Dali Ⅰ - Le royaume Nanzhao 
cctv.com 06-12-02 20:30 

Le royaume Nanzhao

C'était en 754. Un jour, un général de la dynastie des Tang n'avait d'autre choix que de se donner la mort avec sa propre épée. Derrière lui, une armée de la dynastie des Tang forte de dix mille hommes fut battue à plate couture ; on dit que leur sang donna la couleur rouge au Lac Erhaï. Situé au bord de ce lac et entouré du mont Cangshan, le royaume Nanzhao fit trembler ces commandants et combattants des Tang. Ce général des Tang ne pouvait sans doute comprendre avant sa mort le pourquoi de son échec si cuisant ni qui était ce royaume de Nanzhao.

C'est lui, Xinuluo, fondateur du Royaume Nanzhao et fils d'un paysan. Il y a plus de 1300 ans, suivant son père, Xinuluo se rendit dans la montagne Weibao situé dans le sud du lac Erhaï, et cultiva la terre au pied de la montagne. En 649, Xinuluo mit sur pied une tribu nommée Menghe. Le mot « tribu » a l’appellation « Zhao » dans le langage local. (La tribu ainsi créée par Xinuluo s’appellait aussi Mengshezhao.) A l’époque, les autochtones de la région du Lac Erhaï fondèrent successivement 6 tribus dont Menghezhao fut la plus prospère et la plus puissante.

90 ans plus tard, c'est-à-dire en 737, les chefs de file de cinq tribus furent décédés dans un grand incendie. Piluoge, leadeur de la 4ème génération de la tribu Mengshezhao, accomplit l'unification des 6 tribus. Un nouveau Etat—Nanzhao vit alors le jour.

Voici les ruines de Longqiantu, la première capitale du Royaume Nanzhao. On y trouve encore aujourd’hui une grande quantité de morceaux de tuile et de brique. Et sur des morceaux de tuiles, des caractères chinois et signes anciens distincts nous permettent d’étudier l'ancien Royaume Nanzhao.

En 741, le Roi Piluoge transféra la capitale de Nanzhao au pied de la montagne et au bord de l’eau. Il y construsit la cité de Taïhe qui couvrait une superficie de 2,7 fois plus importante que celle de la province du Yunnan d’aujourd’hui. La chaîne de montagne Cangshan et le Lac Erhaï constituaient une protection naturelle pour le Royaume Nanzhao dont la puisance avait fini par inquiéter la cour impériale de la plaine centrale.

A l’époque, la tribu Mengshe unfia 6 tribus et fonda le royaume Nanzhao en comptant sur la puissance de la Dynastie des Tang. De son côté, celle-ci chercha à renforcer son contrôle sur le Yunnan par les forces de Nanzhao. Pourtant, le Roi de Nanzhao voulait au contraire étendre son territoire. Par conséquent, entre 750 et 754 après J-C, la cour impériale des Tang dépêcha des troupes à trois reprises pour lancer des expéditions puritives contre le Royaume Nanzhao. C'était la célèbre guerre Tianbao.

Mais, ces trois expéditions furent toutes soldées par un échec. Le général Li Mi qui se donna la mort était le commandant de la troisième expédition. Son fils et 5 autres généraux avaient tous trouvé la mort au combat sanglant au pied du mont Cangshan.

Pourquoi la terre de Da Li attira-t-elle une grande attention de la Cour impériale de la Plaine centrale ?

En 122 avant J-C, sous le règne de l’empereur Wu des Han, des messagers rapportèrent à l'empereur que le Lac Erhaï etait immense et que les ethnies de Kunming étaitent puissantes. Des archéologues ont découvert que la région de Dali était à ce moment là occupé par des hommes depuis longtemps. Dali se trouve dans une région qui relie un plateau à une colline. Sur la colline se trouve le lac Erhaï situé à une haute altitude.

Les premiers habitants de la région de Dali hébergeaient dans des grottes construites sur des pentes de montagnes. Ils plantaient le riz et élevaient du bétail. Cette cuvette en argile destinée a la rizière constitue un objet funéraire datant de la dynastie des Han de l’ouest et de la Dynastie des Jin.

Ces outillage en pierre et en bronze prouvent que de même que la Plaine centrale, la région de Dali avait connu une évolution historique allant de l’âge de pierre à l’âge de bronze.

Ce sabre de pierre en forme de croissant est semblable au sabre de la Plaine centrale de la même époque. Seulement le tranchant de ce sable est droit, tandis que celui de la Plaine centrale est arqué. L’identité et la différence entre les cultures de Dali et de la Plaine centrale maintiennent encore aujourd’hui.

Le Département de Dali constitue aujourd’hui la région autonome des Bai. Depuis l’antiquité, à part le bouddhisme et le taoisme, les Bai vouent un culte aussi au Benzhou, un culte propre aux Bai. Xinuluo, fondateur du Royaume Nanzhao n’était pas roi, mais héros pour les habitants locaux. Une statue de son image est installée dans le temple de Benzhu.

Le Royaume Nanzhao vieux de 255 ans compte 13 rois qui fondèrent la Cité de Taïhe et la Cité de Yangjumie. Les habitants de Nanzhao firent construire deux passages. Au passage du bas se trouvait la cité Longwei adossée au mont Cangshan à l’ouest, au bord du lac Erhai et la rivière Xier qui passe par le sud de la ville. Autant de conditions géographique favorable à la défense. C’était ici que l’armée de 100 mille hommes du général Li Mi fut battue et enterrée près du lac Erhaï.

A la fin de la Guerre de Tianbao, les habitants de Nanzhao rassemblèrent la dépouille de soldats des Tang et construisirent un tombeau pour les enterrer. Selon la légende, on entendit des pleurs de fantôme. Mais, une fois qu’on drassa une stèle sur laquelle fut inscrit un poème de condoléance, les fantômes disparurent. Le fantôme n’existe pas, cela prouve seulement que l’on détestait la guerre.

Plus de Dix ans après la fin de la guerre de Tianbao, le nouveau roi du Royaume Nanzhao Ge Luofeng demanda à son Premier Ministre d’écrire l’inscription de stèle. Ainsi fut créée la célèbre stèle de Dehua haute de 4m. Il y avait 5000 caractères inscrits sur les deux faces de stèle mais plus de 10 siècles se sont passés et il n’en reste que 700 à cause des intempéries.

Voici la plus importante stèle du Yunnan qui décrit la vie sociale de Nanzhao et la tolérence de sa population. Pendant la guerre de Tianbao, le roi de Nanzhao fut vainqueur. L’inscription de stèle glorifie d’une part les exploits du roi et exprime d’autre part son souhait de vivre en bons termes avec la Dynastie des Tang.

La population de Nanzhao a toujours gardé cette tolérence et cette générosité. Ils construisirent un temple à l’intention de Li Mi qui était pourtant l’agresseur de Nanzhao, mais considéré comme héros par l’ethnie bai. Le style architectural correspond à la coutume de l’ethnie bai. Le temple se situe à l’ouest, dont la porte s’oriente vers l’est. Cinq généraux et un fils de Li Mi également morts pendant la guerre.

L'empire Nanzhao fut né et aggrandit à coup de conflit armé ; il fut anéanti au cours de troubles internes. Les rois postérieurs s’en rendirent compte et s’efforcèrent d’éduquer leur subalternes par « la morale »et « la politesse ». A part la construction de la stèle de Dehua, ils réparèrent leurs relations avec le messager de la Dynastie des Tang. Leurs efforts apportèrent à l’empire la paix pour plus de 300 ans et permirent à la population de mener une vie relativement aisée.

Les trois pagodes du temple Chongsheng

Une légende inscrite sur une grosse pierre circulait parmi la population de Deli. Selon cette légende, sous la Dynastie des Han, une unité de troupes Han se dirigea vers Dali pour l’attaquer. Une pierre volumineuse barrait leur chemin. Lorsque les soldats regardèrent de près, ils remarquèrent que c’était une vieille dame aux cheveux blancs qui portait la pierre dans son dos. A la vue de cette dame, les soldats prirent la fuite comprenant qu’ils ne pouvaient gagner la guerre. Les gens disaient que cette dame était l’incarnation de çakyamonie.(çakyamonie qui mit Dali à l’abri d’agression extérieure était une légende très populaire. Néanmoins,) La diffusion du bouddhisme à Dali remonte à un temps très ancien. Les trois pagodes du Temple Chongsheng constituent un édifice bouddhique le plus ancien, le plus représentatif à Dali. A l’époque, il y avait un temple imposant nommé Chongsheng. Les trois pagodes se trouvaient à l’intérieur du temple d'où son nom. Malheureusement, un incendie a détruit le temple, seules les trois pqgodes ont été subsistées.

Parmi ces trois pagodes, la plus importante nommée Qianxun, de forme carrée, monte jusau’à un peu plus de 69 m. Il s’agissait d’un style architechtural typique des Tang. Une distance de 70 m la sépare des deux petites sous forme octogonale de 42m de haut, ce qui revient au style architectural des Song.( En effet, ces trois pagodes ont été construites sous différentes dynasties.) On estime généralement que la pagode de Qianxun fut consturite en 850,( c’était sous le règne de Nanzhao à Dali, sous la Dynasite des Tang sur la plaine centrale.) Tandis que les deux petites furent construites deux cents ans plus tard, sous les Song. Ce qui explique leur différence architecturale.

La région de Dali a connu des tremblements de terre à plus de 30 reprises dont les plus violents avaient détruit 99% de maisons de la région. Néanmoins, les trois pagodes bâties sans fondement restent immuables malgré les intempéries, sauf le toit de la Pagode Qianxun. Un miracle sans pareil.

En ce qui concerne le moyen de construction, beaucoup de gens pensent qu’il s’agissait là d’une méthode d’ensevelissement. C’est-à-dire qu’en même temps que l’on construisait la pagode, on l’entourait d’un tas de terre. Quand la construction de la pagode fut terminée, on enleva l’énorme tas de terre.

Ces trois pagodes en brique à toits serrés ont chacune 16 étages, un nombre paire, tandis que les autres pagodes bouddhique à étages sont de nombre impaire. Un phénomène courant à Dali.

Le bouddhisme a été introduit à Dali il y a plus de 1200 ans. Auparavant, la sorcellerie provient de la réligion primitive d’ethnies minoritaire locales. Par conséquent, le bouddhisme devait se mélanger à la religion primitive et lutter contre la sorcellerie pour son existence et son développement.

les habitants de Dali savaient que la vieille dame portant sur son dos une énorme pierre etait l'incaration de çakyamonie et aussi celle du Guanyin Acuoye dont l'image est différente de celle des autres régions. Maigre, torse nu, se tient debout pieds nus. Appelé par les habitants locaux le « bouddha svelte », ce Guanyin est bouddha original de la région Dali.

Toujours selon la légende, le Guanyin Acuoye rendit immortel le premier empereur de Nanzhao Xinuluo. En fait, le bouddhisme était en vogue dans la région de Dali sous le règne de Nanzhao. D'ailleurs, le Guanyin Acuoye fut le plus important bouddha que la population locale ait jamais adoré. On pense même que son image a été modelée selon les caractéristiques du visage de Bai.

Dans la salle célèste de la grande pagode, on a déterré une statue de bouddha doré Acuoye classée sur la liste du patrimoine culturel national.

Dali possède un grand nombre de pagodes bouddhiques comme les trois tours susmentionnées dont l’apparence représente une fusion entre le bouddhisme et la religion primitive de Dali.

Les trois pagodes de Dali comprennent des salles terrestre et célestes. Les objets d’art déterrés ont été installés dans la salle céleste. La salle céleste de la pagode Qianxun a été découverte lors d’un tremblement de terre qui lui a infligé une grande fissure ; un fissure qui disparut dix jour plus tard selon des écrits historiques. En plus, il est manifeste que les deux petites pagodes se sont décallées de la perpendiculaire. Elles ont commencé à s’incliner il y a plus de 400 ans.

Une musique ancienne

Vous entendez en ce moment un morceau de musique ancienne répandue dans la région de Dali qui est qualifié de « fossile vivant » de la musique chinoise.

La musique constitue une histoire, selon « la Nouvelles histoire des Tang », en 799 après J-C, l'empereur Yi Maoxun de Nanzhao dépêcha une troupe de plus de 200 artistes pour présenter à l'empereur Dezong un spectacle de « musique sacrée de Nanzhao » en vue de démontrer son intention de se rallier à la Dynastie des Tang. « la musique sacrée de Nanzhao » qui fit sensation dans la capitale des Tang assimilait la musique du Royame Piao, la musique mongole et celle du Xinjiang sur la base de la musique et de la danse des Tang. Le spectacle incluait de très beaux chants, de la danse de Nanzhao et démontre l’envergure des échanges culturels entre la Dynastie des Tang et le Royaume Nanzhao.

La musique antique de Nanzhao fut à l’origine de la musique de la cour impériale. Elle interprète généralement la musique des Tang et la poésie des Song. Dans la région de la plaine centrale, les conflits armés se déchaînaient, les dynasties se succédaient, on ne pouvait donc plus entendre la musique de la puissante dynastie des Tang. Pourtant, on peut l’entendre à Dali.

Les musique des dynasties Tang et Song étaient influencée par le taoïsme et le confucianisme et s’imprégnaient toutes les deux de la musique folklorique de la région de Dali. Sous le règne de la dynastie des Ming et des Qing, elles présentaient une tendance de la combinaison des trois religions : le bouddhisme, le taoîsme et le confucianisme. Elles étaient qualifiées par la population de musiques Dongjing très en vogue à l’époque. La quintessence de la musique ancienne de la cour impériale a pu être conservée dans la combinaison harmonieuse entre le culte à Benzhu de Bai, la cérémonie religieuse d’offrande de sacrifices.

L’ancienne musique Dongjing marie l’élégance de la musique taoïste et celle de la cour impérriale, la sonorité de la musique confucianiste, la finesse de la musique du sud du fleuve Yangtsé et la richesse de la musique folklorique des Bai.

« Les 8 Trigrammes » est la suite d’un morceau de musique titré «habit rouge en plume » composé par l’empereur Li Longji des Tang et similaire aux « 8 trigrammes Ziwei ». Selon des écrits historiques, Li Guinian, célèbre musicien des Tang se rendit personnellement au Royaume Nanzhao pour faire connaître cette belle musique.

Les auditeurs faisaient éloge de cette musique en la qualifiant de musique féerique. Le morceau de musique « les 8 trigrammes »( imprégné de l’esprit de la cour impériale des Tang ) caractérisée par l’ouverture, la tolérence traduit la prospérité des Tang.

Le morceau de musique « la Mélodie de la lune » fut composé par le grand maitre de musique de Nanzhao Zhang Honggang. Grâce à son rythme, elle est facile à chanter et à danser. A l’aide d’instruments de musique traditionnels, le rythme léger et doux de la musique la rend très agréables comme un coup de brise printannière. ( Les étoiles scintillent dans le ciel, la lumière dans les eaux du lac Erhaï avec cette belle musique distinguée qualifié par des étrangers de sérénade.) Un merveilleux spectacle !

L’ancienne musique de Nanzhao qui a conservé la quintessence de la musique de la cour impériale des Tang en assimilant des éléments de musique de différentes écoles et la musique populaire locale est répandue parmi la population depuis plus de mille ans. Le Mont Cangshan et le Lac Erhaï résonnent cette musique perpétuellement. (La protection et l’héritage de la musique ancienne de Nanzhao devrait attirer l’attention des milieux culturels, scientifiques et musicaux afin que l’ancienne musique ne se perde jamais. )

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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