Le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, ne peut toujours pas revenir au pays. Son avion a été interdit d'atterrir sur le principal aéroport du Honduras hier dimanche. Des véhicules de l'armée et des soldats bloquaient la piste, et des affrontements ont éclaté avec quelques milliers de manifestants présents à l'extérieur de l'enceinte.
Dimanche toujours, le gouvernement par intérim du Honduras a déclaré qu'il discuterait prochainement de cette crise avec l'Organisation des Etats américains.Cependant, cette proposition n'inclut pas la possibilité d'un retour pour l'ancien président destitué Manuel Zelaya. ( fin)
Les pilotes de l'avion qui transportait Manuel Zelaya ont effectué de nombreux cercles au-dessus de l'aéroport , avant de prendre la décision d'éviter tout accident.
Zelaya s'est posé à la place au Nicaragua avant de se rendre au Salvador. Il s'est engagé à tenter de se poser à nouveau au Honduras, lundi , ou mardi en vue de retrouver le pouvoir, et ce, particulièrement dans un pays où presque toutes les branches du gouvernement sont alignées contre lui. Une semaine plus tôt, l'armée a pénétré dans sa maison, l'envoyant en exil en pyjama.
Manuel Zelaya
Président du Honduras chassé
" Vraiment, ils bloquent tous nos efforts pour atterrir. Ils menacent d'envoyer l'armée de l'air contre nous. Ils mettent des obstacles sur la piste d'atterrissage pour nous empêcher de nous poser. Il y avait cinq véhicules sur la piste. Des militaires étaient présents également. Et nous avons même reçu des menaces de la tour de contrôle de l'aéroport de Toncontin, disant que nous serions interceptés par l'armée de l'air."
Le président par intérim du pays, Roberto Micheletti, a insisté pour que le chef d'Etat soit tenu à l'écart du pays. Il a également indiqué qu'il ne négocierait pas jusqu'à ce que les choses reviennent à la normale.
Roberto Micheletti
Président du Honduras par intérim
" Nous insistons, nous ne voulons pas de conflit interne, pas une goutte de sang hondurien n'a été versée, mais cela pourrait être le résultat d'un retour de Zelaya. Je crois que c'est le moment d'y penser, de tenir un dialogue, de résoudre ce problème et au bon moment...il prendra la décision de revenir et de se rendre aux autorités, qui décideront ainsi des meilleures choses à faire avec l'ancien président Zelaya."
Pendant ce temps, Zelaya en appelle aux Nations-Unies, à l'Organisation des Etats américains, aux Etats-Unis, et aux pays européens à " faire quelque chose avec ce régime répressif " .
Cependant le gouvernement par intérim au Honduras a promis d'arrêter Zelaya s'appuyant sur 18 actes pénaux d'accusation. Parmi eux, la trahison et le manquement à la mise en application de plus de 80 lois votées par le Congrès depuis son entrée en fonctions en 2006.
L'attitude de l'armée a entraîné une condamnation des Nations-Unies et le Honduras a été suspendu de l'Organisation des Etats américains.
Exclu de cette Organisation, le gouvernement par interim se retrouve isolé, et fait face à trois types de sanctions commerciales. Cette nation parmi les plus pauvres encourt également la perte de centaines de millions de dollars liés aux subventions pétrolières, aux aides diverses et aux prêts accordés.
Tang Zhengyan, CCTV
Rédacteur: Tao Ruogu