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Enfant naturel, vagabond et génie, ce dernier avait en lui les plus belles mélodies du monde. Il n’a connu que très peu de succès de son vivant. Mais après sa mort cependant, son oeuvre s’est répandue et il est devenu l’une des plus grandes figures de la musique folklorique chinoise. L’œuvre que nous a légué ce personnage est aujourd’hui devenu légendaire.
Abing a laissé derrière lui six oeuvres musicales dont trois pour erhu et trois pour pipa. La plus célèbre d’entre elles est sans doute le solo pour erhu « Reflet de la lune dans la source Erquan ». Concernant ce titre, les avis des musiciens et des experts sont partagés : certains estiment que l’œuvre décrit simplement le reflet de la lune dans la source ; d’autres pensent que ce titre a été octroyé conjointement par le professeur Yang Yinliu et Abing après concertation, aussi croient-ils que ce titre ne reflète pas vraiment les sentiments personnels de Abing. Qui a raison ? Quelle est la part de vérité dans ces interprétations ? Seul Abing lui-même saurait nous le dire On peut néanmoins affirmer qu’un titre comme « Reflet de la lune dans la source Erquan » ne correspond pas vraiment à la musique plutôt pathétique de Abing. En effet, on entend à travers cette musique l’écho d’une tristesse venant du fond de son cœur.
Durant l’été de l’année 1950, le professeur Yang Yinliu, spécialiste de la musique traditionnelle, a rencontré Abing et a enregistré ses interprétations. Le musicologue voulait alors enregistrer les célèbres oeuvres musicales afin de les conserver pour la postérité. Originaire de Wuxi, Yang Yinliu avait entendu parler de Abing dès sa plus tendre enfance. Six mois après cette rencontre, Abing est décédé. Il a été suivi dans la tombe par son épouse décédée moins d’un mois plus tard. Les enregistrements de Yang Yinliu sont ainsi devenus les dernières interprétations de Abing. Toute la Chine entière fut émue par ce musicien populaire et sa musique et son nom est devenu célèbre jusqu’au-delà des frontières. Nous sommes fort reconnaissants envers le professeur Yang, car sans son travail, la musique de Abing ne serait sans doute jamais parvenue jusqu’à nous.
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La musique occupe une place prédominante dans la vie de Abing. Ce dernier ne faisait pas de la musique uniquement pour gagner sa vie ; il avait aussi trouvé un espoir et un appui en la musique. Pour se perfectionner, Abing ne manquait aucune occasion de rencontrer des musiciens de talent, même si ces derniers n’étaient que de passage dans son pays. Par ailleurs, Abing était un être malheureux ; il s’adonnait aux vices pour fuir la réalité. Il voulait en fait échapper à cette vie durant laquelle il faisait l’objet d’insultes et de mépris. Avant de perdre la vue, il a voulu pendant une courte période re dynamiser le temple Leizun (dieu-tonnerre) pour redorer son nom, mais c’était trop tard. Durant la dernière partie de sa vie, Abing avait renoncé à tout et vivait en retraite à l’écart du monde. Avec son erhu, il imitait les cris des animaux pour faire rire les enfants auxquels par ailleurs il offrait à manger avec l’argent qu’il gagnait. Le solo pour erhu « Chant du vent au printemps glacial » s’apparente au « Reflet de la lune dans la source Erquan » en ceci qu’il traduit un certain mal de vivre, des regrets ainsi qu’un sentiment d’abandon, voire de mépris face au monde matériel.
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