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Shichahai était assurément jadis un quartier huppé, un caractère qu'il tend à reprendre aujourd'hui. Mais si les habitants aimaient leurs aises, bien peu pouvaient se le permettre autant que le prince Gong, père de Puyi, le dernier empereur, et représentant maladroit de la Chine dans ses pourparlers avec l'Angleterre. Pour se remettre de ses émotions, le prince pouvait simplement rentrer chez lui, dans la plus vaste résidence privée de la dynastie des Qing. Datant du XVIIIe siècle, cette demeure classique aurait servi de modèle pour le plus grand de tous les romans chinois, Le rêve dans le Pavillon rouge de Cao Xueqin.
De style Ming, le palais s'étend sur 28 000 mètres carrés et comprend trois groupes d'habitations. Ses pavillons, plans d'eau, rocailles et points de vue sont célèbres. La cour principale fait l'objet depuis 1995 de travaux de rénovation qui s'achèveront fin 2007.
Clou de la visite, un très joli théâtre princier de 150 places. Les visiteurs peuvent y retrouver quelque chose de l'atmosphère antique au fil d'une brève séance d'opéra de Pékin, avec cascades et magie.
Voici maintenant le musée consacré à Guo Moruo, un écrivain chinois contemporain. Il a coulé des années paisibles dans cette résidence, qu'avait occupée avant lui Soong Qingling, épouse de Sun Yatsen et présidente honoraire de la République populaire. Ecrivain officiel et homme politique, Guo Moruo entretenait des relations amicales avec le président Mao Zedong. Dans un coin de la cour, un grand ginkgo surnommé "L'arbre de maman". Guo Moruo l'a mis en terre lui-même, en 1963, pour souhaiter prompt rétablissement à son épouse malade.
Autre petit siheyuan qui mérite une visite, l'ancienne résidence de Mei Lanfang, grand maître de l'opéra de Pékin. De construction classique, la résidence est pleine de charme, avec des maisons qui donnent vers l'est, l'ouest et le nord. Elles sont reliées par un corridor orné de motifs colorés. Salon, bibliothèque, chambre à coucher et chambre de séjour conservent encore les meubles et objets anciens dont usait le maître de maison. Spécialisé dans les rôles féminins, Mei Lanfang a, de son vivant, beaucoup contribué à faire connaître l'opéra de Pékin de par le monde, avec des tournées mémorables au Japon, aux Etats-Unis et en Union soviétique ainsi que dans de nombreux autres pays d'Europe, d'Amérique et d'Asie. Il a laissé une empreinte certaine sur les arts scéniques contemporains.
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