Dossier
La solution envisagée en 1957 par Mao Zedong, alors dirigeant de la Chine, ressemblait un peu à celle que le Président américain Abraham Lincoln avait appliquée en 1861 : libérer les esclaves tout en maintenant de l'unité du pays. Mao Zedong a donc déclaré que le Tibet n'avait pas mené de réformes sociales au cours des six années précédentes et qu'il avait décidé de simplifier dans de fortes proportions l'appareil administratif et militaire du Tibet. Il a donc fait rentrer à Beijing de nombreux cadres et ouvriers. Les personnages haut placés du Tibet ont pris cette bonne intention pour une faiblesse : ils ont pensé pouvoir profiter de leur supériorité numérique à ce moment-là pour retourner la situation à leur avantage.
Hu Yan
Scientifique
"Ils espéraient qu'il n'y aurait jamais de réformes. Attendre, ça ne faisait que les retarder, et ce n'é tait pas ce qu'ils voulaient. Quel était le moyen pour que les réformes ne soient jamais entreprises? Le meilleur consistait à devenir indépendants afin de ne plus reconnaître l'administration du gouvernement central. Le fond de leur pensée était là ; s'ils se scindaient de la Chine, il n'y aurait pas de réforme, et ils pourraient garder pour toujours le système de servage féodal en place. Dans ce régime, ils restaient la classe dominante, ils avaient des intérêts acquis et ils pouvaient les conserver pour toujours ; c'est pour ça qu'ils ont déclenché la révolte. "
Rédacteur: Tao Ruogu