Dossier
Né dans une famille modeste d'agriculteurs et se hissant jusqu'au poste de président de Corée du Sud, Le parcours de Roh Moo-Hyun aura été extraordinaire jusqu'à sa mort. Beaucoup lient sa disparition à son implication dans des scandales de corruption. Qing Song revient sur la vie de l'ex-président sud-coréen.
Le mois dernier, les procureurs ont interrogé Roh Moo-Hyun pendant 13 heures sur un cas de corruption de 6 millions de dollars. Ces accusations l'avaient profondément humilié.
"Je n'ose regarder les gens en face. Je suis désolé de les décevoir."
Voilà ce qu'il a déclaré le 30 avril, quelques jours avant l'interrogatoire.
Roh a admis que son épouse avait reçu 1 million de dollars américains de Park Yeon-cha, chef d'une usine locale de chaussures, mais démentait qu'il s'agissait d'un pot de vin. Il a également déclaré qu'il savait que Park avait donné 5 autres millions de dollars à un proche, mais qu'il pensait que c'était un investissement. Selon lui, tout cet argent n'avait rien à voir avec lui. Pour les procureurs, Roh était la dernière cible.
L'ex-président avait commencé en bas de l'échelle. Il est né dans une pauvre famille de paysans et n'a jamais été à l'université. Il a étudié le droit par lui-même et passé l'examen du barreau de Corée du Sud. Il s'est hissé à la présidence après une victoire surprise aux élections de 2002. Il s'engageait dans sa campagne à ne pas courber l'échine devant les Etats-Unis, ce qui avait plu aux jeunes.
Il avait gardé la politique "soleil" de son prédécesseur à l'égard de la RPDC et rencontré Kim Jong Il à Pyongyang en 2007. Une fois perdu le pouvoir, Roh a chuté de son pied d'estale. Les procureurs l'ont poursuivi en enchaînant les accusations de pots de vin. Il aurait confié un jour à sa femme que sa vie de retraité s'en trouvait dérangée et que sa maison étaient devenue une prison virtuelle.
Qing Song, CCTV.
Rédacteur: Tao Ruogu