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Au numéro 5 de l'allée Qiangan, se trouve la maison de la famille Qi, une vieille famille mandchoue autrefois très à l'aise. Peu après la fondation de la République populaire en 1949, le père de Monsieur Qi a fait cadeau de ses propriétés à l'Etat et n'a gardé que cette demeure, construite, dit-on, il y a 400 ans. Le mobilier qu'on y trouve est de style chinois classique, de grande beauté. Il nous fait admirer le paravent, la chaise, et le bureau sur lequel reposent les quatre trésors du lettré : papier, pinceau, encre et encrier. Monsieur Qi mène avec sa famille une vie simple, il reçoit aujourd'hui les étrangers de passage, à qui il aime présenter ses souvenirs et raconter sa vie. Nous verrons encore l'appartement de sa soeur avec ses armoires et son lit traditionnels.
Toutes ces émotions creusent l'appétit ! Monsieur Qi voit à tout, et bientôt le repas est servi. Mais attendez ! Gourmands que nous sommes, nous n'avons pas vu qu'il s'y trouve tout un symbolisme : quatre sauces, c'est qu'il y a quatre saisons et que notre hôte nous souhaite une paix durable ; six plats froids, cela crée une situation favorable. Les Chinois prennent la vie comme elle vient, et pourtant ne laissent rien au hasard. A l'exemple de Monsieur Qi, on ajoute aux nouilles sauce de soja, porc haché, concombre finement tranché, autres légumes, et l'on mélange soigneusement le tout. Reste à déguster, bon appétit !
Bien rassasié, quelque peu alangui, le corps appelle au farniente au moins un petit moment. Profitons-en pour une promenade d'un autre genre, faisons un tour sur l'eau. Shichahai, il faut savoir, c'est d'abord et avant tout les lacs, pivots du quartier, centre d'attraction auquel toujours l'on revient. Il y en a en fait toute une enfilade - lac d'en avant, lac d'en arrière, lac de l'ouest - et l'on peut en vérité aller du Palais impérial, tout au centre de Beijing, jusqu'au Palais d'été, des kilomètres au nord-ouest, sans jamais quitter les canaux. Tiens, revoici le petit pont Yinding ; de l'autre côté c'est Houhai, le lac d'en arrière. Notre promenade restera modeste, mais admirez tout de même. Bercé par le son classique du pipa, dont joue une jolie demoiselle, on se croirait presque un mandarin des temps anciens revenu contempler ses domaines.
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