Lanzhou - Des pierres précieuses extraordinaires 
cctv.com 06-11-01 20:30 

Comment les eaux torrentueuses du Fleuve Jaune ont-elles pu éroder des pierres multicolores aux formes extraordinaires ? Pourquoi une pierre du Fleuve Jaune peut coûter 100.000 dollars ? Quelle est la valeur de ces pierres pour les habitants de Lanzhou ? Veuillez suivre avec nous « Des pierres précieuses extraordinaires »

A la fin de l’été 2005, un homme était prêt à débourser 100.000 dollars pour acquérir une pierre de la collection du Musée des pierres extraordinaires du Fleuve Jaune de la province du Gansu, situé à Lanzhou.

Il s'agissait en fait d'une pierre dont la forme ressemble de manière frappante au fondateur du boudhisme, Sâkyamuni.Selon les spécialistes, cette pierre issue d'un roc de quartz provient du Fleuve Jaune. L'homme prêt à débourser une fortune pour cette pierre est persuadé qu’elle est l’image vivante du Sâkiamuni. Mais sa valeur vient surtout de sa provenance, le Fleuve Jaune. Mais comment les eaux torrentueuses du Fleuve ont-elles érodé une telle pierre ?

Zhao Xizhang : professeur à l’Université de Lanzhou

« La ville de Lanzhou se trouve sur le cours moyen et supérieur du Fleuve Jaune qui traverse des régions montagneuses. Ces sols se composent de pierres. Sous l'action de l’érosion, de l'eau torrentueuse, du vent et de la pluie, des fragments se désolidarisent de la couche rocheuse et tombent dans le Fleuve. Elles sont alors longuement acheminées. D’où leur nom de pierres du Fleuve Jaune. »

Le Fleuve Jaune traverse la ville de Lanzhou : mais si l’eau coule précipitamment, les pierres, elles, restent. Et les habitants y attachent beaucoup d’importance. A leurs yeux, ces pierres portent aussi bien les traces de l'action naturelle des eaux torrentueuses que les vicissitudes subies par la nation chinoise. A Lanzhou, les rivages du Fleuve sont très fréquentées... notamment par un enseignant en retraite.

Song Zhigang : responsable du Musée de pierres extraordinaires du Fleuve Jaune du Gansu

« J'ai grandi au bord du Fleuve Jaune. Je flâne toujours sur ses berges pour y ramasser des pierres. Je suis un jeune instruit qui s'est installé à la campagne. Je peux travailler dur. Je transporte ces pierres jusqu'à chez moi en vélo. Et plus j'en transporte, plus je les aime. Peu à peu, je joue avec elles. »

Plus Song Zhigang ramasse de pierres, plus sa passion pour elles grandit. Les pierres du Fleuve Jaune illustrent un monde de diversités de couleurs, de formes et de veines. Autrefois, il pensait que dans la seconde moitié de sa vie il se satisferait de promenades sur les berges pour collecter ces pierres. Mais qui aurait cru qu’une pierre pourrait changer sa vie?

Song Zhigang : responsable du Musée de pierres extraordinaires du Fleuve Jaune du Gansu

« Un hiver, je me suis rendu en vélo dans un endroit où l'on peut ramasser des pierres. Sur place, j’ai découvert cette pierre. Au début, je n’y ai pas vraiment fait attention. Mais après l'avoir lavée et polie, je me suis aperçu que c'était une pierre unique. J'étais très content. Je l’ai mise dans un sac de jute et l’ai ramenée chez moi. Après l'avoir bien lavée, j'ai ressenti un grand soulagement, car j'avais la conviction d'avoir trouvé un « trésor ». »

Ce « trésor » découvert par Song Zhigang est en fait la pierre qui évoque l'image de Sâkiamuni et pour laquelle on a offert un prix très élevé. Dès cette découverte, Song Zhigang a dit adieu à la collecte des pierres pour le seul plaisir. Chaque fois qu’il ramasse des pierres, il en observe et étudie soigneusement la forme, les motifs, la substance et la couleur. Après en avoir accumulé de nombreuses, il a fini par réaliser que les formes diverses de ces pierres sont l’oeuvre de la nature. Pour lui, le monde et les paysages terrestres peuvent se traduire sur les pierres du Fleuve Jaune. A travers leur forme et leur couleur, on peut lire l’histoire et comprendre la culture. Et c'est alors que Song Zhigang a eu une nouvelle idée.

Song Zhigang : responsable du Musée de pierres extraordinaires du Fleuve Jaune du Gansu

« A Lanzhou, je ne suis pas le seul à m'intéresser aux pierres. Il y a de nombreux autres collectionneurs. Ils communiquent entre eux pour échanger leurs connaissances. Et peu à peu, de plus en plus de gens admirent les pierres. J’ai donc eu l'idée de créer un centre d'exposition. »

Song Zhigang a dépensé toutes ses économies pour créer un Musée de pierres extraordinaires du Jaune Fleuve au Parc du Mont Baita. Et il a offert au musée plusieurs dizaines de milliers de pierres du Fleuve Jaune patiemment collectées pendant des années. Aujourd'hui tout le monde sait que Song Zhigang est le fondateur de ce grand musée, mais peu savent que c'est lui qui a ramassé les pierres exposées.

Les pierres exposées au musée de Song Zhigang sont dotées de couleurs éclatantes, de motifs particuliers et de formes extraordinaires. Et tout au long de l’année, les visiteurs chinois et étrangers se succèdent sans interruption pour admirer ces pierres magnifiques.

 « Aux yeux de cent personnes, il existe cent Shakespeare. Aux yeux de cent personnes, il existe cent types différents de pierres. C’est un bon dicton. »

Le président Mao a décrit dans un poème comment l’humanité est passée de l'homme primitif au premier outil de pierre. Quant à Song Zhigang, il pense que son destin d’enseignant en retraite devenu responsable de musée prouve qu'il a lui aussi accompli un grand pas dans sa vie, grâce aux pierres.

La plupart des gens ne peuvent pas comprendre pourquoi Song Zhigang se passionne pour ces pierres depuis tant d'années. Mais à ses yeux, les pierres du Fleuve Jaune sont chargées de philosophies, de connaissances, de poésies, et qu'elles permettent de comprendre la vie. Il les classe par catégories, et leur donne un nom particulier à chacune d'entre elles en fonction de leur substance, de leur forme, de leur motif et de leur couleur. Et c'est ainsi qu'il a mis au point ce procédé unique pour mieux connaître et étudier les pierres du Fleuve Jaune.

« Cheval noir, serpent, faon, coq, radeaux sur le Fleuve Jaune, filles de Lanzhou, vers les Jeux olympiques, l’enseignement de Confucius, la chute d’une feuille annonce l’automne, théière en sable pourpre, la neige bienfaisante annonce une année abondante, Lin Daiyu enterre des fleurs, veau, taiji... »

Song Zhigang : responsable du Musée de pierres extraordinaires du Fleuve Jaune du Gansu

« Un jour, j’ai ramassé une pierre au bord du Fleuve, pas très grosse, de la taille de la paume de la main. On y voyait une forme blanche ressemblant vaguement à un homme. Je l’ai lavée et examinée. Cette pierre a attiré l’attention de nombreux amateurs de pierre. Ils en ont beaucoup parlé, certains disant qu’elle ressemblait à un paysan, d’autres pensant qu'elle évoquait mon grand-père. Je l’ai encore soigneusement examinée et je pense qu'il ne s'agit pas d'un personnage ordinaire. Pour moi, c'était un personnage d'une profonde culture. Je l’ai donc associée à l’image du fondateur du laoïsme et j’ai crié « Laozi ». Les autres l’ont réexaminé et ont convenu que cette pierre portait sans aucun doute l'image de « Laozi». »« Sur cette pierre, on peut voir un fleur d’abricotier et des petites branches. Au début, je ne savais pas comment la nommer. Puis, je me suis souvenu d'un dicton: « La chute d’une feuille annonce l’automne ». Et si une feuille peut annoncer l’automne, un fleur d’abricotier peut à son tour aussi annoncer le printemps. J’ai donc baptisé cette pierre « L'éclosion d’une fleur d’abricotier annonce le printemps ». »

Les particularités uniques des pierres du Fleuve Jaune attirent beaucoup de visiteurs au musée de Song Zhigang. Ces dernières années, il a consacré ses efforts à laver et classer ses pierres et il s'est démené pour faire face aux lourdes dépenses de fonctionnement du musée, comme les frais de location et le paiement des salaires. Pour y parvenir, après accord du Parc du Mont Baita, Song Zhigang a mis en place une visite payante, avec une entrée à 2 yuans. Mais malgré ce prix modique, il s'est aperçu qu'un certain nombre de visiteurs ne voulait pas payer 2 yuans pour admirer des pierres. Song Zhigang ne cache donc pas sa préoccupation sur la gestion à long terme du musée. Mais un jour, la chance a enfin tourné en sa faveur.

Song Zhigang : responsable du Musée de pierres extraordinaires du Fleuve Jaune du Gansu

« Un peu plus tôt cette année, un commerçant thaïlandais est venu visiter mon musée. Il a vu la pierre évoquant Sâkiamuni, et l’a longuement admirée. Le lendemain, il est même revenu l’admirer encore. Et il m'a alors informé de son projet de temple et il m'a avoué être prêt à débourser 100.000 dollars ,pour cette pierre. J’ai alors été face à une contradiction... D'un côté, je dois dire que tant d’argent m'a séduit car la construction de mon musée en a besoin. Mais après y avoir beaucoup réfléchi, je me suis dit que si je lui vendais cette pierre, je me séparerais du vrai trésor de ce musée. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai donc refusé sa proposition. J’ai lui dit que cette pierre devait rester à Lanzhou, dans notre province du Gansu, comme le « trésor » de notre Musée.

Nous assistons à un cours de chinois dans la quatrième classe de l’école primaire de Lanzhou. L’enseignant Zhang apprend à ses élèves un texte intitulé « la pierre de la Chine », qui raconte comment des soldats de l’Armée populaire de Libération ont découvert une pierre du Fleuve Jaune ressemblant à la Carte du territoire chinois. Mais cette pierre existe-t-elle vraiment comme rapportent les textes ? Où cette pierre se trouve-t-elle actuellement?

Voici « la pierre de la Chine » mentionnée dans le manuel scolaire. Elle appartient à ce soldat nommé Wu Gongrang que l'on voit sur cette photo. C'est avec ses compagnons d’armes qu'il a découvert cette pierre dans le désert de Gobi. Aujourd'hui, elle est précieusement conservée par M.Wu.

Wu Gongrang nous explique d'abord qu’il a toujours avec lui une bouilloire pour pouvoir asperger d'eau les pierres.

Wu Gongrang : écrivain militaire

« Voici une peinture traditionnelle chinoise typique, avec une composition en forme de « S ». La pierre du Fleuve Jaune a la capacité d’absorber l’eau, car sa surface est rêche. Et en absorbant l’eau, elle se pare de multiples reflets. D'où cette métaphore : quand la pierre se gorge d’eau, elle rayonne d’un manifique éclat comme une fille qui voit son amant »

Ecrivain professionnel issu de l’armée, Wu Gongrang a vécu quelques dizaines d’années dans le Nord-Ouest du pays. Pour les besoins de sa création, il a parcouru presque toutes les régions des cours moyen et supérieur du Fleuve Jaune. Ce tronçon torrentueux a dynamisé sa création et son inspiration... et c'est ainsi qu'il s'est attaché aux pierres du Fleuve Jaune.

Wu Gongrang dit souvent que les millions de pierres du Fleuve Jaune sont toutes uniques. C'est l'extraordinaire pouvoir de création de la nature, et cela constitue un support naturel pour la culture locale. Et il est intéressant de découvrir et d'admirer ces pierres sous angle de la culture. Chaque pierre collectée illustre cette culture du Fleuve Jaune. Et chacune d'entre elles a sa propre histoire.

Wu Gongrang : écrivain militaire

« La majorité de ces pierres ont été ramassées dans le Fleuve, mais certaines ont été échangées. Il m'est ainsi arrivé de voir des pierres qui me plaisaient, et de dire à leur propriétaire combien je les trouvait belles... et on me les offrait. Il y a aussi des pierres que j’ai achetées sans me soucier de leur coût. Par exemple, la pierre « pays enchanteur », je l’ai achetée dans une rue de Xining dans la province du Qinghai. Ce jour-là, alors que je rentrais juste de l’armée à Guoluo, notre voiture a eu un accident et on m’a proposé une somme d’argent en compensation. Il y avait beaucoup de pierres, mais aucune ne me plaisait vraiment et je l'ai fait savoir au vendeur. Il m'a alors dit qu’il avait une autre pierre, conservée dans sa chambre à coucher et il me l’a montrée. C'était une pierre brute du Fleuve Jaune. Au premier regard, j'ai su que c'était une pierre de qualité. Elle est multicolore, et c’est rare pour les pierres du Fleuve Jaune. Le vendeur m'a dit qu’un acheteur lui avait proposé 3.000 yuans pour cette pierre, mais qu'il avait refusé. J’ai décidé de lui proposer 4.000 yuans, mais il ne voulait toujours pas vendre. Je suis monté jusqu'à 4.500 yuans, il a encore refusé. Il a finalement accepté de la céder pour 5.000 yuans. »

Aujourd'hui, beaucoup de gens de Lanzhou se passionnent pour les pierres du Fleuve Jaune. Dans le cercle des collectionneurs, ils s’appellent « les amis des pierres ».

La maison des amis des pierres se trouve dans un bâtiment érigé sur la rive sud du Fleuve Jaune. Aujourd'hui, de nombreux amis des pierres sont réunis pour admirer une pierre extraordinaire récemment acquise par M.Wu.

C’est une pierre en forme de personnage. Elle ressemble à l’image du fondateur de l’école du Dhyâna du boudhisme chinois. La proportion de la structure est rationnelle et l’image semble vivante. Elle est très semblable à l'image créée par le peintre Fan Zeng.

A première vue, les « grands joueurs » identifient parfaitement les qualités d’une pierre du Fleuve Jaune. Les amis des pierres apprécient beaucoup la pierre de Wu Gongrang. Ils estiment qu'elle est de premier choix. Certains ne cachent pas leur désir d'acheter cette pierre unique à Wu Gongrang. Ses qualités extraordinaires et l’impatience de l’acheteur font grimper le prix jusqu'à une somme de 2 millions de yuans. Les pierres du Fleuve Jaune de Lanzhou sont une fois de plus estimées à des prix extrêmement élevés. Et on dirait bien que cette fois, la transaction est en passe d'être conclue.

Toutefois, le prix dépasse toutes les attentes. Wu Gongrang affiche une certaine indifférence face à cette bonne affaire. Il pense intimement que si l’or est facile à obtenir, la pierre extraordinaire est difficile à trouver. Et dans son coeur, cette pierre est devenue bien plus qu'un simple minéral.

Wu Gongrang : ami des pierres

« Je dis que « l’or est facile à obtenir, mais que les pierres extraordinaires sont difficiles à trouver». Et c'est vrai qu'il est très difficile de collectionner les pierres du Fleuve Jaune.Une pierre comme celle-ci, on en trouve une sur 10.000. Après une vingtaine d’années de collection, j’ai compris qu’il faut de l'dulgence et de la chance pour trouver et mériter ces pierres uniques. Et puis, il faut être animé d'un amour sincère et profond pour les pierres. Au coeur de la nuit, face à une étagère de pierres du Fleuve Jaune, je me demande souvent pourquoi elles me passionnent ainsi. Pourquoi je les admire autant ? Et peu à peu, j'ai compris qu'en exhibant ces pierres, c'est moi-même que j'expose. C'est ma confiance, mon insouciance et ma fierté. »

Certains affirment que les propriétaires des pierres du Fleuve Jaune ne consentent que très rarement à les vendre malgré leur prix très élevé. Mais ce n'est pas toujours le cas. Enseignant en retraite, Zhang Pijiang a commencé à se passionner pour les pierres sur le tard. Pour les besoins de sa collection, il a dépensé toutes ses économies, soit une centaine de milliers de yuans. Et on a entendu dire que sa collection recèle une pierre baptisée « dragon », dont le motif est particulièrement clair et l’image vivante. Malheureusement, nous ne pouvons en voir d'une photo. Car juste avant nous, Zhang Pijiang a reçu une autre visite.

Zhang Pijiang : ami des pierres

"Un homme est venu chez moi et m'a demandé le prix de cette pierre. Je lui ai dit qu'elle coûtait 100.000 yuans. Il m’a dit qu'il devait réfléchir. Le lendemain, il est revenu et m'a proposé 800.000 yuans. J'étais d’accord pour lui vendre la pierre, car j'avais besoin d’argent. Il m’a payé sans me dire toutefois son nom. Et je ne sais toujours pas qui c'est. Après avoir conclu cette affaire, je lui ai présenté une autre pierre baptisée « Phénix » en lui disant: "Tu as déjà dépensé beaucoup et même si pour toi c’est une somme qui peu importante, pour moi, salarié, c’est une grosse somme. Il est inutile que je garde « Phénix », je te l'offre ». Et je lui ai fait cadeau de la pierre « Phénix ».

Toujours chez M.Zhang, nous regardons une autre photo.

Zhang Pijiang : ami des pierres

« En 2002, la 9ème Exposition internationale des pierres s’est tenue en Corée du Sud. J'étais membre de la délégation chinoise, à côté de délégations d’une dizaine de pays. J’avais emmené avec moi une pierre car elle représentait particulièrement bien les caractéristiques des pierres-peintures de Lanzhou : elle a un fond culturel et arbore des paysages et des personnages. Les amateurs sud-coréens et étrangers l'ont vraiment appréciée. »

A Lanzhou, il n’y pas beaucoup d'espaces d'exposition de l’envergure du Musée des pierres extraordinaires de Song Zhigang... Mais on peut trouver de nombreuses salles d'expositions de pierres. On apprend d'ailleurs que le responsable de cette galerie d'exposition vient du Lac des mille îles à Lanzhou, où il a trouvé des pierres, la fortune, et une femme.

Xu Jian : ami des pierres

« Quand je suis venu à Lanzhou, j'étais tout jeune, j'avais 22 ou 23 ans. Un jour, par hasard, j’ai rencontré une jeune fille. Nous nous sommes donné rendez-vous et finalement nous nous sommes mariés. Mon objectif final était de créer un musée de pierres au Lac des mille îles. Et j'espère que les visiteurs chinois et étrangers y viendront nombreux admirer les pierres que j’ai collectionnées. Car il faut savoir que la passion des pierres du Fleuve Jaune s’étend jusqu'au Lac des mille îles, situé à plusieurs milliers de kilomètres de Lanzhou . »

- Le vieux Li, le directeur Song est venu.

-Bonjour !

-Bonjour !

-Que tu fais ?

-Je l’arrose. Regardez professeur Song ! Et admirez!

Dans le cercle des collectionneurs de pierres de Lanzhou, la communication est fréquente. Et l'on peut rencontrer nombre d’amis des pierres issus de différentes couches sociales grâce à un grand collectionneur. Li Xianqi est le propriétaire de cette petite cour. C'est un ouvrier en retraite qui touche une pension mensuelle de quelques centaines de yuans et qui ne possède aucun bien familial. Pour lui, ses objets les plus précieux sont ces pierres entreposées dans la cour.

Li Xianqi : ami des pierres

« J’éprouve des sentiments très forts pour chacune de ces pierres. Et quand des gens viennent chez moi pour en acheter, je ne veux pas me résoudre à les leur vendre, même si certains me proposent des prix très élevés. Une fois, on a voulu m'acheter une pierre pour 600.000 yuans... mais je ne l’ai pas vendue. Pour moi, ces pierres sont chargées de sentiments. Je les ai ramassées et précieusement conservées depuis tant d’années. Je n’ai pas le coeur de m'en séparer. Et l’argent m'importe peu. Tant que j'ai le minimum pour vivre, c’est suffisant. Car quand on vend une pierre, on la perd à jamais. »

Au contraire de M.Li, Zhu Ruodan et son épouse doivent faire face à des charges plus lourdes. Ils sont tous les deux au chômage et leur fille est en école secondaire. Les pierres du Fleuve Jaune apportent du réconfort à cette famille, mais aussi un certain nombre de regrets.

Zhu Ruodan : ami des pierres

« Généralement, s'il s'agir de pierres que j'apprécie particulièrement, je les dépose chez moi pour les admirer quelque jours. Mais finalement, il me faut les mettre en vente pour pouvoir vivre. Même si je les aime, je n'ai d'autre choix que de les vendre. A Lanzhou, il y a un temple du Génie protecteur de la ville, avec un marché de pierres du Fleuve Jaune. Je vend souvent mes pierres sur ce marché. Si le prix est correct, j'accepte de m'en séparer. »

Le temple du Génie protecteur de la ville mentionné par M. Zhu se trouve sur la plus animée des rues de Lanzhou. Mais il y a plusieurs lieux de transation pour les pierres du Fleuve Jaune.Les amis des pierres viennent souvent ici. Ils peuvent acquérir les pierres qu’ils aiment, et vendre les leurs. Mais ce qu'ils apprécient aussi, c'est de pouvoir échanger leurs expériences et leurs connaissances. Aujourd’hui, plusieurs marchés similaires existent à Lanzhou. On peut y constater que la collection des pierres du Fleuve Jaune fait partie de la culture populaire de Lanzhou.Pour les amis des pierres, les "trésors" du Fleuve Jaune marquent leur proximité avec la nature, ils symbolisent leur pays natal, permettent de comprendre la vie, et constitue la base d'une culture et d'une pensée.

Et malgré les prix faramineux que ces pierres atteignent parfois, elles restent, dans le coeur de ces passionnés, tout à fait inestimables.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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