L’aventure sur la Route du thé et des chevaux
Dans la deuxième partie de notre aventure sur la Route du thé et des chevaux, nous sommes partis de Lijiang dans le Yunnan, pour rejoindre la province du Tibet. Nous avons découvert avec émerveillement, lors d’un pèlerinage, jusqu’où la détermination peut conduire l’homme, avant d’en apprendre beaucoup sur un royaume du sel qui fut l’objet de nombreuses guerres à travers l’histoire, et de nous balader autour du Lac Léman de l’Orient. L’aventure a été palpitante, et ce n’est pas encore terminé !
6e jour
Bomi – Linzhi
200 kilomètres
Marc Edwards
Bienvenue dans cette édition spéciale de Carnet de route avec nos partenaires de Trend Traveller. Nous sommes au 6e jour de notre aventure sur la Route du thé et des chevaux et, avec un peu de chance, je vais bientôt déguster une fondue au poulet avant de traverser la Vallée de la mort, alors suivez-moi !
Nul besoin de rappeler que nous nous trouvons en très haute altitude. Et c’est bel et bien dans un autre monde que l’on se sent ici, voyageant à travers les nuages. En fait, cela me rappelle un peu l’Europe. Nous nous trouvons actuellement à 2 800 mètres d’altitude dans la forêt de Lulang, un océan d’arbres de 100 000 hectares qui s’étend sur le versant est du Mont Segila, la 15e plus haute montagne du monde. La ressemblance avec l’Europe provient du climat tempéré du Sud-Est tibétain, qui entretient cette luxuriante forêt.
Le Pic Namjagbarwa
J’ai mangé quelque chose de mauvais hier soir, et on vraiment dire que j’ai été malade toute la matinée. J’ai eu une grosse diarrhée, et dès que le tournage se terminait, je devais courir dans les buissons pour me soulager, alors qu’il y avait des gens tout autour. Cela ne m’est pas arrivé souvent vous savez ! Quelle aventure !
Nous arrivons au Pont de Tongmai, construit en décembre 2000. Il se situe à l’entrée de la Vallée de Tongmai, également connue sous le nom menaçant de « Vallée de la mort ». Cette partie du Tibet possède une sombre histoire, en partie due à l’instabilité naturelle des sols. En juin 2000, le plus important glissement de terrain que la Chine ait connu ces 100 dernières années s’est produit ici. La moraine qui se déversa dans le lac Yigong provoqua de graves inondations et l’autoroute reliant le Sichuan au Tibet dut être fermée. Les inondations détruisirent en outre une douzaine de ponts, dont celui qui se trouvait ici. Les répercussions se firent ressentir au delà des frontières chinoises, jusqu’en Inde, qui se situe en aval du lac.
Pont de Tongmai
Et bien, nous sommes parvenus à traverser le pont de la mort et nous roulons à présent assez lentement car le chemin est très étroit, il n’y a de place que pour une seule voiture donc j’espère que nous n’allons croiser aucun véhicule. Si l’on regarde sur notre gauche, nous nous trouvons à une hauteur d’environ 62 mètres et j’espère bien qu’il ne va pas pleuvoir, car sous la pluie on peut facilement glisser. Mais cela fait partie de l’aventure et cela ne fait qu’ajouter un peu de piment !
C’est la première fois depuis le début de notre périple que je préfèrerais être à la place d’un chef de caravane en train de marcher plutôt qu’enfermé et secoué dans cette voiture. Les gens disent que l’on peut être éjecté comme une vulgaire poupée de chiffon, et c’est exactement ce que je ressens depuis que nous nous trouvons dans la Vallée de la mort.
La route est tellement étroite, j’espère vraiment que la caméra vidéo pourra en témoigner ; il y a un trou de 60 mètres de profondeur juste à notre gauche et si jamais Lu Rong fait un faux mouvement, nous sommes cuits !
Chaque mètre que nous parcourons semble nous rapprocher du bord, et pendant de longues minutes nous appréhendons le moindre faux pas.
La crainte d’un danger imminent, comme par exemple l’idée que si l’on glisse sur de la boue, on se retrouve suspendu dans le vide, procure pas mal de palpitations. Mais je ne suis pas encore prêt à tenter le destin.
Regardez ça, ici aussi il y a des gros rochers et des glissements de terrains. Il y a un panneau qui indique que la vitesse limite autorisée est de 5 kilomètres heure, donc Lu Rong doit faire en sorte de ne pas dépasser les 5 kilomètres heure.
Nous allons littéralement devoir nous coller sur le côté de la route pour laisser passer quelques voitures, mais regardez, seulement un véhicule peut passer sur cette route ! Je ne sais pas trop quel type de voiture nous allons croiser. Regardez, nous y voilà, le trou est juste là, oh la la...
Nous avons maintenant besoin que nos guides de Trend Traveller nous sortent d’une nouvelle situation périlleuse : un convoi de 5 voitures allant dans un sens, un autre convoi de 21 voitures venant dans l’autre, et un énorme camion au milieu !
Que tous les véhicules avancent avec prudence.
Par chance, un croisement se trouve juste ici. Les organisateurs parviennent ainsi à faire bouger le camion sur un côté de la montagne.
Merci, merci beaucoup
Finalement, nous sommes tous passés, et ce sans que personne n’ait glissé dans le précipice.
On aperçoit sur notre gauche une preuve évidente d’un autre effondrement important sur le chemin. 14 kilomètres plus tard et tous nos ongles rongés, nous sortons indemnes de cette aventure. Heureusement, une récompense nous attend.
La forêt de Lulang
C’est dans une atmosphère plus décontractée que nous avons droit à notre petite récompense, une généreuse portion de la célèbre fondue au poulet de Lulang. Absolument rien ne vous donnera autant d’appétit que les épreuves par lesquelles nous sommes passés, tout le groupe a l’air d’accord sur ce point ! Bon appétit !
C'est vraiment délicieux!
Cette fondue est composée de nombreux ingrédients, dont du poulet, des graines de lotus, des algues rouges et beaucoup d’autres herbes chinoises qui sont excellentes pour la santé.
Est-ce que vous pouvez trouver de quoi il s’agit en les goûtant ? Avez-vous goûté toutes ces herbes ?
Oui, nous les avons toutes goûtées.
Je vais enfin pouvoir déguster cette fondue au poulet, et ce qui est très intéressant c’est que la pierre dans laquelle la fondue a été cuisinée provient de la montagne qui se trouve juste au-dessus de nous, et tous les ingrédients sont naturels. Voyons voir si c’est bon. Hmm, [hen hao chi, hen hao chi], en fait, c’est vraiment différent, c’est peut-être justement la pierre qui donne ce goût, cela donne vraiment une certaine saveur.
La pierre utilisée pour la fondue est fabriquée à Motuo, un endroit qui abrite deux minorités ethniques, les Menba et les Luoba. Il s’agit du seul endroit du pays qui ne soit pas accessible en voiture. Les locaux doivent donc transporter les pierres à dos d’homme. Luolang est le seul endroit de Chine où l’on peut savourer ce type de fondue.
Santé!
Nos conducteurs ont enflammé la piste de danse, et tout ce que je peux dire c’est que les Tibétains savent vraiment danser. Il y a différents styles de danses tibétaines selon les régions mais aucune d’entre elles n’est vraiment facile à imiter. Cela n’empêche pas les membres du groupe de se lancer.