Dossier
Les collections du Musée du Palais impérial de Beijing et du "Musée national du Palais" de Taibei seront enfin réunies après presque six décennies de séparation.
La collection du musée impérial de Taibei qui a 43 ans et regroupe 650 000 antiquités a été déplacée du Musée impérial du Palais en 1948 et 1949, alors que le Musée du Palais impérial de Beijing, mieux connu sous l'appellation de la Cité interdite abrite plus d'un million d'objets antiques, et n'a jamais échangé ses collections pour l'exposition.
Mais avec le réchauffement des relations entre les deux rives du Détroit, certains parlent de cette exposition conjointe comme des retrouvailles des deux jumeaux qui se sont perdus de vue depuis longtemps.
Hsu Hsiao-te, chef du Fond des arts culturels au "Musée national du Palais" de Taiwan a annoncé que son musée projette d'organiser une exposition d'objets antiques les plus importants en collaboration avec la Cité Interdite d'ici trois à cinq ans.
"J'espère évidemment que l'exposition conjointe des deux musées aura lieu le plus tôt possible", a déclaré M.Hsu, lors de son voyage de quatre jours à Beijing pour participer à l'exposition sur la culture vendredi dernier.
"Cela a été une aspiration des générations de nos directeurs de musée", a-t-il dit en ajoutant qu'une telle exposition n'est réalisable qu'après une série de procédures juridiques.
Cette exposition commune peut dévoiler des trésors, comme un ensemble de trois calligraphies rares, qui seront mises ensemble pour la première fois depuis 1949. L'empereur Qianlong (1736-1795) de la dynastie des Qing (1616-1911) avait rassemblé ces trois calligraphies ensemble, mais elles ont été séparées: deux d'entre elles sont restées à Beijing, tandis que la troisième est à Taibei.
Les représentants des deux musées se sont réunis derrière les hauts murs de la Cité Interdite mercredi dernier pour discuter de cette exposition commune, et se sont mis d'accord que l'exposition portera le nom "Le Musée du Palais impérial ".
Dans un geste d'amitié, Li Wenru, vice-directeur du musée du Palais impérial de Beijing qui a 83 ans, a accepté de prêter à Taibei 500 pages manquantes d'une rare collection de manuscrits bouddhistes ainsi que quelques objets antiques.
La dernière fois lorsqu'il y avait un échange entre les deux rives du Détroit, c'était en 1996, lorsque les deux musées ont publié ensemble un catalogue de leurs meilleures collections.
Taibei est peu enclin à transférer des objets antiques à Beijing, car les lois de la République Populaire de Chine ne disposent pas d'une clause sur "la non-saisie" des objets antiques. Cela signifie que les autorités du continent chinois pourraient saisir des objets antiques chinois lorsqu'ils sont exposés sur le continent.
Mais Liang Jinsheng, directeur du Département des collections du Musée du Palais impérial de Beijing, a réfuté ces inquiétudes : "Nous n'avons pas l'intention de saisir les antiquités de Taibei. Nous referons l'intégralité de la collection Musée du Palais impérial ensemble."
"Les deux jumeaux sont comme deux petits pois dans une gousse : ils sont complémentaires", a conclu M.Liang.
Rédacteur: Liu Xinyan