La Cité interditeⅡ - Le Sommet de l´âge d´or ⑴ 
cctv.com 06-06-28 23:30 

L'issue de la guerre était pratiquement certaine et des changements dynastiques étaient en cours.

Le huitième mois lunaire de 1644, un enfant de six ans accompagné de sa mère et d'un important entourage quitta son lieu de naissance de Shenjing (aujourd’hui Shenyang) pour se rendre à Beijing. Le nom de l'enfant était Fulin et il devint l'empereur Shunzhi de la dynastie Qing. La destination de ce voyage était sa nouvelle demeure à Beijing : la Cité interdite.

L'empereur Shunzhi n’était alors qu’un enfant de six ans. L'immense porte inconnue dut lui faire une forte impression.

Avec ses 37,95 mètres de hauteur, c'est la plus imposante porte de la Cité Interdite. Selon la théorie chinoise du Yin et du Yang, le nord est appelé Zi et le sud Wu. Cette porte située au sud de l'axe central de la Cité interdite s'appelle donc "Wu Men" (Porte du Midi)

En franchissant la Porte du Midi, l'empereur Shunzhi découvrit la vraie Cité Interdite.

C'était sa nouvelle demeure. Habiter là symbolisait sa nouvelle fonction de dirigeant suprême de la Chine.

Ce qui frappe de prime abord lorsqu'on regarde ce palais, ce sont ses murs cramoisis, ses tuiles dorées et vernissées ; ce rouge et cet or détachent la Cité interdite des bâtiments qui l'entourent.

La Cité interdite se compose de deux parties : la Cour extérieure et la Cour intérieure. Dans la première, l'empereur traite les affaires politiques importantes de la cour et tient les principales cérémonies, alors que, dans la seconde, l'empereur expédie les affaires courantes et vit avec la famille impériale.

T :

JIN HONGKUI, vice-président du Musée du Palais

Le plan général de la Cité interdite se présente de la façon suivante :

Un certain nombre d'axes sont utilisés

pour ordonner des édifices construits autour d'une cour.

Dans chaque cour, les édifices sont groupés

en fonction de leur importance :

certains sont subordonnés à d'autres

qui sont à leur tour dominés par d'autres.

A travers ce langage architectural,

la hiérarchie, l'ordre dans la société féodale et les rites

sont clairement définis.

Selon la légende, le palais Ziwei de l'Empereur de Jade au paradis possède 10 000 chambres. On dit aussi qu'il y aurait 9.999,5 chambres dans la Cité interdite sur terre. En fait au cours des 500 dernières années, la Cité interdite connut de nombreux remaniements. Selon une enquête menée en 1973 par les experts du Musée du Palais, il y aurait 8.704 chambres et non 9.999,5 dans la Cité interdite.

D'aucuns pensent que lorsque l'empereur Shunzhi vit pour la première fois la Cité interdite, cette dernière n'était pas complète. En effet, Duoergun, le prince régent, était arrivé à Beijing plusieurs mois avant l'empereur Shunzhi. Dans son rapport, il informait l'empereur que Li Zicheng, chef de file des paysans insurgés, avait incendié le palais lors de sa fuite.

T :

LI XIEPING, chercheur associé du Musée du Palais

Il est vrai que Li Zicheng a mis le feu au palais,

mais il est difficile d'évaluer les dégâts

car les historiens de la dynastie Qing

avaient leur propre interprétation.

Il est explicitement écrit

dans l'édition augmentée des Anecdotes de la capitale,

révisée durant la période Qianlong ,

que la Cité interdite a été réparée et rénovée

sur la base de l'ancienne dynastie.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela veut dire que les réparations et la rénovation

ont été effecutées sur la base des structures des Ming.

Ce qui démontre que Li Zicheng et ses hommes

n’ont pas causé d’importants dommages à la Cité interdite.

La légende n'est donc pas vraie.

Selon les annales de la dynastie Qing, l'empereur Shunzhi alors âgé de 6 ans est monté sur le trône à la porte Huangji, aujourd'hui appelée la Porte de l'Harmonie suprême.

Dans la seconde année du règne de l'empereur Shunzhi, tous les halls de l'axe central furent rénovés l'un après l'autre, puis rebaptisés. Ce furent les principaux changements apportés sous la dynastie Qing. Le hall Huangji s'appelait désormais Hall de l’Harmonie suprême, le hall Zhongji le Hall de l'Harmonie parfaite et le hall Jianji le Hall de la Préservation de l'Harmonie. Pour un nouveau régime qui n'était pas encore suffisamment stable, le mot "harmonie" traduisait le souhait d'une paix durable dans le pays et d'une relation harmonieuse entre l'empereur et ses sujets.

Depuis cette époque, on peut voir dans la Cité interdite des panneaux portant des caractères mandchous.

Malheureusement l'empereur Shunzhi n'a pas vécu assez longtemps pour voir fleurir cet âge de paix. Il est mort en 1661, à peine âgé de 24 ans.

18 années plus tard, au cours d'une nuit froide d'hiver, la cuisine principale prit feu et les flammes touchèrent les autres bâtiments. Deux heures plus tard, le Hall de l'Harmonie suprême était parti en flamme.

Quelques jours plus tard, six ennuques tenus pour responsables de l'incendie furent pendus. Durant les 18 années qui suivirent, le Hall de l'Harmonie suprême resta en ruine.

Pendant cette période, le jeune empereur Kangxi était occupé à guerroyer dans divers endroits pour stabiliser le pouvoir de la dynastie Qing.

En 16 années, il écrasa la rébellion dirigée par Wu Sangui, il reprit Taiwan et il battit l'invahisseur russe. Il signa le seul traité équitable que la dynastie Qing ait signé avec un pays étranger : le traité sino-russe de Nerchinsk. Cependant, ce n’est que pendant la 34ème année du règne de l'empereur Kangxi que le pays entier fut pacifié. C’est à ce moment que l'empereur eut finalement assez de temps et de moyens pour envisager la reconstruction du Hall de l'Harmonie suprême.

Il y eut de gros problèmes lors de la reconstruction du Hall qui avait été construit sous le règne de l'empereur Tianqi de la dynastie Ming. 69 années s’étaient écoulées depuis lors. Personne n'avait plus la moindre idée des proportions architecturales exactes et on ne disposait d'aucune autre donnée.

L'empereur Kangxi était féru de lecture et il avait consulté beaucoup de livres pour essayer de trouver des informations pertinentes. A sa grande déception, il ne trouva rien.

Mais un homme appelé Liang Jiu allait redresser la situation. Agé de plus de 70 ans, Liang Jiu avait travaillé dans le Conseil des Travaux pendant plus de 40 ans depuis le règne de l'empereur Chongzhen de la dynastie Ming.

Selon la biographie de Liang Jiu, ce dernier avait construit une maquette du Hall de l'Harmonie suprême à l’échelle d'un dixième. Sur la base de celle-ci, le Hall de l'Harmonie suprême put finalement être reconstruit.

C'était un vrai miracle : chaque partie en bois à l’échelle s'imbriquait parfaitement avec les autres.

Heureusement, tout le matériel et les mesures utilisés au cours de la reconstruction du Hall de l'Harmonie suprême, entreprise dans la 34ème année du règne de l'empereur Kangxi, furent répertorié en détails dans un livre intitulé Les événements historiques du Hall de l’Harmonie suprême. C'est la seule archive détaillée sur la reconstruction du Hall et elle est donc d'une grande valeur pour toute réparation ou rénovation de grande envergure.

T :

Baissez-vous!

Faites le kowtow!

Faites le second kowtow!

Faites le troisième kowtow!

La reconstruction du Hall de l'Harmonie suprême se termina la 36ème année du règne de l'empereur Kangxi et une grande cérémonie fut organisée à cette occasion. Ce n'était pas seulement pour fêter la fin de la reconstruction du Hall, mais aussi pour marquer le début d'une nouvelle ère florissante.

Voilà le Hall de l'Harmonie suprême tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui. Construit sur une terrasse en marbre blanc d'une hauteur de 8 mètres, il est le cœur de la Cité interdite et l'apogée du mouvement de la mélodie architecturale. La conception de toutes les parties du Hall se focalise sur un but unique : mettre en évidence la suprématie du pouvoir impérial.

Le Hall de l'Harmonie suprême était le bâtiment le plus élevé de Beijing. Sa taille était équivalente à un building moderne de douze étages : il était haut de 36,57 mètres.

Le Hall de l'Harmonie suprême est aussi la plus grande construction de la Cité Interdite. Il occupe une superficie de 2.381 mètres carré, soit la moitié d'un terrain de football. La proportion entre sa longeur et sa largeur est exactement de 9 sur 5 : des chiffres qui symbolisent la suprématie.

Le Hall de l' Harmonie suprême, le Hall de l'Harmonie centrale et le Hall de la Préservation de l'Harmonie constituent le corps principal de la Cour extérieure. Ils sont généralement appelés les trois grands halls.

Dans beaucoup de constructions de la Cité interdite, on trouve des parties qui se réfèrent au nombre 9, la plus grande des unités et le symbole de la suprématie. Ainsi on retrouve neuf lignes horizontales et neuf lignes verticales de grands clous sur les portes ainsi que neuf sculptures d’animaux à quatre pattes sur les avant-toits. Mais le nombre neuf n'est pas suffisant pour exprimer la suprématie du Hall de l’Harmonie suprême. On trouve donc les sculptures de 10 animaux à quatre pattes sur son toit. La dixième sculpture est appelée Hangshi et n’existe sur acune autre ancienne construction en Chine.

Le Hall de l' Harmonie suprême reste la plus grande construction en bois dans le monde. Mais la décoration de ce plus grand hall du monde est d'une extrême simplicité. Mis en valeur par sa base, le trône de l'empereur est le seul objet dans le Hall. On ressent le prestige impressionnant du pouvoir impérial dans le moindre recoin.

Il y a 72 colonnes dans le Hall de l’Harmonie suprême. Les six colonnes qui entourent le trône sont dorées et chacune d'elles est décorée d'un très grand dragon qui symbolise le pouvoir impérial.

Si on se place au centre des six colonnes et on regarde vers le haut, on peut apercevoir un très grand dragon lové en or dans le caisson du plafond situé au-dessus du trône. La perle argentée suspendue à sa bouche s'appelle le "miroir Xuanyuan".

Supervisée par l'empereur Kangxi, la reconstruction du Hall de l’Harmonie suprême apporte un changement majeur par rapport à l'original : 11 travées au lieu de 9.

T :

ZHOU SUQIN

Directeur-adjoint du Département de l'architecture ancienne

Musée du Palais

Lors de la reconstruction du Hall de l'Harmonie suprême,

entreprise dans la 34ème année du règne de l'empereur Kangxi,

l'architecte a fait remplacer,

compte tenu du danger des incendies,

le corridor en bois en plan incliné par un mur en pierre.

En même temps, les corridors couverts de part et d'autre du Hall

ont été transformés en travées.

C'est ainsi qu'il y a aujourd'hui 11 travées.

En fait, le plan original de 9 travées

avec des corridors de part et d'autre n'a pas changé.

Avant la grande rénovation du Palais Impérial en juin 2004, une équipe d'inspection, munie de caméras, s'est rendue sous le toit du Hall de l'Harmonie suprême.

Ceci est la plus grande structure en bois au monde.

Les dessins en couleur sur les poutres furent ajoutés durant la reconstruction sous le règne de l'empereur Kangxi. Ce sont des dessins en couleur d'une très grande qualité qui nous sont parvenus après 300 ans et représentent des dragons.

Les caméras ont filmé une chose mystérieuse dans la partie centrale supérieure du Hall de l'Harmonie suprême bien au-dessus du plafond en caisson. C'est un panneau magique placé là sur l'ordre personnel de l'empereur Yongzheng.

Dans les archives du Palais Impérial réunies dans les Archives historiques No.1 de la Chine, on retrouve en effet des traces : "Le 12ème jour du 8ème mois de la neuvième année du règne de l'empereur Yongzheng, trois panneaux magiques furent placés séparément, sur ordre de l'empereur Yongzheng, dans les halls de la Méditation et de l'Harmonie suprême ainsi que dans le Palais de la Pureté céleste."

T :

LI GUORONG

Directeur du Département d'édition et de recherche

Archives historiques No.1 de la Chine

Selon la théorie de la géomancie dans l'architecture ancienne,

le placement d'un panneau magique est une chose

à laquelle il faut prêter beaucoup d’attention.

Le but de cette opération est de stabiliser la maison,

d'éloigner les mauvais esprits et d'assurer la sécurité.

Sur les panneaux magiques de l'empereur Yongzheng,

il y a non seulement les huit trigrammes traditionnels du taoïsme,

mais aussi des incantations du bouddhisme tibétain.

Cela démontre qu'il avait recours à plusieurs religions

pour assurer sa sécurité.

Le placement de ces panneaux magiques sur ordre de l'empereur Yongzheng indique clairement que le Hall de l'Harmonie suprême, le Palais de la Pureté céleste et le Hall de la Méditation étaient les plus importantes constructions dans la Cité interdite. Cependant, le Hall de l'Harmonie suprême est le seul qui n'est pas situé dans la Cour intérieure de la Cité interdite.

Par opposition à la Cour extérieure, la seconde partie de la Cité interdite est appelée dans son ensemble la Cour intérieure. Elle comprend les trois Palais de Derrière où vivaient l'empereur et l'impératrice ; les six Palais de l'Est et les six Palais de l'Ouest où vivaient les concubines impériales ; les cinq Demeures de l'Est et les cinq Demeures de l'Ouest où vivaient les princes. A partir d'ici, le rythme du mouvement architectural harmonieux de la Cité interdite qui se caractérise par la masculinité se transforme en un mouvement lent caractérisé par la féminité.

Le Palais de la Pureté céleste, le Palais de la Tranquilité terrestre et le Hall de l'Union et de la Paix sont appelés les trois Palais de Derrière.

Avant l'empereur Yongzheng, le Palais de la Pureté Céleste avait toujours été l’appartement de l'empereur ; il est beaucoup plus petit que le Hall de l'Harmonie suprême situé dans la Cour extérieure. Il est de 11 mètres moins élevé et sa superficie est de 1000 mètres carrés plus petite. C'est pourquoi on s'y sent beaucoup plus à l'aise. Sous la dynastie Ming, il y avait 9 chambres dans le Palais de la Pureté Céleste et il comportait deux étages un peu à l'image d'un appartement en duplex aujourd'hui. On y trouve 27 lits répartis au premier et au second étage : l'empereur avait donc l'embarras du choix. Sous la dynastie Qing, les Chambres de la Chaleur de l'Est et de l'Ouest sont devenues des cabinets de travail.

Sous la dynastie Ming, le Palais de la Tranquillité terrestre remplissait la fonction d'appartement de l'impératrice. Sous la dynastie Qing, la décoration intérieure du palais subit d'énormes changements. Il est donc devenu le palais aux caractéristiques mandchous les plus marquées de tous les palais situés sur l'axe central. Toutes les chambres dans le palais sont reliées entre elles. Elles comportent des lits en briques chauffants dans les parties ouest, nord et sud: le premier lit était utilisé pour les offrandes et les sacrifices matinaux aux tablettes des ancêtres et le second pour les offrandes et les sacrifices du soir aux tablettes des ancêtres. Située dans le coin nord-est, la cuisine était destinée à préparer la viande pour les sacrifices. Ce type de pratiques trouve son origine dans le mode de vie des Mandchous.

La lecture de l'inscription accrochée dans les Chambres de la Chaleur de l'Est dans le Palais de la Tranquillité terrestre nous apprend que la disposition du palais était calquée sur celle du Palais de la Paix et de la Tranquillité de Shenyang où l'impératrice avait vécu.

Outre l'impératrice, beaucoup de concubines impériales vivaient dans les halls situés de part et d'autre des trois Palais de Derrière. Ils sont souvent appelés les six Palais de l'Est et les six Palais de l'Ouest.

T :

WANG ZILIN, chercheur associé du Musée du Palais

Le principe des six Palais de l'Est et des six Palais de l'Ouest

se retrouve dans le système des six chambres à coucher

et des six palais, décrit dans les Rituels des Zhou,

un des livres classiques de la Chine ancienne.

Mais la théorie philosophique du Yin et du Yang,

développée sous la dynastie Han

et consignées dans le Livre des Changements,

trouve aussi son expression dans ces bâtiments.

Le plan architectural et iconographique de ces bâtiments

est similaire à la symbolique divinatoire de Kun

qui symbolise le Yin et qui signifie que

celles qui habitent dans ces édifices

sont les concubines de l'empereur.

Quant à la fonction des bâtiments,

leurs noms peuvent nous donner des indications.

Ainsi, pourquoi le Palais de la Réception de la Faveur céleste

porte-t-il un tel nom?

Cela signifie que les concubines impériales

qui y vivaient devaient obéissance à l'empereur, fils du Ciel.

On peut aussi dire que l'architecture des six Palais de l'Est

et des six Palais de l'Ouest incarne les pensées éthiques

des trois principes cardinaux dont celui du mari guidant sa femme

et des cinq vertus constantes.

Ces 12 palais de l'Est et de l'Ouest sont beaucoup moins hauts que les trois Palais de Derrière: ce qui indique la soumission des concubines impériales qui y vivaient.

Ce sont les peintures des beautés commandées par l'empereur Yongzheng. Chaque empereur espérait que le nom de la famille impériale se perpétue et souhaitait aussi avoir de nombreux descendants pour que la dynastie soit prospère et éternelle.

En 1856, naquit une fille qui allait devenir plus tard l'impératrice douairière Cixi : une femme qui dirigera la Chine pendant 48 ans.

Le Palais de l'Elégance préservée fut sa première résidence après son entrée dans le Palais Impérial. La décoration intérieure que l'on peut voir aujourd'hui fut réalisée pour célébrer le 50ème anniversaire de l'impératrice et coûta 630.000 taels d'argent.

Selon la tradition chinoise, les orchidées ont un parfum royal et symbolisent la naissance d'un enfant mâle. Le dessin combinant l'orchidée et la pierre de longévité est supposé apporter de la chance pour la naissance d'un enfant mâle et la longévité. C'est pourquoi on retrouve ce dessin sur les murs du Palais de l'Elégance préservée.

Ce n'est peut-être qu'une coincidence, mais l'impératrice douairière Cixi avait reçu le titre de Noble Orchidée. La naissance de son fils, devenu plus tard l'empereur Tongzhi, lui conféra encore plus de pouvoirs.

La décoration de l’appartement de l'impératrice était luxueuse et magnifique. On trouve même des dragons dans la cour du Palais de l'Elégance préservée, un cas unique dans les six Palais de l'Est et les six Palais de l'Ouest.

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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