Beijing dans les yeux de réalisateurs internationaux 
cctv.com 07-02-03 21:30 

Permettez-moi de vous poser une question : si vous n’avez jamais visité Beijing, à quoi la capitale chinoise peut-elle bien ressembler dans votre imagination? Vous avez peut-être en tête les images de Pékin aperçues dans des publicités ou des reportages touristiques à la télévision. En préparation pour les Jeux olympiques de 2008, 5 nouvelles publicités sur Pékin feront leur apparition l’an prochain. Elles tourneront à la télévision dans différentes régions du globe, ainsi que sur les écrans cinéma des vols d’avion internationaux. Chacune d’entre elle est l’œuvre d’un réalisateur mondialement connu. Le seul Chinois du groupe est John WOO. Les 4 autres viennent de l’Europe, de l’Amérique, de l’Océanie et de l’Iran. À quoi pourra bien ressembler la capitale chinoise à l’écran, après avoir traversé le prisme de la créativité de ces professionnels du 7ème art? C’est un mystère sur lequel nous essaierons de jeter un peu de lumière aujourd’hui.

C’est le matin. L’hiver est installé depuis peu à Beijing. L’acteur chinois Jiang Wu se repose sur un pousse-pousse dans le quartier de Houhai. Il est abordé par une femme qui fait des emplettes. Elle lui remet une lettre. Tout autour, des caméras épient leurs mouvements. Leur curiosité piquée, des gens du coin s’agglutinent pour observer la scène. Ils assistent sans le savoir au tournage d’une publicité sur Beijing. Le réalisateur est célèbre. Il s’agit de l’italien Giuseppe Tornatore.

Giuseppe Tornatore, réalisateur italien

"Ce n’est pas facile de concentrer la longue histoire de Beijing dans un message publicitaire de cinq minutes. Je dois chercher les choses qui sont communes à toute l’humanité pour faire connaître Beijing aux peuples du monde entier."

Giuseppe Tornatore est un réalisateur très célèbre. On dit de lui que c’est un poète qui excelle dans le rendu des sentiments subtils au cinéma. On lui doit notamment les longs métrages « Cinéma Paradiso », « The Legend of 1900 » et « Malena ». C’est son premier séjour à Beijing. Avant le voyage, ses connaissances sur Beijing et sur la Chine se limitaient au célèbre film chinois « Le sorgho rouge », et aux reportages des médias occidentaux. A son arrivée dans la capitale, Giuseppe Tornatore visite d’abord les sites historiques célèbres comme la Grande muraille, le Palais impérial et le Palais d’été. Aucun de ces endroits ne l’inspire sur le plan artistique. Puis, lors d’une ballade dans le parc de la Colline de charbon, le réalisateur aperçoit des gens de tous les âges qui chantent et jouent de l’accordéon ensemble. Ce spectacle l’étonne. Les Pékinois deviennent pour lui un objet de grande curiosité.

La suite de Giuseppe Tornatore

"Après être entré dans le parc, il nous a demandé si les gens qui s’y trouvaient avaient été placés là exprès pour lui et pour le tournage. Sa question nous a étonnés parce qu’à Beijing, les gens qui fréquentent les parcs savent que les personnes agées sont spontanées et qu’elles vont au parc tous les jours. Après que je lui aie dit ça, il était très content, et avec son appareil, il a pris quantité de photos."

À l’ancienne tour de guet de Beijing, Giuseppe Tornatore aperçoit des gens qui font de l’exercice. En seulement une demi-journée, le réalisateur remplit vingt rouleaux de pellicule.

Giuseppe Tornatore, réalisateur italien

"Je suis très étonné de voir à quel point les Pékinois ont une vie variée. Pour moi, tout est attirant, tout est susceptible d’inspirer ma créativité. La vie et l’énergie des gens m’ont davantage impressioné que ce qu’évoquent les monuments historiques de Beijing."

Dans les jours qui suivent, Giuseppe Tornatore se familiarise avec la longue histoire chinoise. Il fait également connaissance avec les Pékinois. L’histoire et les gens : voilà les deux aspects de la capitale chinoise que le réalisateur décide de présenter dans son film publicitaire. A travers la Cérémonie mortuaire, Giuseppe Tornatore découvre Confucius, le philosophe chinois qui a voyagé dans plusieurs royaumes et qui, dit-on, avait plus de 3 mille étudiants. L’Italien découvre aussi l’histoire de cet étudiant chinois qui attendait son professeur dehors, les deux pieds dans la neige, de peur de troubler le repos de son maître. Cette anecdote bien connue des Chinois touche le réalisateur italien. Cette historiette toute simple lui fait comprendre à quel point le respect du maître et l’importance de l’éducation sont des valeurs ancrées dans la culture chinoise. Giuseppe Tornatore prend aussi la mesure de l’optimisme des Chinois, et de l’humilité ave laquelle les habitants de l’Empire du milieu acceptent de plein gré les bons conseils des gens d’autres pays.

Giuseppe Tornatore invente alors sa propre histoire: une dizaine d’anciens camarades de classe reviennent voir leur école primaire trente ans après l’avoir quittée. Ils veulent rendre visite à leur maîtresse et se remémorer de vieux souvenirs. Jiang Wu joue le rôle d’un élève devenu tireur de pousse-pousse. Une dame lui apporte la lettre d’invitation de ses anciens camarades. L’actrice chinoise Yuan Li inteprète une actrice qui reçoit la lettre d’invitation alors qu’elle est sur le plateau de tournage d’une série télé. L’acteur chinois Wang Luoyong, qui s’est déjà produit à Broadway, interprète un ingénieur qui travaille dans la construction. Tente ans après, ils sont tous devenus des pilliers de la société chinoise. Par un bel après-midi ensoleillé, ils se réunissent auprès de leur ancienne maîtresse.

Giuseppe Tornatore, réalisateur italien

"Cette histoire illustre le respect des Pékinois à l’endroit de leurs maîtres, et aussi l’esprit chinois qui fait qu’on ne sacrifie jamais l’histoire au présent, ni la tradition au développement. Ces sentiments seront toujours les plus touchants, dans n’importe quel pays et dans n’importe quelle culture."

Li Bin, actrice

"Et pourquoi choisit-on de se réunir trente ans plus tard, plutôt que vingt ans ou quarante ans? C’est parce qu’il y a 30 ans qu’on a adopté en Chine la politique de réforme et d’ouverture. Je crois donc que le réalisateur a bien choisi ses élèves. Chacun a une situation unique. Ils travaillent dans différents secteurs. Leurs métiers touchent à tous les domaines de la société."

Porté par son amour pour la culture chinoise, Giuseppe Tornatore pousse ses acteurs à jouer à la limite de la perfection. Dans la dernière scène du film publicitaire, on voit les anciens élèves se faire photographier avec leur maîtresse. La séquence est brève, des dizaines de secondes à peine, mais l’émotion y atteint son paroxysme. Pendant le tournage, il suffit qu’un regard ou un geste ne soit pas conforme à la vision artistique du réalisateur pour que Giuseppe Tornatore demande aux acteurs de reprendre la scène. L’équipe de tournage a commencé à travailler à 6 heures ce matin. Il est 20 heures lorsqu’elle termine. Pendant ces 14 heures, on a repris la scène à 42 reprises.

Yuan Li, actrice

"Pendant un tournage, beaucoup d’acteurs chinois se donnent des airs et parlent différemment de la façon dont ils parleraient d’ordinaire. Mais cette fois, avec Tornatore, nous devons éviter de jouer comme ça. Il n’approuve pas un jeu trop appuyé."

Dix jours après, pellicule en poche et des souvenirs de Beijing plein la tête, Giuseppe Tornatore rentre en Italie pour la post-production de son film. C’est alors au tour du réalisateur iranien Majid Majidi de tourner dans la capitale chinoise. Si Giuseppe Tornatore excelle dans l’expression de sentiments délicates, Majid Majidi se plaît à mettre en scène la naïveté des enfants. Son film «Les enfants du ciel » a révélé au monde la culture cinématographique iranienne, de même que le visage des enfants de ce pays. Des cinéphiles du monde entier ont aimé, et se sont pris d’intérêt pour le cinéma iranien.

Extrait du film «Les enfants du ciel »

Pour son film publicitaire sur Beijing, Majid Majidi mise encore une fois sur les enfants. Plus d’un millier d’élèves sont répartis par groupe de 200 à des endroits symboliques de la capitale, comme la Place Tian’anmen et le Temple du ciel. Tous les enfants lancent des ballons de diverses couleurs en même temps. Au ciel, les ballons forment les cinq anneaux olympiques. La dernière image des anneaux présentée aux spectateurs est réfléchie dans le regard d’une petite fille. C’est Su Zeyi, six ans, du Jardin d’enfants de Beihai, qui a été choisie pour jouer ce rôle.

Majid Majidi, réalisateur iranien

"Les enfans sont innocents, purs et simples. Ce sont eux qui incarnent le mieux l’esprit d’initiative d’une ville. Les yeux de Su Zeyi sont remplis de curiosité et de pureté. Et nous avons justement besoin de regards de ce genre. Ce qu’elle voit avec ses yeux, c’est la réalité telle qu’elle est."

Tu sais pourquoi on tourne ce petit film ?

Su Zeyi : Je sais que ce film met en scène les enfants de notre pays.

Tu sais qui va voir ce film ?

Les gens du monde entier.

Pendant son séjour à Beijing, Majid est impressionné par le profond amour des Chinois pour la vie et leur optimisme face à l’avenir.

Majid Majidi

"La vigueur des personnes âgées en Chine m’a beaucoup touché. Les personnes âgées sont libres et heureuses, pleines de dynamisme, comme les enfants. Et dans les rues, j’ai vu des personnes âgées diriger la circulation avec un brassard rouge au bras. C’est encourageant. J’ai essayé de refléter la physionomie humaine dans mon film."

La suite de Majid

"Le réalisateur explique que ce qui l’a le plus impressionné à Beijing, ce sont les sourires omniprésents des Chinois optimistes. Il estime que les Chinois ont une attitude positive face à la vie."

Majid décide de bâtir un pont entre les enfants et les personnes âgées. Les enfants lancent les ballons à partir de cinq endroits différents, et des vieillards en train de faire de l’exercice, de pratiquer la calligraphie ou de converser, observent l’ascension des ballons. De concert avec les enfants de Beijing, ils souhaitent bonne chance aux Jeux olympiques de 2008. L’histoire est simple, mais traversée d’une grande idée-maîtresse.

Majid Majidi

"Le message que je veux transmettre au monde en est un de paix, d’amitié et d’amour. En lançant des ballons, on lance en fait un message d’amour au ciel. Par mon film, j’espère montrer à l’Asie occidentale et au monde entier que la Chine est un pays rempli de paix, d’amitié et d’amour."

En plus de Giuseppe Tornatore et de Majid Majidi, l’Américain Oliver Stone, le Chinois John WOO et l’Australienne Jane Campion présenteront aussi leurs visions de Beijing dans de courts films publicitaires. Nouvelles Olympiades, nouveau Beijing ! À l’occasion des Jeux olympiques, Beijng entend présenter au monde ses monuments historiques fabuleux, mais aussi les qualités d’âme élevées de sa population. Voilà l’intention principale de l’organisateur de cette initiative intitulée " Beijing dans les yeux de réalisateurs internationaux".

Zhang Wenzhou, directeur-général de l’activité

"Les cinq réalisateurs que nous avons invités vivent dans des contextes culturels différents. Ils ont une renommée mondiale et une grande influence. Certains de leurs films leur ont valu des prix internationaux. À Beijing, leur mission était de tourner un film publicitaire de 5 minutes. Leurs oeuvres seront diffusées sur les vols réguliers internationaux et à la télévision à l’étranger. Le grand message de ces films, c’est un souhait que l’on peut formuler simplement et qui, espérons-le, sera compris de tous et toutes : Bienvenue à Beijing!"

A l’approche des Jeux olympiques de Beijing, la Chine et sa capitale sont au carrefour de tous les regards et de toutes les discussions de la planète. Les oeuvres de ces réalisateurs connus en sont la preuve. Lors de nos prochains rendez-vous, nous garderons un oeil sur ce que le destin réserve à ces films publicitaires. Et puisqu’il est question de célèbres réalisteurs de films qui font la promotion des JO, parlons un peu de l’Américain Bud Greenspan. Il a produit des dizaines de films olympiques pour le compte du CIO. Il est récipiendaire de 7 prix Emmies. L’ancien président du CIO, Juan Antonio Samaranch, lui a confié le dossier « décoration » pour les Jeux de 2008. Bud Greenspan a participé à la création de films de promotion lorsque Beijing a posé sa candidature pour l’obtention des Jeux olympiques de 2000. En septembre dernier, à l’âge vénérable de 80 ans, il est revenu à Beijing.

Voici le film tourné par Bud Greenspan dans les années 90, et qui avait été joint au dossier de candidature de Beijing pour la course aux JO de 2000. Le film présente au monde une Chine ouverte, qui aspire à l’organisation des Olympiades. Beijing n’a pas obtenu l’organisation des Jeux de 2000. Mais Bud Greenspan et la Chine étaient désormais unis par une amitié profonde.

Bud Greenspan réalisateur américain

"En apprenant que nous avions perdu, nous étions désolés. Mais à ma grande surprise, le comité chargé de la candidature nous a remerciés pour notre aide."

Le Comité de candidature des Jeux est de retour dans la course 8 ans plus tard, cette fois à Moscou. Le premier film projeté est une oeuvre de Bud Greenspan. C’est sa voix qu’on entend.

Bud Greenspan, réalisateur américain

"Le film est assez réussi. Plusieurs membres du CIO m’ont dit que les films présentés par Beijing étaient bons et avaient contribué pour beaucoup au résultat final."

Le film qui promeut la capitale chinoise n’est qu’un des dizaines de films olympiques de Bud Greenspan. Voici celui tourné pour les Jeux de 1968. Cet athlète tanzanien s’obstine à terminer la course malgré une blessure. L’esprit humaniste de l’olympisme est souvent au coeur des films de Greenspan.

Cette fois-ci, Bud Greenspan vient en Chine pour superviser la réalisation d’un documentaire portant sur les préparatifs des JO de 2008. En raison de son âge, il ne participera pas à la production du film officiel pour Beijing, mais il a quand même accepté de partager son expérience avec nous.

Bud Greenspan, réalisateur américain

"Je suis impressionné par la population chinoise. Grâce au soutien de toute la population, la Chine a réussi. J’ai assisté à la stabilisation graduelle du pays. Les Chinois forment une grande famille qui a finalement réussi."

Bud Greenspan, qui est venu en Chine à 20 reprises, a fête ses 80 ans à Beijing. En outre, il veut servir aux Jeux olympiques de 2008 comme bénévole. C’est sa façon de garder un lien avec les Jeux de Beijing.

Bud Greenspan réalisateur américain

"L’honneur revient non seulement aux vainqueurs, mais aussi aux gens qui réussissent après s’être battus."

Rédacteur: Baiyun  Origine:CCTV.com

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