|
« La Société d’épigraphie de Xiling »
La gravure des sceaux est un art spécial de style particulier et de tradition chinoise. Au fur et à mesure de la création et du développement de l’écriture, les premiers sceaux étaient apparus dans la période de la dynastie des Zhou d’il y a plus de 2000 ans. Au début, les sceaux étaient utilisés pour la signature des lettres de correspondance. Mais avec l’évolution de la société, ils ont perdu graduellement leur fonction d’usage courant.
Liu Jiang, Vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« Sous les dynasties des Yuan, Ming et Qing, des intellectuels commencèrent à prendre part à l’exécution des sceaux en combinant la calligraphie et la gravure. Après la fondation de la Société d’épigraphie de Xiling, on était plus conscient dans l’union de ces deux arts. »
La Société d’épigraphie de Xiling fut fondée en 1904 et fut la première en Chine à l’époque. Les célèbres graveurs comme Ding Ren, Wang Ti, Wu Ying et Ye Ming se rassemblaient souvent sur le mont Gushan en face du lac de l’Ouest pour discuter de l’art de gravure des sceaux. Or ils ont décidé de collecter des fonds pour construire un siège sous forme de jardin. Lors du 10ème anniversaire de la société, on a proposé à l’unanimité M. Wu Changshuo d’assumer les fonctions de premier directeur de la société. M. Wu était un grand maître d’art et a exercé une grande influence sur la Société d’épigraphie de Xiling, ce qui a permis d’attirer un grand nombre de personnalités éminentes culturelles à s’y intégrer.
Liu Jiang, Vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« Wu Changshuo excellait en poèsie, calligraphie, peinture et gravure de sceaux. Grâce à sa virtuosité dans les trois premiers domaines, ses sceaux étaient très appréciés par les vrais connaisseurs. Il a su introduire la quintessence de la peinture et de la calligraphie dans la gravure des sceaux, créant ainsi le style qui lui est propre. »
Dans ses oeuvres de gravures, Wu Changshuo a continué le style sobre de l’époque Qin et Han et y inséré son ingéniosité de calligraphie et de peinture. La répartion asymétrique des caractères rehausse la simplicité, la vigueur et l’habileté d’une pièce. Avant l’arrivée de M. Wu, la Société d’épigraphie de Xiling n’était qu’un petit groupement populaire. Sous la direction de Wu Changshuo, la société est devenue une base d’études sur l’art de gravure des sceaux en Chine.
Dans le Musée de Gravure des Sceaux de Chine, on peut non seulement voir des plus vieux sceaux de Chine et mais aussi connaître l’histoire de leur évolution.
Zhu Guantian, Vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« C’est le plus vieux sceau, mais en terme plus exact, ce n’est pas un sceau, c’est un tampon en terre cuite, il est la forme primitive des sceaux. Au début, on fait un signe sur un bout d’argile pour représenter sa personnalité. Ce qui permet de savoir qui a fait cette chose à quel endroit . »
Dans l’histoire de l’art de gravure des sceaux, chaque période avait son propre style. A partir de la dynastie des Ming, on recherchait le goût naturel ; à l’époque des Qing, étaient nées l’école de l’Anhui et celle du Zhejiang. Après avoir fait une synthèse de ces deux écoles, Wu Changshuo a transformé ce simple penchant des lettrés en une forme artistique indépendante qu’est l’étude des sceaux.
Liu Jiang, vice-directeurde la Société d’épigraphie de Xiling
« On peut dire que l’époque des Qing était le deuxième apogée de la gravure des sceaux en Chine et M. Wu Changshuo en était le porte-drapeau. »
L’influence de M. Wu Changshuo prolongeait jusqu’à l’étranger. Aujourd’hui, la Société d’épigraphie de Xiling conserve encore une stèle sur laquelle on a gravé la mémoire écrite par le célèbre graveur de sceaux japonais Kawai Norio sur l’histoire de cette fameuse société. Ce dernier avait reconnu Wu Changshuo comme maître en 1900 et était devenu un membre associé plus tard.
Chen Zhenlian, vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« Le premier document important sur l’histoire de la Société d’épigraphie de Xiling était sorti des mains d’un membre japonais. M. Kawai Norio visitait la Chine tous les ans et avait introduit cet art chinois au Japon. Grâce à lui, l’art de gravure de sceaux a connu un épanouissement au Japon. On le considère comme maître fondateur de la gravure de sceaux du Japon. »
Lorsque la Société d’épigraphie de Xiling organise des symposiums, de célèbres hommes de lettres des quatre coins du monde se rassemblent à Hangzhou. Pour être un membre à part entière de cette société, il faut avoir non seulement une haute célébrité sociale, mais aussi une originalité de savoirs. Le critère est si sévère que la société ne comptait que moins de 300 membres depuis un siècle, dont une trentaine d’étrangers. Ils sont devenus de fidèles diffuseurs et initiateurs de l’art de gravure de sceaux de Chine dans leur lieu de résidance.
Chen Zhenlian, vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« Dès sa naissance en 1904, la Société d’épigraphie de Xiling repose sur une base très solide. Tous les directeurs de la société sont des personnalités éminentes du milieu culturel, par exemples, le premier directeur Wu Changshuo était très fort en poèsie, calligraphie, peinture et gravure de sceaux ; son successeur Ma Heng était un vrai connaisseur des inscriptions sur bronze et stèle ; le troisième directeur Zhang Zhongxiang excellait dans la bibliographie, de même que le quatrième directeur Sha Menghai et le cinquième directeur Zhao Puchu. Ils étaient tous de grand maître dans leur milieu académique respectif, et leur compétence a largement contribué aux mobilisations de diverses forces du milieu culturel pour soutenir notre société. »
Avec la participation des artistes renommés, une bonne ambiance d’échange des arts a été créée entre les membres de la Société d’épigraphie de Xiling. Le maître bouddhiste Hongyi et les hommes de lettres renommés comme Huang Binghong, Pan Tianshou et Feng Zikai y ont laissé pas mal de chefs-d’oeuvre. Dans le domaine de l’étude de gravure de sceaux de Chine, la Société de Xiling a apporté une bonne moitié d’acquis de recherches académiques du pays.
L’objectif de la création de la Société d’épigraphie de Xiling vise à préserver les inscriptions sur bronze et stèle et à poursuivre l’étude de gravure de sceaux. Donc, on a collectionné beaucoup d’objets historiques et culturels de première importance dans l’étude de gravure de sceaux en Chine. Certains sont donnés par les membres, certains d’autres ont été achetés avec des fonds collectés par les membres. Tout le monde voulait laisser un riche patrimoine culturel pour la société.
Chen Zhenlian, vice-directeur de la Société d’épigraphie de Xiling
« A travers les acquis et les créations que nous avons réalisés jusqu’ici, et le nombre des pratiquants de gravure de sceaux, on peut dire que notre société a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de l’étude de gravure de sceaux en Chine contemporaine. »
La Société d’épigraphie de Xiling a derrière elle une histoire de 100 ans, grâce aux efforts de plusieurs générations, elle est devenue un symbole de la culture traditionnelle chinoise. Les sceaux sont sortis de bureau des lettrés et devenus un objet d’art illustrant l’écriture chinoise.
|