu difficile à trouver dans les villages Li.
Nous tissons nos vêtements nous-mêmes. Parfois, après le travail aux champs, je me mets à tisser. Il faut compter un an pour des articles compliqués et trois mois pour les motifs plus simples. Sinon, on n’aurait pas de vêtements pour s’habiller.
Mme Hu Guihua, âgée de 84 ans, garde en mémoire une série d’histoires concernant le tatouage, empreinte étrenelle sur le corps. Le tatouage est un phénomène culturel particulier à la plupart des ethnies minoritaires. Il revêt chez les Li revêt une signification spécifique. Les femmes doivent recevoir un enseignement spécial avant d’être tatouées. Et doivent accepter cette coutume en dépit de la douleur. C’est la réalité.
Le corps, le visage, les jambes et les pieds sont tatoués. Sans ces tatouages, une fille ne peut pas être épousée. On les pratique dès l’enfance, à partir de 11 à 12 ans. Mes parents m’ont expliqué que sans tatouage, on ne peut pas trouver un mari. C’est comme ça que j’ai donné mon accord. Je suis tatouée.
Deux légendes concernant l’amour expliquent les origines de cette coutume du tatouage. Selon la première, après une catastrophe, seules deux personnes, frère et sœur, auraient survécu. Tous les autres disparurent. Ils décidèrent donc de les chercher dans deux directions opposées, en convenant de se rencontrer à nouveau dans trois ans. Un an après, la sœur, n’étant pas parvenue à retrouver autrui, décida de tatouer son propre visage pour ne pas être reconnue par son frère. Et grâce à eux, la génération pu finalement survivre. L’autre légende porte sur une jeune fille, qui tatoua son propre visage pour échapper à un tyran. Grâce à quoi elle pu ensuite épouser son propre amant. L’ethnie Li compte cinq branches, qui se répartissent selon cinq zones de dialecte. Dans chacune de ces régions, le tatouage revêt une signification particulière. En général, les tatouages sur les deux joues représentent le bonheur. Celui sur la lèvre supérieure est un signe faste, tandis que celui sur la lèvre inférieure indique la félicité. Le tatouage sur le bras est aussi souvent signe de fortune.
Le tatouage a une très longue histoire, comme le bandage des pieds chez les Han. C’est un moyen d’atteindre la beauté et d’embrasser l’héritage culturel. Mais il s’agit aussi d’un rite d’initiation. A l’âge de 12 ans, une fille non tatouée ne peut pas être épousée. Et sans tatouage, les ancêtres ne te reconnaîtront plus après la mort. Aujourd’hui, le tatouage a disparu de la vie des Li. Ces femmes portant des tatouages ne pensaient pas, à l’époque, que leurs tatouages deviendraient un témoignage des us et coutumes de leur ethnie. En un sens, le tatouage doit se comprendre chez les Li comme un rite particulier destiné à marquer la fin de l’adolescence, ce qui en fait une expérience fondamentale et sacrée dans la vie d’une femme.
Au long de leur longue histoire, les Li ont créé une culture riche et diversifiée. La coutume du Longgui, le brocart de Li ou le tatouage sont devenus des signes culturels significatifs, comme cette sculpture en pierre rencontrée sur la plage de Sanya. Ici, les touristes entendent aujourd’hui parler des récits légendaires ou historiques sur les Li. Toutes ces histoires font l’éloge de la nature et de la vie. Mais pourquoi les Li font-ils preuve d’autant de gratitude envers la nature ?
Les raisons sont multiples. Je pense que la cause principale est due à leur profond respect pour la nature et les espèces. Quand leurs mode de vie et leur mentalité étaient à l’état primitif, c’est la nature qui répondait à toutes leurs demandes. C’est la nature qui les a en quelque sorte élevés. Ils gardent donc des liens très intimes avec leur environnement naturel, qu’ils entendent remercier.
Après plusieurs milliers d’années d’évolutions culturelles, les légendes sont toujours belles et émouvantes. Des récits qui expriment toujours l’amour éternel des Li pour la vie et la nature.
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