Dossier
Partons maintenant pour le Sichuan, qui subit encore le contrecoup du tremblement de terre du 12 mai. Plus de 2 semaines ont passé depuis que la Chine a remporté une victoire décisive dans ses efforts de drainage titanesque du plus grand lac de barrage, le lac de Tangjiashan, qui s'était formé suite au séisme. Mais à présent, les risques d'inondation, de glissements de terrain et de coulées de boue augmentent à nouveau en raison de l'arrivée du mois de juillet, toujours très humide dans la région. Des géologues ont donc entrepris des recherches dans les environs du lac de barrage.
La ville de Leigu est maintenant tout hérissée de tentes. Des dizaines de milliers de personnes vivent dans des abris temporaires ici. Et c'est le lot de 10 millions d'habitants tout en aval de la rivière. A à peine 30 minutes d'avion de Leigu se trouve le lac de barrage de Tangjiashan, le plus grand des 34 étendues d'eau de ce type à s'être formées suite au désastre du 12 mai dernier. L'eau s'en évacue encore. Le canal d'où elle coule fait à présent 150 mètres de large après 17 jours de drainage au cours desquels 60% du volume de l'eau du lac qui comptait 243 millions de mètres cubes se sont écoulés.
Yang Hongwei, Vice-Ingénieur en chef, Institut d'Etudes et de Conception Hydroélectrique de Chengdu
"A présent, le niveau de l'eau est passé de 743,13 mètres à 710 mètres. Cela signifie qu'il a perdu 33 mètres d'altitude, soit 157 millions de mètres cubes d'eau. Le 11 juin, la vitesse de drainage avait été de 6 mille 500 mètres cubes à la seconde. C'est l'équivalent du débit d'inondations qui n'arrivent qu'une fois tous les 200 ans."
Hélas, le combat n'est pas terminé ; cette fissure dans le flanc de la colline indique qu'un glissement de terrain pourrait se produire à court terme.
Professeur Li Xiyao, Institut d'Etudes et de Conception Hydroélectrique de Chengdu
"Depuis l'hélicoptère, la chaîne de montagne apparaît comme la colonne vertébrale d'un poisson dont la chair aurait été arrachée. Et le relief a été ameubli par le séisme. On dirait la paume d'une main humaine. L'espace entre chaque doigt est rempli de rochers instables et de boue, ce qui est extrêmement dangereux."
Ces inquiétudes remontent au 14 juin dernier.
Yang Hongwei, Vice-Ingénieur en chef, Institut d'Etudes et de Conception Hydroélectrique de Chengdu
"Le 14 juin, les chutes de pluie ont atteint les 110 millimètres. Un amoncellement de 80 mètres cubes de terre a dégringolé et entravé le canal d'évacuation. Et le niveau de l'eau s'est remis à augmenter après ça."
La résistance de la digue pose d'autres inquiétudes. Des échantillons de terre et de roches y ont été prélevés pour déterminer les endroits où le barrage résistera...et surtout, ceux où il risque bien de s'effondrer.
Journaliste
"Pourquoi effectuer des prélèvements?"
Professeur Li Xiyao, Institut d'Etudes et de Conception Hydroélectrique de Chengdu
"La composition des roches peut nous renseigner sur la structure générale et les composants du barrage. Les échantillons sont prélevés à 78 mètres de profondeur dans la digue et ils nous permettent de nous faire une idée de la stabilité du lac."
Les experts déclarent qu'ils rendront un rapport complet sur l'évaluation de la situation avant le mois de juillet qui est celui du début de la saison des inondations en Chine, une période qui sera particulièrement critique.
You Li, CCTV.
Rédacteur: Baiyun