|
Aperçu de Hangzhou
Hangzhou est le chef-lieu de la province chinoise du Zhejiang et l’une des 7 villes capitales de la Chine antique. Le royaume des Wu et Yue de la période des Cinq Dynasties et la dynastie Song du Sud avaient établi leur capitale à Hangzhou. La ville de Hangzhou a une existence de plus de 2200 ans, elle est une ville touristique très célèbre en Chine et jouit d’une réputation internationale comme « paradis terrestre ». Au 13ème siècle, l’éminent voyageur italien Marco Polo l’appela la « ville la plus belle du monde ».
La mystérieuse culture de Liangzhu
En juillet 1936, Shi Xingeng et He Tianxing, deux jeunes personnels du Musée du lac de l’Ouest de Hangzhou avaient trouvé certaines pièces de poteries jamais vues dans un étang du bourg Liangzhu de Yuhang à Hangzhou, province du Zhejiang. De par leur expérience dans l’exhumation de jades anciens, ils avaient l’intuition de l’originalité de ces poteries et jades anciens de formes bizarres. Les fouilles de plusieurs dizaines d’années ont confirmé que ce sont des vestiges de la civilisation Liangzhu qui avait des liens historiques avec la civilisation Hemudu du bassin du Yangtsé. Sur le site archéologique de Hemudu, on a trouvé du riz cultivé par l’homme, tandis que dans les vestiges de Liangzhu, on a déterré des objets en jade datant de plus de 5000 ans.
C’est un peigne de jade, les Chinois de l’ancien temps utilisaient souvent ce genre de peigne vertical et le laissaient sur le chignon après la coiffure. C’est un objet sacré de jade que l’on utilisait lors de la cérémonie de sacrifice, sa forme est ronde à l’intérieur et carrée à l’extérieur, il représentait le droit divin. Ce qui reflète en quelques sortes l’idéologie des gens de Liangzhu qui croyaient que « le ciel était rond et la terre était carrée ». Une plaque de jade avec des motifs d’animaux divins présente la plus grande valeur, les traits de motifs sont plus fins qu’un poil, on ne peut les discerner qu’avec une loupe. En haut, c’est une figure d’homme divin, et en bas, c’est un visage d’animal. C’est peut-être un instrument de sacrifice, ou un emblème ethnique.
|
|
|
|
Aux yeux des Chinois, le jade représente la pureté et la beauté. Ils aiment exhalter les merveilleuses choses par le jade. Dans la langue chinoise, les deux caractères qui désignent le trésor rare et l’objet précieux comportent tous le sous-caractère « Yü », c-à-d. le jade, qui devait tirer son origine dans l’inscription sur carapaces et sur os de la dynastie des Shang, du 16ème au 11ème sicèle avant notre ère, qui est considérée comme la plus ancienne écriture chinoise et dans l’inscription sur bronze. Pourquoi les gens préhistoriques de Liangzhu portaient un si grand intérêt sur le jade ? Pourquoi ils consacraient autant d’énergie pour polir le jade ? Comment gravaient-ils des traits de décoration si fins ? M. Mou Yongkang, chercheur du comité d’experts du Centre de Recherche sur la Civilisation antique de l’Académie des Sciences sociales de Chine, a mené des études approfondies sur ces dossiers pendant plusieurs dizaines d’années.
Mou Yongkang, chercheur du comité d’experts
Centre de Recherche sur la Civilisation antique de l’Académie des Sciences sociales de Chine
Liangzhu fut étroitement lié avec le jade, nous--savants de l’Extrême-Orient--avons pris le jade comme un important point de repère pour les recherches sur l’origine de la civilisation chinoise. Comment et pourquoi nos aïeux traitèrent-ils ces matières si dures ? L’intensité de travail pour polir une pièce de jade était cent fois, voire mille fois plus grande que celle pour tailler une pierre ordinaire. A cette époque-là, pour faire un outil en pierre, une seconde suffit pour briser un bloc de pierre. Pour le jade, il fallait scier. L’expérience de nos jours prouve qu’il faut 24 heures pour scier un centimètre de jade. Nos ancêtres considéraient le jade comme quelques choses de sacré, ils voulaient le traiter à tout prix.
Un proverbe chinois dit : Le jade ne devient jamais un objet utile sans polissage. Le jade est une matière dure et compacte. Sur cette pièce de jade de Liangzhu, on peut observer quatre à cinq lignes aussi fines qu’un poil dans un espace de moins d’un milimètre. Les gens de Liangzhu vivaient dans l’ère néolithique, la technique de fonte des métaux n’existait pas encore. Comment faisaient-ils pour fabriquer ces jolies pièces de jade ?
C’est un atelier moderne pour la fabrication des objets en jade. A nos jours, la fabrication des produits en jade compte sur la meule métalique à rotation rapide pour la sculpture et le polissage. Donc, les objets en jade de Liangzhu ont engendré beaucoup d’imaginations, certains experts étrangers se demandaient si ces objets étaient des chefs-d’oeuvre des « hommes extraterrestres ». Mais le professeur Mou Yongkang a trouvé une référence dans le plus ancien « Livre des odes » de Chine : « La pierre d’autre montagne peut rectifier le jade ». Ces jades d’une dextérité extraordinaire étaient polis avec meule d’émerie et de quartz mêlée d’eau.
Mou Yongkang, chercheur du comité d’experts
Centre de Recherche sur la Civilisation antique de l’Académie des Sciences sociales de Chine
Parce que dans cette époque, on ne trouvait que des sables composés de bioxyde de silicium et de quartz qui étaient plus durs que le jade. Comme ces grains étaient très fins, impossible de les utiliser à main nue. Les gens de Liangzhu savaient utiliser un fil mou imbibé d’eau et de grains de sable pour frotter le jade.
Ce sont des charrue en pierre, brise-mottes, util de sarclage et faucille en pierre. C’est grâce à l’utilisation de ces instruments simples mais pratiques qu’une partie des gens de Liangzhu s’étaient débarrassés du labeur agricole et s’adonnaient à l’artisanat dont la fabrication des objets en jade. Tout au long de la civilisation chinoise plusieurs fois millénaire, on peut remarquer une culture matérielle qui se prolonge dans des milliers d’années et n’a pas tari, à part la poterie et la porcelaine, c’est peut-être le jade. Certains ont désigné une ère de jade entre l’ère néolithique et l’ère de bronze dans l’histoire de la Chine.
A mon avis, quand nous étudions l’histoire de la Chine et envisageons la culture chinoise, il faut saisir les deux caractères suivants : sans discontinuité et évolution durable. La culture et l’histoire de la Chine ne s’étaient jamais interrompues. Il faut comprendre la culture et l’histoire chinoises dans le contexte d’espace et du temps durables et d’évolution continue. Donc, nous ne devrions pas traiter une culture quelconque par une courte période de l’histoire de cette culture. A voir les choses sous cet angle, nous ne devons pas tirer la conclusion que la culture de Liangzhu était une culture disparue. Il ne faut pas l’interprêter de cette manière. »
Outre les objets en jade, on a découvert dans les vestiges de Liangzhu des tissus et rubans en soie. Ce qui prouve que les habitants d’alors connaissaient déjà la sériciculture et le tissage en soie. Les « caractères primitifs » gravés sur les ustensiles sont considérés comme l’embryon de l’écriture mûre chinoise. Du noeud de ficelles au dessin gravé pour enregistrer les événements, l’apparition de l’écriture authentique était proche.
Bien sûr, il y a encore ces beaux objets en laque. Hangzhou est le pays natal de laquier depuis l’antiquité. Avant les années 80 du siècle dernier, aux mois d’avril et de mai de chaque année, beaucoup de laqueurs entraient par groupe dans les hautes montagnes pour découper les laquiers. Mais aujourd’hui, on n’y voit plus ce genre de spectacle. Même ce vieux laqueur ne peut pas nous expliquer l’origine exacte de la technique de découpage de laquier. Nous ne pouvons savoir si les objets en laque de Liangzhu étaient fabriqués avec la laque de cette montagne.
Zhang Binghuo, directeur, Comité de gestion
Site de vestiges de Liangzhu, Hangzhou
Les vestiges de Liangzhu sont une composante de l’histoire de la culture chinoise cinq fois millénaire, Liangzhu est le berceau de la civilisation orientale. Le professeur Yan Wenming a dit que la lumière de la civilisation chinoise aurait commencé à Liangzhu.
En ce qui concerne la destination de la culture de Liangzhu, il y a plusieurs versions, l’une d’entre elles disait que la culture de Liangzhu avançait vers le Nord pour être fusionnée dans la culture de la Plaine centrale de Chine, car les archéologues ont découvert sur les ustensiles en bronze de la dynastie des Shang les motifs d’animal fabuleux d’une grande férocité qui ressemblent beaucoup au motif d’homme divin au visage d’animal gravé sur le jade antique de Liangzhu.
|